STANDING COMMITTEE ON TRANSPORT
LE COMITÉ PERMANENT DES TRANSPORTS
TÉMOIGNAGES
[Enregistrement électronique]
Le jeudi 26 novembre 1998
• 1533
[Traduction]
Le président (M. Raymond Bonin (Nickel Belt, Lib.)): Bonjour,
mesdames et messieurs, soyez les bienvenus.
Conformément à l'ordre de renvoi de la Chambre en date du
29 octobre 1998, nous allons examiner aujourd'hui le Budget
supplémentaire des dépenses (B) pour l'exercice se terminant le
31 mars 1999: Conseil privé, crédit 15b et Transports, crédits 1b,
5b, 10b, 15b, 27b et 30b. En outre, conformément à l'article 108(2)
du Règlement, nous allons examiner le rapport sur le rendement de
Transports Canada pour la période se terminant le 31 mars 1998.
Monsieur le ministre, merci de comparaître à nouveau à si
court préavis. Il ne faut pas six mois à notre comité des
transports pour se mettre au travail. Dès que vous nous soumettez
quelque chose, nous réagissons sur-le-champ et nous vous savons
gré, ainsi qu'à vos fonctionnaires, d'être toujours à notre
disposition.
Avez-vous un bref exposé à faire ou souhaitez-vous passer
directement aux questions?
L'honorable David Collenette (ministre des Transports):
Puisque toutes les personnes qui m'accompagnent sont des hauts
fonctionnaires des Transports, je ne voudrais pas les fâcher en ne
lisant pas mon discours. Toutefois, je serai bref.
Je suis très heureux d'être parmi vous cet après-midi pour
répondre à vos questions sur le Budget supplémentaire des dépenses.
• 1535
Vous connaissez mes collaborateurs: Margaret Bloodworth, sous-ministre;
Ron Sully, sous-ministre adjoint aux programmes et
cessions; Louis Ranger, sous-ministre adjoint à la politique, Janet
Milne, sous-ministre adjointe aux services généraux et Ron Jackson,
sous-ministre adjoint à la sécurité et à la sûreté.
J'aimerais souligner brièvement certaines des réalisations de
l'année écoulée qui, selon nous, méritent d'être signalées. Nous
avons travaillé d'arrache-pied sur de nombreux fronts, et nous
convenons sans nul doute avec vous, monsieur le président, que
votre comité ne perd pas de temps dans ses travaux. Nous vous
remercions d'avoir étudié le projet de loi dont le comité a été
saisi et des diverses études que vous entreprenez.
[Français]
Je n'ai pas besoin de vous dire le genre d'activités
et d'initiatives que nous avons entreprises et menées à
bien. Vous avez été partie intégrante de la plupart
d'entre elles et je vous ai fait rapport à ce sujet à
plusieurs reprises.
Mais le rapport sur le rendement que nous avons déposé
précise en termes concrets les progrès réalisés durant
l'exercice financier 1997-1998.
En tant que membres de ce comité, vous
conviendrez sans doute que nous avons réussi à atteindre nos
objectifs et qu'ils étaient les bons pour le Canada.
[Traduction]
L'année dernière, l'objectif global du ministère était la
modernisation du réseau de transport du Canada. Nous avons adopté
au début du printemps la Loi maritime du Canada, laquelle a reçu la
sanction royale en juin. Je dois dire que je regrette que nous ne
soyons pas en mesure de commencer dès le 1er janvier, comme le
prévoit le projet de loi, la création des APC, les administrations
portuaires canadiennes. Il va nous falloir, en vertu d'un décret du
conseil, retarder quelque peu ce projet. Toutes sortes de problèmes
d'ordre juridique et d'autres questions se posent au sujet de
lettres patentes, et nous n'avons pas assez de temps. Nous ne nous
sommes pas rendu compte des difficultés que cela poserait. Nous
venons d'écrire aux commissions portuaires pour leur dire qu'il y
aurait un certain retard, mais pas trop long, et j'espère que les
gens le comprendront.
Nous avons également préparé la première ébauche des
modifications visant à moderniser la Loi sur la marine marchande du
Canada et, de ce fait, nous avons commercialisé le réseau de la
Voie maritime du Saint-Laurent. Les préparatifs juridiques qui
aboutiront à la création des administrations portuaires canadiennes
sont en cours, je le répète, mais il ne nous sera pas possible
d'être prêts le 1er janvier prochain.
Nous élaborons actuellement un plan stratégique de sécurité
pour les transports.
Au cours de la période visée, nous avons transféré
22 aéroports et 14 ports régionaux ou locaux supplémentaires à des
intérêts locaux. Notre programme de désaisissement est sur la bonne
voie, mais pour certains aéroports et ports, cela pourrait prendre
un peu plus de temps. Ces cessions sont plus difficiles en raison
des préoccupations rattachées à l'autonomie financière et aux
litiges avec les tierces parties.
[Français]
Nous avons déposé notre stratégie de développement
durable.
Nous allons lancer deux études, l'une sur
l'avenir des services ferroviaires voyageurs au Canada
et l'autre sur le système de manutention et de transport
du grain.
Nous avons mis en oeuvre le programme canadien de
désamorçage des sacs gonflables.
Nous avons présenté
des modifications à la Loi sur la sécurité ferroviaire
pour moderniser complètement le cadre législatif et
réglementaire du réseau de transport ferroviaire du
Canada.
Je sais que votre comité étudie présentement ce projet de loi.
• 1540
Nous avons entrepris la rédaction en langage clair du
Règlement sur le transport des marchandises
dangereuses.
Nous avons introduit des lignes directrices qui
permettent au ministre des Transports de désigner des
transporteurs aériens canadiens pour des services
aériens internationaux réguliers tout-cargo, et signé
des ententes bilatérales internationales qui offrent
aux transporteurs aériens canadiens des possibilités
additionnelles d'exploiter des services sur de nouveaux
marchés.
Je pense que vous conviendrez que ces réalisations
servent bien le Canada.
[Traduction]
Pour réaliser tous les objectifs que nous nous sommes fixés,
nous avons élaboré un cadre stratégique comportant quatre éléments
clés qui traitent de nos six objectifs ministériels.
Le premier est évidemment la sécurité, qui est une priorité à
Transports Canada. La sécurité est la base sur laquelle tous les
éléments de tout réseau de transport s'appuient. Nos résultats sont
excellents et nous travaillons tant de notre côté qu'en
collaboration avec l'industrie et d'autres ministères pour les
améliorer encore davantage. Prenons notamment des initiatives comme
Vision de sécurité routière 2001 et Direction 2006, des campagnes
de sensibilisation du public et de l'industrie, des améliorations
aux dispositifs de retenue des occupants dans les véhicules, et la
liste ne s'arrête pas là.
Quant à l'investissement stratégique, notre réseau de
transport est l'un des meilleurs au monde, mais nous savons tous
qu'il doit être entretenu et modernisé pour rester concurrentiel.
Nos politiques ont porté sur la création d'un milieu propice à des
projets d'immobilisation viables.
Même si de nombreuses demandes s'exercent sur nos maigres
ressources disponibles pour les transports, nous établissons des
priorités et trouvons de moyens novateurs de faciliter le
financement et le soutien d'investissements stratégiques dans le
réseau de transport du Canada. Toutefois, il y a un autre
investissement stratégique que l'on oublie souvent dans les
discussions sur les politiques et programmes du gouvernement. Je
veux parler de nos investissements dans les ressources humaines. Le
ministère prend très au sérieux son rôle d'employeur et nous avons
intégré le programme La Relève dans nos politiques de ressources
humaines. Nos investissements se traduisent par un travail de très
grande qualité au nom de la population canadienne.
La technologie intelligente est une autre de nos priorités. Il
nous faut trouver des moyens de travailler plus intelligemment et
de faire une utilisation meilleure et plus efficace de nos réseaux.
Nos projets pilotes, qui font appel à la technologie de
l'information la plus récente, se sont révélés très efficaces pour
rationaliser le flux du trafic, tant de marchandises que de
voyageurs. Nous espérons en mettre d'autres sur pied.
Nous sommes très enthousiastes quant aux possibilités
qu'offrent les systèmes de transport intelligents et nous
travaillons avec l'industrie et d'autres gouvernements pour
élaborer des moyens de réduire la pollution, de supprimer les
causes de perte de temps dans nos réseaux, tout en améliorant la
sécurité et la sûreté. Pour vous citer quelques bons exemples, les
nouveaux transpondeurs utilisés par les camionneurs pour accélérer
le passage aux frontières et les sacs gonflables «intelligents». Je
sais que vous allez vous pencher sur cette question quand vous ne
serez pas chargés d'étudier des projets de loi, et je vous demande
instamment de prendre cette étude très au sérieux, car cette
technologie va s'appliquer de plus en plus à notre réseau de
transport au XXIe siècle.
Il va sans dire que notre réseau de transport doit être
durable. Vous vous souviendrez sans doute que le thème de la
Semaine nationale des transports l'an dernier était: Les
transports, notre ressource nationale. Il s'agit selon moi d'une
description très appropriée. Notre réseau de transport, comme toute
autre ressource, doit être préservé et utilisé de façon judicieuse.
Nous appuyons la recherche, tant dans le secteur public que privé,
sur de nouveaux carburants renouvelables et des véhicules et
systèmes de transport en commun plus efficaces.
Nous prenons des mesures pour réduire l'impact des transports
sur l'environnement. Par exemple, le ministère parraine, de concert
avec tous les ministres des Transports provinciaux et territoriaux,
une table ronde sur les transports dans le cadre du processus en
vue d'élaborer une stratégie nationale sur les changements
climatiques.
[Français]
Il y a un autre défi auquel notre réseau de transport
devra faire face dans un avenir
très rapproché. Comme vous le savez, la transition
vers l'an 2000 présente une menace potentielle pour la
sécurité et l'efficacité du réseau. Transports Canada
a pris des mesure précises pour identifier et évaluer
les fonctions et applications professionnelles
essentielles à sa mission.
Notre calendrier prévoit que nous compléterons la mise
à l'essai de toutes les applications et l'élaboration
de plans d'urgence d'ici décembre 1998, ce qui nous
laisse un an pour apporter toute modification ou tout
changement qui pourrait être nécessaire. La mise à
l'essai de nos plans d'urgence devra être terminée d'ici
septembre 1999.
• 1545
Nous évaluons aussi les progrès réalisés par
l'industrie des transports pour résoudre ce problème.
En septembre, j'ai convoqué une réunion sur l'état de
préparation à l'an 2000 à Toronto avec des intervenants
de l'industrie pour évaluer nos progrès à ce jour, et
lundi dernier, je me suis adressé à NAV CANADA à
l'occasion de sa journée Solutions de l'an 2000 dans le
cadre d'une conférence à Toronto. Mon ministère continue de
promouvoir la sensibilisation, de fournir de
l'information et d'encourager tous les intervenants du
milieu des transport à déployer tous les efforts
possibles pour résoudre les problèmes potentiels
bien avant cette échéance inévitable.
[Traduction]
Vous savez mieux que quiconque, en raison du travail que vous
avez fait, que l'année a été très occupée dans le monde des
transports. Nous vous donnons l'assurance que l'année prochaine le
sera tout autant.
Sur le plan législatif, nous vous soumettrons plusieurs
nouveaux projets de loi. Le comité est déjà saisi de la Loi sur la
sécurité ferroviaire, mais ce n'est pas une question urgente. Cela
a suscité une certaine confusion car on pensait que le gouvernement
voulait faire adopter ce projet de loi à la hâte du fait que je
l'ai renvoyé à votre comité. Il va sans dire que nous souhaitons
que la question soit réglée dans les plus brefs délais, mais il n'y
a pas urgence en la matière. Prenez le temps qu'il faudra. Les
whips ne sont pas sur votre dos et il n'est pas question d'imposer
la clôture. Nous voulons toutefois que le projet de loi soit
renvoyé au comité au lieu de traîner à la Chambre, car nous
estimons que pour une mesure aussi technique que celle-ci, c'est en
comité qu'il vaut mieux en discuter.
Il y a quelques autres projets de loi à venir: la Loi sur le
transport aérien, la Loi sur la responsabilité en matière de
créances maritimes, la Loi sur la marine marchande du Canada,
partie II et la Loi sur les transports routiers. Certaines de ces
mesures renferment des éléments controversés et, de ce fait, vous
aurez toute une charge de travail d'ici au mois de juin.
À la fin décembre, nous connaîtrons les résultats finals de la
recherche du juge Estey sur la manutention et le transport du grain
dans l'ouest canadien. Je sais qu'il a tenu des consultations très
poussées et, comme bien des gens, j'ai hâte de prendre connaissance
de ces recommandations sur cette question très litigieuse.
Le financement de notre réseau routier et des corridors
commerciaux présente un défi majeur auquel nous faisons face
aujourd'hui. Je regrette que M. Casey soit absent, car c'est un
dossier qu'il suit de près. Je sais que, nos ressources financières
étant très limitées et compte tenu du fait que les routes sont de
compétence provinciale, les partenariats joueront probablement un
rôle de plus en plus important à ce chapitre, quelles que soient
les solutions élaborées.
Bien sûr, je veux connaître les vues du comité sur certaines
de ces questions litigieuses, et notamment la perception de péages.
Nous avons fait faire une étude pour le compte du Conseil
fédéral-provincial des ministres des transports dont les résultats
seront connus sous peu, du moins nous l'espérons. Toutefois, nous
aimerions savoir ce que vous en pensez, car il est inévitable qu'il
faudra un jour ou l'autre allouer des fonds à l'infrastructure
routière et nous voulons nous assurer que les règles sont
clairement établies avant de débloquer des fonds.
J'ai parlé il y a quelques instants des systèmes de transport
intelligents, et je sais que vous avez déjà adopté une motion pour
vous pencher sur cette question.
Pour conclure, nous sommes toujours sur la bonne voie pour
réduire les subventions, réaliser une plus grande efficacité,
accorder aux utilisateurs une plus grande voix au chapitre et
instaurer dans tous les modes de transport une discipline plus
commerciale—tout en maintenant l'importance que nous attachons à
la sécurité. Nous avons réalisé d'importants progrès dans cette
direction et nous continuerons de nous positionner de façon à mieux
répondre aux besoins des Canadiens.
[Français]
J'ai rappelé aujourd'hui certains des grandes
réalisations de Transports Canada et j'ai tenté de
vous montrer comment notre cadre stratégique nous
permet d'assurer l'amélioration soutenue de nos
politiques et programmes. Il permet des
investissements opportuns et adéquats dans
l'infrastructure de transport. Il appuie le commerce
et le tourisme en contribuant à l'élimination des
barrières à un réseau intégré et harmonieux. Il
prévoit la meilleure utilisation possible de la
technologie et l'utilisation efficace de tous les
modes. De plus, il contribue à une amélioration de la qualité
de vie grâce à des transports sécuritaires et durables.
[Traduction]
Toutefois, le gouvernement fédéral ne peut pas tout faire.
Nous devons créer de nouveaux partenariats, comme je l'ai dit plus
tôt, entre le gouvernement, l'industrie, nos partenaires et le
public, afin de maximiser notre efficacité grâce à cette
collaboration et à une utilisation judicieuse de nos ressources.
Nous continuerons en outre de compter sur votre appui et vos
conseils en cours de route.
Nous savons que vous aurez du pain sur la planche au cours des
six prochains mois, mais nous avons pleinement confiance en vous.
La charge de travail sera lourde, et je sais, d'après le travail
qui a été fait depuis les dernières élections, que votre comité ne
renâcle pas à la tâche. Nous avons hâte de connaître vos vues sur
toutes ces questions et sur les projets de loi qui visent à
améliorer le réseau de transport du Canada.
• 1550
Merci.
Le président: Merci beaucoup, monsieur le ministre. Vous nous
avez fait un excellent topo, et cela va aider le comité à préparer
ses travaux.
Je voudrais profiter de l'occasion, en votre présence et en
celle des responsables de votre ministère, pour vous dire que je
suis ravi du travail effectué par les membres du comité. Étant
donné que les cinq partis politiques sont représentés, au début
nous pensions qu'il serait impossible d'avancer. Je peux vous dire
que chaque membre du comité, quel que soit son parti, adopte ici
une attitude positive, et souhaite vivement faire quelque chose
pour améliorer notre pays. Je suis extrêmement fier de tous mes
collègues et très heureux de présider ce comité.
En outre, là je m'adresse à votre ministère, je signale qu'il
y a eu dans ma circonscription une explosion de 20 tonnes
d'explosifs. Un camion a pris feu et a explosé sur la grande route.
Les responsables du ministère ont été extrêmement efficaces dès
leur arrivée, ils ont pris les choses en main et coordonné les
activités de tous les intervenants. La collectivité est consciente
de la qualité du travail de votre ministère et je tenais à vous le
signaler.
Pour ce qui est du projet de loi C-58, nous entendrons des
témoins mardi prochain. Je suis impressionné par la connaissance
que mes collègues ont de ce projet de loi. Il est possible que nous
passions dès mardi à l'étude article par article. Nous espérons
avoir terminé la semaine prochaine.
Voilà ce que j'avais à dire. Nous passons donc maintenant aux
questions, avec M. Keyes, suivi de M. Bailey, M. Cullen et
M. Calder.
M. Stan Keyes (Hamilton-Ouest, Lib.): Merci beaucoup, monsieur
le président.
Merci de vos remarques, monsieur le ministre. Je souhaite la
bienvenue aux hauts fonctionnaires qui vous accompagnent.
J'aimerais que vous nous en disiez un peu plus sur un point
que vous n'avez pas abordé directement dans votre exposé. On parle
beaucoup dernièrement du fait que les États-Unis investissent des
milliards de dollars dans leur réseau de transport. On a calculé
que les États américains recevront près de 4,1 milliards de dollars
pour l'infrastructure de transport.
Je voudrais tout d'abord vous faire part de mes craintes. Je
crains que les États-Unis progressent rapidement en vue de répondre
aux besoins futurs des échanges commerciaux et de la façon dont ces
derniers s'effectuent, pas simplement aux États-Unis, mais dans
toute l'Amérique du Nord bien entendu. À l'instar d'autres
personnes auxquelles j'ai parlé, je vois là une possibilité pour le
Canada de prendre l'initiative pour rendre notre infrastructure de
transport plus concurrentielle par rapport à celle des États-Unis
et de l'intégrer davantage, de façon à attirer chez nous les
activités commerciales qui, autrement, se feront aux États-Unis.
Le ministère a-t-il entrepris une étude ou travaille-t-il de
concert avec les responsables du commerce extérieur, disons, en vue
de voir s'il est possible de progresser beaucoup plus rapidement
dans l'amélioration de notre infrastructure de façon à ce qu'elle
soit plus concurrentielle, afin d'attirer les camionneurs et ne pas
perdre non plus le transport maritime susceptible de passer par la
côte Est, ou la côte Ouest, au profit des ports américains, etc.?
Avons-nous déterminé dans quels secteurs des améliorations
s'imposent, combien cela va coûter, sans oublier la question
inévitable: comment allons-nous payer tout cela? Y a-t-il des
activités conjointes entre les responsables des transports et ceux
du commerce extérieur, de façon à ce que nous puissions collaborer
pour définir ces possibilités qui nous permettront de mettre à
exécution un plan visionnaire de ce que devraient être les
transports dans notre pays?
M. David Collenette: C'est une excellente question, car vous
avez tout à fait raison de dire que les États-Unis ont de l'avance
sur nous quant aux ressources financières qu'ils sont prêts à
consacrer à ce secteur. Sauf erreur, ce pays a décidé d'allouer aux
transports 275 milliards de dollars américains au cours des six
dernières années, dont 20 milliards seront consacrés aux
technologies intelligentes.
• 1555
Ce que je crains, c'est qu'il y aura tant de progrès réalisés
du côté américain de la frontière par rapport à nous que cela
risque de ralentir les choses et provoquer des encombrements. Cette
situation va nous faire du tort et ennuyer les Américains, sans
aucun doute, et ce sera au détriment des deux pays.
Bon nombre des fonds alloués par les États-Unis seront
consacrés au réseau routier. Une partie d'entre eux iront au réseau
ferroviaire, mais ces ressources sont principalement destinées à
l'infrastructure routière. Cela nous ramène évidemment à toute la
question d'un programme routier national.
Le gouvernement fédéral intervient dans le financement du
réseau routier depuis la Première Guerre mondiale, et à l'occasion,
il y a eu des hauts et des bas dans ce financement. À l'heure
actuelle, nous sommes dans un creux de vague et aucun nouveau
financement n'est alloué à ce secteur à l'ouest de l'Ontario. Cela
préoccupe tout particulièrement l'Ouest.
Jour après jour, les routiers passent plutôt par les États-Unis au lieu
d'emprunter les routes canadiennes. Cela a évidemment
un effet néfaste sur notre économie, car ces chauffeurs achètent du
carburant et des provisions aux États-Unis; certains d'entre eux
s'arrêtent pendant la nuit, etc. Cela fait du tort au Canada; notre
réseau routier n'est pas en bon état d'un bout à l'autre du pays,
d'est en ouest.
Le passage des frontières et le traitement accéléré posent
problème, et nous nous penchons sur la question. Nous avons mis sur
pied deux projets pilotes, à Fort Erie et Windsor, où l'on utilise
des technologies nouvelles pour accélérer les formalités à la
frontière; de toute évidence, il nous faudra débloquer beaucoup
plus de fonds à cette fin.
Les ministres fédéral et provinciaux se sont réunis l'an
dernier, et ils s'entendent en général sur ce que représente le
réseau routier national. Je pense les avoir convaincus du fait que,
si l'on investit dans ce domaine, il faut qu'il existe une certaine
souplesse—c'est-à-dire que les fonds n'aillent pas uniquement au
financement du réseau routier selon un partage équitable des frais,
comme nous l'avons fait par le passé, mais qu'ils puissent servir
également à de nouvelles technologies à la frontière, à
l'amélioration des aires de service pour le dédouanement des
marchandises à la frontière le long de la route et aussi au
développement des applications intermodales, pour faciliter le
transport rail-route.
Quant au transport par eau, nous estimons que la
commercialisation de la voie maritime va vraiment contribuer à
améliorer le transport des marchandises sur nos voies d'eau. À
notre avis, la commercialisation des ports en vertu du projet de
loi C-9 permettra également d'améliorer les échanges commerciaux.
Et bien sûr, nous espérons sincèrement que la Société Maersk
va faire de Halifax son port d'attache, ce qui entraînera
inévitablement une participation financière du Canada pour à
financer le super-port afin de pouvoir accueillir des
porte-conteneurs d'un tonnage supérieur à celui des unités de type
post-Panamax. Halifax est très bien placée et si nous décrochons ce
marché, ce sera non seulement bon pour la ville de Halifax, et mais
aussi pour l'ensemble du pays. Cela entraînera de nombreuses
dépenses, non seulement dans la région de Halifax, mais aussi pour
la liaison ferroviaire du CN reliant Halifax à Sarnia, car
l'acheminement du fret sur Halifax prend au moins un jour de moins
sur New York via le réseau ferroviaire américain pour desservir les
marchés du Midwest.
M. Stan Keyes: Monsieur le président, je peux simplement...
M. David Collenette: Si la réponse était trop longue, je serai
plus bref.
M. Stan Keyes: Non, non, c'est bien. Une réponse détaillée
s'imposait.
Le président: Il vous reste encore quatre minutes, et je
donnerai ensuite dix minutes à chaque membre du comité.
M. Stan Keyes: Très bien.
Tout ce que je veux dire—et je soumets cela à l'ensemble du
comité—c'est qu'une fois que nous aurons étudié le système ITS, le
système de transport intelligent et ses avantages concurrentiels,
etc., lequel est nécessaire dans notre pays si nous ne voulons pas
prendre du retard, alors il nous faudra faire le nécessaire sur
plus vaste échelle pour conserver notre position concurrentielle
dans le domaine du commerce extérieur. C'est pourquoi il nous faut
acheminer nos produits jusqu'aux marchés, et la seule façon de le
faire de manière efficace, c'est de disposer d'un système de
transport de marchandises au moins aussi efficace, sinon plus, que
celui des États-Unis.
Je pense qu'à un moment ou à un autre, le comité devra
travailler à vos côtés pour définir ses objectifs et regrouper
toutes nos idées en posant la question suivante: quelles nos
lacunes? En quoi cela va-t-il influer sur le commerce au Canada? Où
allons-nous investir nos ressources? Comment allons-nous les
allouer à tel autre secteur? Puis nous passerons à la microgestion
des questions que vous venez d'aborder dans vos remarques, à savoir
comment nous allons payer tout cela, etc.
• 1600
Il nous faut aller de l'avant sans plus tarder si nous ne
voulons pas prendre du retard. Une fois le marché perdu, une fois
le transport des marchandises perdu au profit d'une route à péage
plus rapide qui traverse les États-Unis de part en part, il sera
drôlement difficile au Canada de le récupérer.
M. David Collenette: Toutes vos remarques sont pertinentes, et
nous n'avons aucune hésitation à vous faire part de nos idées, que
ce soit sous forme de mémoires écrits ou de témoignages devant
votre comité. Le gros problème pour nous, c'est l'argent. Tout le
monde veut de l'argent.
En toute franchise, l'intervention des premiers ministres
provinciaux n'a pas aidé la cause des transports. Ils se sont
réunis à Saskatoon en août dernier et ont déclaré: «Oui, nous
voulons de meilleures routes; nous voulons qu'on investisse dans
l'infrastructure de transport. Toutefois, la santé est notre
première priorité et nous la ferons donc passer avant le réseau
routier.»
C'est très bien. Je conviens que la santé est la première
priorité et le gouvernement a réagi. Qui prétend que le
gouvernement fédéral n'écoute pas? Nous écoutons les Canadiens.
Nous écoutons les provinces. Le premier ministre et le ministre des
Finances ont déclaré que le budget de l'an prochain sera focalisé
sur les services de santé.
Il y aura toutefois d'autres secteurs de dépense possibles à
mesure que nous disposerons des fonds nécessaires, et j'espère que
les membres du comité se feront publiquement les défenseurs d'un
programme de dépense visant notre infrastructure, car c'est un
investissement qui sera très rentable, d'une part en facilitant le
transport du fret et d'autre part, en améliorant notre niveau de
vie.
M. Stan Keyes: Merci.
Le président: Monsieur Bailey.
M. Roy Bailey (Souris—Moose Mountain, Réf.): Merci, monsieur
le président.
Pour la gouverne du comité, j'ai un avion à prendre dans une
demi-heure environ, car je dois assister demain à une rencontre
avec les gens des chemins de fer, monsieur le ministre. Il s'agit
d'intervenir pour sauver la partie mais je ne sais pas si je serai
en mesure d'aider les choses ou non.
Je vais prendre moins de 10 minutes, monsieur le président.
J'ai écouté avec intérêt, monsieur le ministre, vos remarques
au sujet de l'Office national des transports. Comme vous le savez,
je viens de la région d'où émanent les principales plaintes. Je ne
peux pas m'empêcher de me demander si les 750 000 $ qui ont été
consacrés aux augmentations d'effectifs et aux services spéciaux et
professionnels étaient bien en rapport avec les audiences de l'ONT
et la décision relative à la plainte présentée par la Commission
canadienne du blé contre les sociétés ferroviaires.
Monsieur le ministre, j'ai horreur de vous décevoir, mais avec
la fermeture prochaine de près de 300 silos en bois, et plusieurs
milliers de kilomètres de voies retirées du service, je ne pense
pas que les recommandations du rapport de l'honorable juge Estey
soient très passionnantes. Cela n'a plus le même poids que
lorsqu'on a entrepris cette étude, car bon nombre des lignes
n'existent déjà plus.
En fin de compte, il a fallu 18 mois et une somme importante
pour obtenir confirmation de ce que, même si la loi qui oblige les
chemins de fer à acheminer le grain s'appliquait, aucune sanction
n'a été imposée aux sociétés ferroviaires pour leurs actes passés.
Le CN a payé une amende, mais il l'a fait de son propre gré. Je
suppose que cet argent a été versé à la Commission canadienne du
blé, mais nous ne savons pas pour quelle raison.
M. David Collenette: Il y a eu un règlement hors cour, si vous
voulez, mais ce n'est pas la même chose qu'une amende.
M. Roy Bailey: D'accord, mais...
M. David Collenette: Je ne pense pas que la société
ferroviaire ait été reconnue coupable d'une infraction. Elle a
décidé de régler le grief.
M. Roy Bailey: En d'autres termes, c'était plutôt une activité
de relations publiques, non? La société n'a été accusée de rien,
n'est-ce pas?
M. David Collenette: Vous devriez poser la question à
M. Tellier, car...
M. Roy Bailey: Très bien. C'est ce que je ferai, monsieur le
ministre.
De toute façon, voici ma question. Dans l'Ouest à l'heure
actuelle, l'ONT a manqué à sa véritable première obligation. Et
pourquoi ne croirait-on pas que le processus de dépôt d'une plainte
aux termes de la Loi canadienne sur les transports a été très lent,
très onéreux et finalement entrepris en pure perte, puisque c'est
désormais un fait accompli; l'affaire est réglée, non?
M. David Collenette: Je n'ai pas l'intention de critiquer les
décisions de l'ONT. Ce n'est pas mon rôle, puisque le juge Estey
doit présenter son rapport. Je m'inscris toutefois en faux contre
vos propos. L'ONT a examiné la plainte de la Commission du blé.
Dans un cas, le CN a décidé de régler l'affaire ou de verser une
indemnité, contrairement au CP.
• 1605
Le processus s'est assez bien déroulé et a été assez rapide.
Il s'agit d'une cause très complexe, en rapport avec les retards de
transport et les coûts que cela représente. Cette question est
extrêmement complexe. L'Office est tenu de faire une étude
approfondie, et s'il avait rendu sa décision trop rapidement, vous
auriez dit que les responsables n'avaient pas pris le temps
nécessaire pour entendre tous les arguments.
J'aimerais également contester l'allusion que vous avez faite
selon laquelle, dans le courant de 1998, alors que le juge Estey
poursuivait son étude, nous avons pris les devants sans attendre
ses recommandations, et que d'une façon ou d'une autre il ne peut
y avoir aucun recours aux problèmes liés au transport du grain.
S'agissant de l'abandon des lignes de chemin de fer, je vous
mets au défi de me citer un exemple où, cette année, les compagnies
ferroviaires ont supprimé une ligne sans que des groupes locaux ou
d'autres sociétés, comme des exploitants de chemins de fer
secondaires, n'aient pas manifesté l'intention de reprendre ces
lignes à leur compte. Les lignes qui ont été supprimées étaient
celles dont tout le monde, plus ou moins, s'entendait à dire
qu'elles n'étaient plus rentables. C'est vrai, tout le monde
souhaiterait que les lignes restent en service, car c'est une
question d'habitude. Toutefois, citez-moi un seul exemple où les
chemins de fer, en attendant le rapport Estey, ont supprimé un
tronçon sans que des sociétés locales n'en fassent l'acquisition.
En fait, nous avons pressé les compagnies ferroviaires. J'ai
parlé à M. Tellier, à M. Ritchie, à mon personnel, aux
fonctionnaires du ministère et aux responsables sur le terrain. Les
compagnies ferroviaires ont répondu en disant qu'elles
accorderaient un délai supplémentaire à tous les groupes locaux ou
aux provinces.
Vous êtes de la Saskatchewan. M. Romanow est un bon ami à moi,
je le connais depuis de très nombreuses années, mais je dois
reconnaître qu'à ce sujet il fait beaucoup de bruit mais
n'accomplit pas grand-chose.
M. Roy Bailey: Exactement.
M. David Collenette: J'aimerais savoir quelle est la position
de la province. Pourquoi est-ce que la province n'investit pas, ne
rachète pas certaines de ces lignes. C'est nous qui avons facilité
les choses. C'est Lyle Vanclief et Ralph Goodale qui ont fourni
l'argent permettant aux exploitants de courts tronçons de démarrer
en Saskatchewan. La province doit faire sa part, elle ne peut pas
se contenter de se plaindre du gouvernement fédéral ou de l'ONT.
Quant au juge Estey, ce rapport va probablement être le plus
rapide et le plus complexe de l'histoire canadienne. Voilà un homme
qui travaille. Son rapport sera prêt d'ici deux semaines, il sera
publié, et j'espère que nous donnerons rapidement suite à ses
recommandations.
M. Roy Bailey: Monsieur le ministre, en ce qui concerne la
participation du gouvernement provincial, je ne saurais trop
approuver ce que vous avez dit, vous avez parfaitement raison au
sujet des chemins de fer.
Ce qui m'inquiète dans toute cette affaire qui a commencé en
1996, c'est que nous risquons de taper sur les doigts des chemins
de fer alors que d'autres responsables sortiront indemnes de cette
enquête. J'espère que non. J'espère que le mois prochain, quand le
rapport sortira, il expliquera clairement qui est à blâmer et ce
qui s'est passé pour justifier cette enquête. Ce n'est pas
seulement la faute des chemins de fer. J'espère que cela sera clair
dans le rapport.
Une dernière chose encore...
M. David Collenette: Mais monsieur Bailey, excusez-moi, mais
ce n'est pas le retard des expéditions de céréales il y a deux ans
qui a provoqué cette enquête. Il s'agit d'un examen statutaire
prévu par la LTN en 1996...
M. Roy Bailey: Exactement.
M. David Collenette: ...nous avons simplement accéléré le
processus car des gens comme vous et votre parti, des groupes
d'agriculteurs nous ont demandé de le faire. Voilà la raison pour
laquelle cela a été fait.
Cela dit, le juge Estey ne blâmera personne. Il faut espérer,
au contraire, qu'il analysera le problème, et qu'il nous soumettra
des options pour réparer le système. Notre rôle est de faire un
choix parmi ces suggestions.
M. Roy Bailey: D'accord.
Le crédit 27b du budget supplémentaire autorise la Société
canadienne des ports à emprunter jusqu'à 30 millions de dollars. Je
crois comprendre que cette compagnie sera constituée en société
dans quelques mois, en janvier 1999. Quel type d'emprunt la Société
canadienne des ports a-t-elle l'intention de faire, et à quoi
servira l'argent? J'espère très sincèrement que cet argent servira
à aider le malheureux port de Halifax à moderniser ses
infrastructures pour être plus concurrentiel.
Que sont ces 30 millions de dollars? À quoi doivent-ils
servir? Il s'agit du crédit 27b, monsieur le ministre.
M. David Collenette: Mme Bloodworth va vous répondre.
Mme Margaret Bloodworth (sous-ministre, ministère des Transports): Comme
vous le voyez, monsieur Bailey, il s'agit d'un crédit de un dollar
seulement, car ces dispositions autorisent Port Canada à emprunter
ailleurs qu'au gouvernement.
• 1610
Il y a déjà eu des prêts, le principal étant, je pense, celui
pour Sept-Îles. Ce port a fait un emprunt qu'on appelle le fonds de
prêts interportuaire. Vous avez parfaitement raison, la Société
canadienne des ports va disparaître et par conséquent, Sept-Îles va
devoir transférer son emprunt à des compagnies privées. Et comme il
s'agit d'une société d'État, elle a besoin de l'autorisation du
Parlement.
Il ne s'agit donc pas d'un prêt du gouvernement fédéral. En
fait, c'est même destiné à remplacer un emprunt gouvernemental, si
on peut dire, par un emprunt dans le secteur privé. C'est un
emprunt qui a déjà été contracté, et Sept-Îles en assumera les
frais, comme c'est le cas actuellement.
M. Roy Bailey: Une dernière question; comme vous le savez, le
port de Halifax a vraiment besoin d'argent. De tous les ports,
j'imagine que c'est celui qui a le plus besoin d'argent. Savez-vous
si une partie de cet argent lui est destiné.
M. David Collenette: Je ne sais pas si le port d'Halifax a
tellement besoin d'argent. Je peux vous dire que le port de Toronto
a besoin d'argent, le port de Vancouver a besoin d'argent, Montréal
a besoin d'argent et le port d'Hamilton a besoin d'argent. C'est la
raison pour laquelle nous avons adopté le projet de loi C-9, pour
permettre à tous ces ports de financer eux-mêmes leurs opérations.
Cela dit, si vous parlez des bateaux post-Panamax, Transport
Canada ne distribue de subventions. Il faudrait que cela vienne
d'une autre source gouvernementale. Il faudrait que ce soit une
intervention ponctuelle du gouvernement. Je le répète, nous ne
savons pas si Halifax a été choisi, et par conséquent je ne sais
pas si cette autorisation sera utilisée.
Il faudrait que le gouvernement décide de verser au port de
Halifax une contribution ponctuelle pour construire les
installations nécessaires pour accueillir ces bateaux, mais du
point de vue du ministère, la raison même de céder tous ces ports
aux autorités locales est d'éviter ce genre de subvention.
Le président: Monsieur Cullen.
M. Roy Cullen (Etobicoke-Nord, Lib.): Merci, monsieur le
président.
Merci au ministre et à ses collaborateurs du ministère.
Monsieur le ministre, si j'en ai le temps, j'aimerais aborder
deux questions.
Premièrement, pendant la dernière législature, vous vous
souviendrez que ce comité avait préparé un rapport sur la réfection
du système routier national. Si je me souviens bien, ces travaux
auraient coûté de 13 à 18 milliards de dollars, mais aujourd'hui,
il s'agirait probablement de 50 à 20 milliards de dollars. Chaque
année, le total augmente un peu plus.
Dans ce rapport, on avait envisagé des partenariats
publics-privés, autrement dit des péages, toutes sortes de
systèmes. Si je me souviens bien, pour trouver de 13 à 18 milliards
de dollars, nous avions pensé qu'il fallait mobiliser le
gouvernement fédéral et les provinces, et laisser une place la plus
large possible à l'argent du secteur privé. Pour ce faire, nous
devions considérer ce qu'on pouvait raisonnablement attendre du
secteur privé, quels financements on pouvait trouver de cette
façon-là.
À l'époque, nous savions que les routes à faible densité
posaient des problèmes particuliers. Nous nous étions demandé
comment l'intervention privée pouvait être organisée d'une façon
logique, quelles étaient les limites de ces partenariats
publics-privés, et quelles en étaient les possibilités.
Si je me
souviens bien, l'idée était d'élaborer un modèle utilisable par le
gouvernement fédéral et par les provinces, après quoi nous aurions
pu aller voir les ministres des Finances et leur dire: «Voilà dans
quelle mesure on peut vraiment s'attendre à un partenariat public-privé
pour la réfection de notre réseau routier national. Voilà ce
qui n'est pas couvert et qui doit être assumé par les finances
publiques.» Mais après un tel exercice, nos ministres des Finances
fédéral et provinciaux auraient su qu'on avait tiré le maximum de
cette enveloppe avant de faire appel à eux.
Je ne sais pas ce qu'est devenu ce processus. J'imagine que
les sous-ministres ont dû se rencontrer, je ne sais pas si c'est
parvenu au ministre, je n'en suis pas certain. Apparemment, il y
aurait un projet pilote à Montréal, et si c'est vrai, c'est
peut-être une erreur. Si je me souviens du raisonnement du comité,
on s'était dit que dans les régions à haute densité, les routes à
péage, la facturation pro-forma, tout cela était plus viable. Par
contre, c'est dans les zones où la circulation est moins dense...
Quel genre de participation privée pourrait-on intégrer à une
proposition, quelle qu'elle soit? Pouvez-vous nous le dire? J'ai
raté votre réunion l'autre jour, et c'est une question que j'avais
l'intention de poser. Où en sommes-nous de ces partenariats
publics-privés pour notre réseau routier national? Quelles sont les
limites d'un tel partenariat? Quelles en sont les possibilités?
Quelles en sont les limitations? Quand saurons-nous si des
partenariats publics-privés nous permettront de moderniser notre
réseau routier national?
M. David Collenette: Pour commencer, pour remettre en état le
réseau routier national, on estime actuellement qu'il faudrait de
14 à 17 milliards de dollars, évidemment dans les conditions
idéales. Ce sont des chiffres que nous avons calculés en
collaboration avec les provinces.
• 1615
D'après le Hill Times j'aurais dit que le gouvernement fédéral
paierait cette facture. De toute évidence, nous ne payerions pas
une telle somme. Lorsque le fédéral finance les routes, c'est
d'ordinaire moitié-moitié avec les provinces, et par conséquent il
n'est pas question d'une telle contribution fédérale.
Le comité a fait un excellent travail dont les résultats sont
maintenant examinés par les sous-ministres. Un rapport final
devrait être publié d'ici peu de temps. Le comité pourra alors
l'examiner et m'aider dans ma tâche qui est de choisir les
meilleures options.
Cela dit, j'avoue que nous devons nous occuper de certaines
questions comme celle qui a été soulevée par M. Casey: est-ce que
nous permettons qu'on laisse les péages sur la principale route du
pays, de St. John's à Vancouver? Certains pensent qu'on peut
laisser les péages sur une partie du réseau routier national, mais
pas sur cette route principale.
De toute évidence, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse
ne sont pas d'accord, ils ont dit: «Nous n'avons pas d'argent. Nous
ne pouvons attendre un programme fédéral-provincial, nous devons
absolument construire la route.» Ils ont donc construit une route
à péage. Comme je l'ai répété à M. Casey ad nauseam, le
Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse avaient parfaitement le
droit de le faire.
Mais en même temps, à cause des préoccupations que d'autres
membres de comité ont soulevées, nous avons dit qu'avant de mettre
en place un nouveau programme, nous voulions nous assurer qu'un
problème était réglé: est-ce que nous devrions avoir des péages
directs sur n'importe quel tronçon du réseau routier national, ou
bien seulement sur certains d'entre eux? C'est une politique
publique que nous devons arrêter avant de commencer à dépenser.
Quant à la question des partenariats publics-privés, cela ne
signifie pas forcément des péages. Vous avez parlé des péages
pro-forma, un concept qui, je crois, est appliqué dans certains
pays comme la Grande-Bretagne. Avec ce mécanisme, on utilise des
fonds publics pour construire les routes, mais on laisse le soin au
secteur privé de concevoir, de construire, de financer et
d'exploiter les routes. Ce secteur est payé selon une densité
fondée sur l'économie de la région et toutes sortes d'autres
facteurs. C'est une autre façon de convaincre le secteur privé de
construire des routes, mais en réalité, c'est le Trésor public qui
finance les routes. Voilà donc une des solutions.
Il y a également les péages directs, ce que nous avons en
Ontario avec la 407, une route à péage direct. C'est probablement
un bon exemple des choix qu'on peut donner au public. La route
publique, c'est la 401, qui est surencombrée, comme nous le savons
tous, mais qui existe et dont l'exploitation et l'entretien sont
payés à même les recettes générales. Cela dit, il y a également la
407 qui permet de traverser la ville par le haut plus rapidement
lorsqu'on est pressé et lorsqu'on en a les moyens. Évidemment,
c'est un tronçon payant. Voilà le type de partenariat public-privé
qui peut donner de bons résultats.
Le gouvernement de l'Ontario veut vendre cette route. C'est un
peu controversé et je ne fais pas de commentaires, mais le secteur
privé a certainement un rôle à jouer sur le plan de la conception,
de la construction, de financement et même sur le plan de
l'exploitation des routes. De la même façon, le secteur privé a un
rôle à jouer pour la réfection des aéroports ou la construction du
pont de l'Île-du-Prince-Édouard.
Il y a des fonds privés qui sont disponibles, mais ne nous
leurrons pas: ce n'est pas une solution plus économique. Cela
permet simplement au gouvernement de ne pas inscrire directement
les paiements dans ses livres. En fait, certains vous diront que
c'est une façon plus coûteuse de construire une infrastructure
parce que le secteur privé veut faire des bénéfices. Cela fait
partie de la controverse actuelle au Nouveau-Brunswick et en
Nouvelle-Écosse.
M. Roy Cullen: Merci. À ce sujet, on nous a dit également
qu'on pouvait intégrer beaucoup d'efficience dans la conception, la
construction, l'exploitation et l'entretien de ces routes, et qu'en
fin de compte, tout cela s'équilibrait.
Nous avons considéré les choses sur le plan des concepts, et
c'est la raison pour laquelle le ministère et vous-même me
donneriez une réponse plus détaillée lorsque ce sera prêt; une
autre notion intervient dans le cas d'un réseau routier national:
l'idée qu'un choix existe. Soit on paie un péage direct, soit on
reçoit une facture pro-forma, mais avec une infrastructure routière
nationale, on peut choisir l'un ou l'autre.
Ce sont des choses auxquelles nous avons pensé, quels éléments
feraient partie de la solution, nous permettraient de faire des
progrès, quelles sont les possibilités, les limitations, etc.?
J'attends donc un rapport avec impatience.
Monsieur le président, si vous le permettez, je vais
maintenant changer de sujet.
Le président: Il vous reste environ une minute et demie.
M. Roy Cullen: D'accord.
Monsieur le ministre, vous avez une vision très nette, très
claire, pour relier l'aéroport Pearson au centre-ville, à Union
Station et à la gare routière. Pouvez-vous nous dire ce qu'il en
est de ce dossier? Quels sont les obstacles, s'il y en a? Quelles
sont les possibilités? Est-ce que ce dossier avance? Est-ce qu'on
a mobilisé tous les gens dont on aura besoin pour réaliser ce
projet?
• 1620
M. David Collenette: Tout le monde veut que ce projet avance,
et il avance. Les chemins de fer veulent vendre la gare Union. La
Toronto Terminals Railway Company veut la vendre, ainsi que le
corridor ferroviaire de la promenade Don Valley à l'avenue
Strachan. On pourrait probablement convaincre le CN de vendre le
tronçon Weston qui va de l'avenue Strachan jusqu'à la gare de
Malton, ce qui permettrait une liaison rail-air.
Le problème, c'est qu'il y a un litige entre les chemins de
fer et la ville de Toronto (qui est propriétaire de la plupart des
terrains sur lesquels la gare est construite) au sujet d'un arriéré
de loyer. C'est ce qui immobilise ce dossier. Cela dit, les
discussions se poursuivent et avec un peu de créativité,
d'ingénuité et de travail acharné, nous devrions trouver une
solution. On pourrait, par exemple, créer une administration
publique en consultation ou en collaboration avec le secteur privé,
ce qui permettrait aux gouvernements fédéral, provincial et
municipal de se concerter. Cela dit, la majeure partie des fonds
peuvent être fournis par le secteur privé pour réaménager et
restaurer la gare, un peu comme cela a été le cas pour la gare
Grand Central ou pour la gare Union à Washington.
Et bien sûr, restera à savoir si nous pouvons obtenir une
concession. Si une voie ferrée commençant à proximité de l'aéroport
faisait partie du projet, il faudrait une concession pour que
l'administration puisse faire un appel d'offres pour la
construction d'un lien ferroviaire avec l'aéroport. Tout cela est
donc très enthousiasmant. Les discussions sont en cours, le
gouvernement fédéral, la province, la ville de Toronto, Go Transit,
VIA et le secteur privé, qui a manifesté un certain intérêt,
participent tous à ces discussions, de même, évidemment, que les
deux compagnies de chemins de fer.
Enfin, pour ceux d'entre vous qui n'étiez pas à Toronto, il y
a des possibilités de lien rail-air à Montréal, un projet qui me
semble extrêmement prometteur. Beaucoup de travail a déjà été
accompli, et cela coûtera beaucoup moins cher qu'à Toronto. Je l'ai
déjà dit, à Vancouver également on voudrait faciliter la
circulation entre l'aéroport de Vancouver et la ville grâce à une
voie ferrée.
Le président: Merci. Il me reste cinq noms sur ma liste du
premier tour; 10 minutes chacun. Comme nous utilisons la totalité
des 10 minutes, il nous faudra jusqu'à 17 h 10 pour terminer le
premier tour. Je vous ai accordé 10 minutes à tous, et je vais
continuer, mais nous pourrions aller plus vite si vos questions
étaient un peu plus courtes.
M. David Collenette: Je peux raccourcir les réponses, monsieur
le président. Comme vous le savez, je dois partir pour Montréal à
16 h 45. Cela dit, mes collaborateurs peuvent rester toute la nuit
s'ils le veulent.
Des voix: Oh, oh!
Le président: Si nous abrégeons les questions et les réponses,
nous pourrons tous partir assez tôt.
Je vous lis la liste: M. Calder, M. Mercier, M. Dromisky,
M. Price et M. Anders.
M. Murray Calder (Dufferin—Peel—Wellington—Grey, Lib.):
Monsieur le ministre, comme vous le savez le Comité permanent de
l'agriculture et de l'agroalimentaire étudie actuellement ce qui va
se produire lorsque les négociations commenceront à l'OMC. Les
pourparlers préliminaires doivent commencer en août prochain, et
les négociations proprement dites en l'an 2000.
Donc, quand vous dites que vous ne voulez pas être dépassés
par le système de transport américain, et je suis totalement
d'accord avec vous sur ce point, je dois vous demander ceci: si on
compare la Voie maritime du Saint-Laurent et le bassin du
Mississippi, je sais que là-bas ce sont des ingénieurs de l'armée
qui font d'importants travaux d'entretien, et les États-Unis s'en
sortent en prétendant qu'ils n'ont pas le choix car c'est le seul
endroit où on peut leur donner la formation dont ils ont besoin.
Cela dit, il est évident que c'est une forme de subvention au
transport, car ces services ne sont pas facturés. Évidemment, les
coûts de ce réseau sont faibles puisqu'il est entretenu par le
gouvernement. Nous ne faisons absolument pas ce genre de choses sur
la Voie maritime du Saint-Laurent, et c'est un exemple seulement,
mais il y en a probablement d'autres.
Lorsque nous négocions avec les États-Unis, comment voulons-nous que
notre réseau se compare au leur alors qu'ils appliquent
des subventions injustes?
• 1625
M. David Collenette: C'est un peu en dehors de mon territoire.
Les États-Unis sont les grands champions de l'entreprise privée, et
cela me rappelle George Orwell dans Animal Farm: «Tous les animaux
sont égaux mais certains animaux sont plus égaux que d'autres.» Les
Américains ont leurs méthodes, en principe il y a des règles, mais
ils se débrouillent pour les contourner.
M. Murray Calder: Oui.
M. David Collenette: Vous avez parlé du contingent
d'ingénieurs de l'armée qui accomplissent une bonne part du
travail. Nous n'avons pas ce luxe de faire faire le travail au
ministère de la Défense, et il s'agit bel et bien d'une subvention
à l'industrie. Nous devons essayer d'exposer la racine de ces
subventions et de régler ces questions pendant les négociations.
Cela dit, il faudrait que vous en parliez à Sergio Marchi, car cela
relève de lui.
Si vous prenez l'exemple des chemins de fer, le Canadien
Pacifique et le Canadien National considèrent qu'ils sont des
chemins de fer nord-américains. Avec l'acquisition du tronçon
Illinois Central et avec ce que le CP a fait récemment pour ouvrir
une nouvelle ligne en Pennsylvanie qui ouvrira sur le réseau de la
côte est américaine, ces deux compagnies annoncent qu'elles sont
officiellement en concurrence directe avec les chemins de fer
américains. Il est possible que le CP achète une compagnie
également.
Il faut ensuite penser aux régimes d'imposition, aux
inégalités entre le régime fiscal des différentes compagnies de
chemins de fer, un régime qui leur serait favorable ou défavorable
selon les cas. Évidemment, les chemins de fer veulent que le
ministère des Finances leur accorde une déduction pour
amortissement plus équitable. Ils voudraient également que leurs
taxes municipales canadiennes diminuent, de même que les taxes sur
le carburant. En Saskatchewan, par exemple—et je ne voudrais pas
viser particulièrement la Saskatchewan cet après-midi, c'est une
province que je visite toujours avec plaisir—les taxes sur les
carburants sont particulièrement élevées, ce qui défavorise les
chemins de fer.
Quant au transport par eau, nous sommes quelque peu
défavorisés, pour les raisons que vous avez mentionnées, et nous
avons essayé de régler ce problème en commercialisant la voie
maritime, afin d'améliorer les installations et administrer cela
d'une façon plus concurrentielle.
En fait, on va discuter de la plupart des questions que vous
avez soulevées dans le contexte des négociations commerciales
internationales, mais vous avez raison d'insister: quoi que nous
fassions, il semble que les États-Unis aient systématiquement des
moyens de contourner les obstacles.
M. Murray Calder: D'accord.
Je passe maintenant au problème de l'an 2000. Dans votre
exposé, vous nous avez dit que vous aviez pris des mesures précises
pour identifier les fonctions commerciales et les applications et
que les plans d'urgence seraient mis à l'épreuve d'ici
décembre 1998. Qu'est-ce que cela signifie pour l'aéroport Pearson,
par exemple? Est-ce que cela veut dire que cette année, vous allez
prétendre qu'on est déjà en l'an 2000 pour voir comment le système
fonctionne, pour voir si les avions volent ou s'écrasent? Qu'allez-vous faire?
M. David Collenette: Le sous-ministre ou M. Jackson vont
répondre à cette question.
Nous avons été extrêmement consciencieux. Nous pensons très
sérieusement aux problèmes qui pourraient se poser dans le domaine
des transports. Nous sommes en contact avec tous les intéressés.
Comme je l'ai dit, nous avons organisé une conférence. NAV CANADA,
est tout particulièrement concerné, et lundi à Toronto des experts,
non seulement du Canada, mais également des États-Unis et d'Europe,
sont venus discuter du système de navigation aérienne. Nous avons
de bonnes raisons d'être fiers de ce que nous avons fait au
gouvernement en général, mais en particulier dans le domaine des
transports.
Mme Margaret Bloodworth: Monsieur Calder, peut-être pourrais-je
revenir en arrière un instant et vous parler de trois aspects du
problème de l'an 2000.
Pour commencer, il y a au ministère plusieurs systèmes qui
doivent être prêts pour l'an 2000. La date de décembre 1998, c'est
en fait le moment où tous nos systèmes internes seront mis à
l'essai. Dans certains cas, cela ira jusqu'en janvier, mais nous
voulions surtout disposer d'une année complète pour corriger tous
les problèmes qui pourraient être décelés lors de l'essai. Voilà
donc pour une chose, et dans notre cas, il ne s'agit pas d'un
système tellement énorme. Nous n'avons pas un système énorme, mais
nous en avons un grand nombre.
En deuxième lieu, il y a notre rôle de réglementation, et le
ministre vous a parlé des différentes étapes. Il s'en est occupé
personnellement, il a voulu s'assurer que l'industrie était
consciente du problème, et que, de notre côté, nous serions prêts
à prendre une décision en cas de problème sur le plan de la
sécurité. Nous faisons preuve d'un optimisme prude, nous pensons
que ce ne sera pas le cas, mais nous sommes prêts à prendre des
mesures si nécessaire.
• 1630
La planification d'urgence est une de ces étapes, et des plans
d'urgence doivent être élaborés, et ils doivent également être
révisés et mis à l'épreuve d'ici septembre prochain. Nous sommes
également un élément de l'ensemble de l'appareil gouvernemental,
tout cela sous la direction d'un groupe du ministère de la Défense
nationale. Nous jouerons un rôle de premier plan dans le domaine
des transports et si nous espérons ne pas être forcés de fermer
l'aéroport Pearson, il est certain que nous mettrons les systèmes
à l'épreuve. Par exemple, nous continuons à exploiter l'aéroport de
Halifax, et c'est nous qui allons nous charger de ces essais. Nous
choisirons des heures pendant lesquelles cela ne perturbera pas les
activités, mais il y aura peut-être des conséquences si on
s'aperçoit que certains systèmes ne fonctionnent pas. Nous avions
l'intention de faire des essais individuels avant le 1er janvier de
l'an 2000 pour que tout problème résiduel ne soit que mineur.
En troisième lieu, nous avons l'ensemble du système des
transports. Pour qu'un système soit parfaitement sûr, il faudrait
qu'il ne fonctionne absolument pas. Il n'y aurait aucun problème
pendant la journée, mais en même temps, ce ne serait pas très bon
pour le pays. Nous voulons donc assurer la continuité dans le monde
des affaires, et cela fait intervenir notre rôle de réglementation.
Nous aidons l'industrie à communiquer les meilleures pratiques et
nous l'encourageons à organiser des forums, comme celui qui a été
présidé par le ministre en septembre et celui auquel il a assisté
avec NAV CANADA. Il y aurait également une réunion pour les
opérations maritimes, etc. Nous encourageons tous les partenaires
du secteur des transports à faire le tour de tous ces problèmes.
Ron, avez-vous quelque chose à ajouter au sujet de la
sécurité?
M. Ron Jackson (sous-ministre adjoint, Service de la sécurité,
ministère des Transports): Monsieur le sous-ministre, j'ajouterai
seulement que nous étudions les risques de problèmes dans le
système des transports dont nous sommes responsables sur le plan de
la sécurité, exactement comme nous le ferions pour n'importe quel
autre risque sur le plan de la sécurité.
Comme vous le savez, le système actuel comporte principalement
des éléments intégrés, des ordinateurs, etc., qui peuvent déjà
tomber en panne n'importe quand, indépendamment de tout problème de
l'an 2000. Cela dit, nous avons les outils réglementaires
nécessaires pour prendre des mesures, minimiser les risques et
rendre sécuritaire un système qui ne le serait pas. C'est
exactement ce que nous ferons en collaboration avec l'industrie en
ce qui concerne le problème de l'an 2000.
Le président: Monsieur Mercier.
[Français]
M. Paul Mercier (Terrebonne—Blainville, BQ):
J'ai deux questions. La
première est la suivante.
Parmi les recommandations que nous vous
avions faites, il y en a à laquelle vous n'avez pas
pu répondre de façon positive. C'est celle où nous vous demandions
qu'Ottawa accepte de payer sa part des 25 millions de
dollars dans la réalisation de la phase II de l'étude
sur le TGV. J'imagine qu'il y a des raisons
budgétaires parfaitement valables à cela, mais il est
aussi évident que s'il n'y a pas de phase II,
l'argent qu'on a mis dans la phase I sera de l'argent
perdu puisque l'étude restera incomplète.
Peut-on espérer que dans le budget suivant, celui de
1999-2000, on trouvera de l'argent pour continuer cette
étude? C'est ma première question. Pour le
moment, le Canada est en train de devenir le
seul pays du G-7 dans lequel il n'y a ni TGV ni
projet de TGV. C'est un domaine dans lequel les
États-Unis ont aussi cette avance dont vous parliez
tout à l'heure.
L'hon. David Collenette: Monsieur
Mercier, j'ai
déjà répondu à cette question il y a plusieurs
semaines, mais
c'est une question importante. Comme je l'ai déclaré
auparavant, dans mes rêves, je voudrais un TGV entre
Montréal et Toronto ou entre Québec ou Windsor. La
question est toutefois celle-ci:
est-ce que les gouvernements canadien,
du Québec et de l'Ontario sont prêts à financer une
telle entreprise? C'est une entreprise qui va faire
concurrence aux compagnies aériennes.
De plus, bien d'autres
choses exercent de la pression sur les budgets des
provinces et du gouvernement fédéral, telles que la santé
ou encore les autoroutes.
En répondant au Comité des
transports, j'ai dit qu'avant de dépenser un seul cent pour
une autre étude, nous voulions faire une discussion à
l'intérieur de notre ministère pour évaluer s'il est
vraiment possible de financer un tel système et si
c'est dans le meilleur intérêt des Canadiens de
commencer. Si on donne 25 millions de
dollars pour une étude avec le Québec et l'Ontario, ce
sera une grande étape vers la réalisation du projet.
• 1635
On ne parle pas de seulement
25 millions de dollars. La somme s'élèverait
à 100 millions de dollars avec les contributions
des compagnies privées. C'est une grande
étape à franchir. Avant de la franchir, nous voulons
être assurés qu'un tel projet est dans le meilleur intérêt
des Canadiens.
M. Paul Mercier: Avez-vous une échéance?
L'hon. David Collenette: Pardon?
M. Paul Mercier: Avez-vous prévu une date à
laquelle cette étude...
L'hon. David Collenette: Ce sera dans quelques
mois, peut-être au mois de janvier,
février ou mars. Le travail
se poursuit à notre ministère.
M. Paul Mercier: Ma deuxième question est la
suivante. À défaut de
TGV ou en attendant le TGV dans le couloir
Québec-Windsor, les trains de passagers sont handicapés
par leur difficile cohabitation avec les trains de
marchandises. De plus, tout le long de ce tronçon, il y a
une ligne CN et une ligne CP. En principe, la
question pourrait être résolue par une entente entre
ces deux compagnies en vue de se partager le transport
de passagers et le transport de marchandises. Par
contre, si ces
compagnies ne s'entendent pas, le
gouvernement va devoir intervenir, je crois. Est-ce que
ce processus est en cours? Est-ce que les deux
compagnies discutent? Où est-ce qu'on en est dans ce
dossier qui est vital pour l'avenir du transport de
passagers?
L'hon. David Collenette: Les deux compagnies
ferroviaires connaissent bien les recommandations de ce
comité et elles savent
que j'ai accepté votre recommandation sur
l'accès aux voies. Comme je l'ai dit, il faut
établir un comité avant le 1er mars pour
résoudre le problème. J'ai parlé avec les deux
présidents des sociétés de chemin de fer de la position
de notre gouvernement et ils savent que s'il n'y a pas
d'entente concernant le transport ferroviaire pour les
passagers, le gouvernement va intervenir. Nous avons
les moyens et l'autorité constitutionnelle ou
législative nécessaires
pour faire une intervention. Je suis très heureux de
l'attitude du CN et du CP. Ils connaissent bien
notre position et ils essaient maintenant de
trouver des routes, entre Montréal et
Toronto, par exemple. Il y a actuellement des
discussions
entre VIA et le CN afin
de trouver le moyen d'avoir plus de trains
express chaque jour. C'est une preuve
de bonne volonté de la part de CN.
M. Paul Mercier: Ils ont jusqu'au 1er mars?
L'hon. David Collenette: Oui.
M. Paul Mercier: Merci.
Le président: C'est bien, monsieur Mercier?
M. Paul Mercier: Oui.
Le président: Merci.
[Traduction]
Je tiens à remercier M. Dromisky d'avoir permis aux députés de
l'opposition de poser des questions au ministre pendant qu'il était
encore là. M. Dromisky a cédé son tour.
Monsieur Price.
M. David Price (Compton—Stanstead, PC): Merci beaucoup,
monsieur le président. Ma question sera très courte de toute façon.
M. Mercier a déjà posé une partie de ma question au sujet du
corridor Québec-Windsor. Pour en terminer avec ce sujet, à un
moment donné, ABB et Bombardier préparaient tous deux des projets.
Est-ce que ces deux sociétés continuent à travailler sur ces
projets ou propositions?
M. David Collenette: Apparemment la société ABB voulait
installer des dispositifs de basculement pour les trains, technique
utilisée en Europe, sur les voies que nous avons. C'est la solution
adoptée par le Royaume-Uni et aussi je crois par l'Italie ou
l'Espagne.
M. David Price: Et également quelque part aux États-Unis.
M. Ron Jackson: Amtrak.
M. David Collenette: Oui, et aussi par Amtrak aux États-Unis.
C'est un moyen plus économique d'augmenter la vitesse des trains.
Mais les trains LRC ont déjà un dispositif de basculement. Il
ne marchait pas très bien au début, mais maintenant le problème est
réglé. Le mécanisme a été amélioré depuis que Bombardier a commencé
à y travailler il y a 20 ans.
L'autre proposition implique évidemment Bombardier aussi bien
que Lavalin, Gec Alsthom de France et certaines banques: il s'agit
de construire au Canada un TGV sur le modèle français. C'est ce
dont parle M. Mercier.
• 1640
Comme je l'ai dit, avant de dépenser quoi que ce soit à
d'autres études, nous devons nous assurer que c'est la bonne chose
à faire. J'ai l'esprit ouvert sur la question, comme je l'ai dit...
M. David Price: Mais est-ce qu'ils ont déjà fait une
proposition concrète?
M. David Collenette: Eh bien, ils ont une idée en tête. Ils en
ont certainement parlé en privé comme ils l'ont fait à de
nombreuses personnes à Ottawa et ailleurs. Ils ont fait leurs
devoirs. En fait, la question a même été discutée publiquement.
Mais ils veulent 7 milliards de dollars des gouvernements, 3,5
milliards de dollars du gouvernement fédéral, 1,75 milliards de
dollars du Québec et autant de l'Ontario. On se pose la question,
faut-il dépenser autant d'argent pour faire une concurrence directe
aux lignes aériennes privées?
Pour la France, c'était facile parce que le gouvernement était
déjà propriétaire d'Air France et de la SNCF, le chemin de fer
national Cela revenait donc à un choix en matière de politique
publique de financer le service ferroviaire entre, mettons, Paris
et Lyon plutôt que de subventionner l'avion. Nous ne pouvons pas
nous offrir ce luxe car, tout en étant propriétaires du système de
transport ferroviaire des voyageurs, nous ne sommes plus les
propriétaires des emprises, et les lignes aériennes ne nous
appartiennent pas non plus.
M. David Price: J'allais aussi vous poser une question sur le
réseau routier, mais M. Cullen en a déjà traité alors je vais
m'arrêter là.
Le président: Merci.
Monsieur Anders.
M. Rob Anders (Calgary-Ouest, Réf.): Monsieur le ministre, je
voulais simplement dire que les sous-ministres tombent très souvent
à point. Un de mes collègues vous a posé une question concernant le
montant à concurrence de 30 millions de dollars que peut emprunter
la Société canadienne des ports. Le sous-ministre a fait remarquer
que cela ne représentait qu'un dollar dans le crédit faisant
l'objet d'un vote, mais quand je vérifie les tableaux financiers à
la page 45 du rapport de rendement, je constate que le solde des
emprunts de la Société canadienne des ports se chiffre à 46
millions de dollars.
Dans la réponse qu'on nous a donnée, on laissait entendre que
les crédits du gouvernement seraient remplacés par des fonds du
secteur privé. Même si on en tient compte, il reste encore un
montant de 16 millions de dollars dont on ne trouve pas
l'explication.
Je voudrais donc savoir pourquoi un organisme qui va durer
très peu de temps devrait avoir la capacité d'emprunter 30 millions
de dollars. Et si vous avez l'intention de remplacer les emprunts
du secteur public par des fonds du secteur privé, pourquoi cet
écart de 16 millions de dollars? Voilà donc ma première question.
Ma deuxième question est celle-ci: lors de votre dernière
comparution, vous avez dit qu'il n'y aurait dorénavant plus de
péages sur des routes financées conjointement par les deux paliers
de gouvernement sans le consentement du gouvernement fédéral. Vous
nous avez même signalé que vous aviez déjà modifié l'entente entre
le Canada et le Nouveau-Brunswick pour refléter cet engagement. Je
voudrais savoir si ces nouveaux crédits valent pour l'entente
aussi.
Voilà donc mes deux questions.
M. David Collenette: Concernant la seconde, comme je l'ai dit,
nous avons adopté une nouvelle entente avec le Nouveau-Brunswick
qui prévoit 150 millions de dollars pour permettre le dédoublement
de la transcanadienne entre Fredericton et la frontière du Québec.
Cela a déjà été fait.
De toute façon, nous n'avons plus d'argent, sauf pour cette
entente—nous n'avons pas d'argent frais—alors c'est un peu
hypothétique. Jusqu'à ce qu'on règle cette question de politique
gouvernementale, à savoir où les péages devraient être permis, si
jamais ils devraient l'être, nous nous abstiendrons d'injecter des
fonds fédéraux dans des projets où il sera question de péage. On
l'a dit assez clairement et nous espérons pouvoir finaliser les
détails là-dessus cet été.
Je vais laisser la sous-ministre répondre. Il est pratique d'avoir
des sous-ministres puisqu'ils sont là avec eux pour accomplir le
travail avec minutie. Les ministres, eux, se préoccupent plutôt
des politiques dans un sens plus large.
• 1645
Mais si j'ai bien compris, oui, c'est vrai, la Société
canadienne des ports cessera d'exister à un moment donné, lorsque
les administrations portuaires auront été mises sur pied, mais
certains passifs ne disparaîtront quand même pas à cause des prêts
qui ont été consentis par le passé par l'ONT.
Peut-être la sous-ministre pourrait-elle vous donner plus de
détails à ce propos.
Mme Margaret Bloodworth: Monsieur Anders, une des choses que
l'on trouve ici est le fonds de prêt interportuaire. La Société
canadienne des ports se sert de ce fonds pour prêter de l'argent à
certains ports. Ce qui restera de ce fonds retournera au
gouvernement du Canada à la liquidation. Nous ne savons pas à
combien cela se chiffrera au juste, mais nous prévoyons qu'il
s'agira d'un montant d'importance; il s'agit de dizaines de
millions de dollars. Nous le saurons plus précisément à ce moment-là. Et
les choses se passeront ainsi parce que, à l'origine, ces
fonds avaient été investis par le gouvernement fédéral.
Mais en plus de cela, il y a un certain nombre d'autres prêts,
dont l'un de 30 millions de dollars a été consenti au port de Sept-Îles.
Lorsque ce port aura été transformé en administration
portuaire, un emprunt sera contracté auprès de prêteurs privés. Ce
n'est pas un problème pour le port de Sept-Îles. Il a tout à fait
les moyens de rembourser ce prêt, ce qu'il fait déjà d'ailleurs,
mais l'administration portuaire aura plutôt recours au secteur
privé.
Il y a d'autres dettes qui ne disparaîtront pas, du moins pas
dans l'immédiat. Il y a la dette de Ridley Terminals. Ce montant
n'est pas inscrit dans nos comptes parce que, me semble-t-il, cela
s'est fait par l'intermédiaire de la Société pour l'expansion des
exportations, mais Ridley Terminals porte une dette assez lourde.
Il y a aussi la dette du port de Belledune. On ne sait pas encore
ce qui se passera dans ce cas-là, et je ne suis pas sûr du montant
en cause. Peut-être que Louis pourrait vous le dire.
Lorsque la Société canadienne des ports aura disparu, il n'y
aura plus d'organisme fédéral pour prêter aux différents ports. Les
emprunts devront donc être contractés auprès de prêteurs privés—ce
que feront les ports commercialement rentables, parce qu'ils
pourront les financer—ou bien le gouvernement devra servir quand
même de prêteur de dernier recours.
Les deux prêts qui ne disparaîtront pas lorsque disparaîtra la
Société canadienne des ports sont le prêt consenti à Ridley
Terminals, qui se retrouvera de toute manière dans les comptes de
la Société pour l'expansion des exportations, ainsi que le prêt
consenti à Belledune.
Je ne suis pas sûr du montant pour Belledune. Vous le
connaissez, Louis?
M. Louis Ranger (sous-ministre adjoint, Politique, ministère
des Transports): Je n'ai pas ce chiffre sous la main.
Mme Margaret Bloodworth: Nous pourrons certainement vous faire
parvenir la réponse.
Le président: Avant de continuer, j'aimerais dire un petit
mot. Je sais que certains députés sont attendus ailleurs. Il n'y
aura pas d'amendement. Tout amendement découlant de la réunion de
ce matin devra être présenté directement à la Chambre. Il n'est
donc pas nécessaire d'avoir le quorum.
Vous pouvez rester, évidemment.
Monsieur Anders.
M. Bob Anders: Merci.
D'après les comptes publics 1997-1998,
Transports Canada a dépensé 10 777 284 $ pour les ponts de la
région de Montréal. Si vous voulez me suivre, cela se trouve à la
page 139 du Budget supplémentaire des dépenses. On y demande
1 304 000 $ de plus—une augmentation de 9,6 p. 100. J'aimerais
savoir comment sont gérées ces aumônes pour ces ponts, exactement
pourquoi il faut des fonds additionnels cette année et si oui ou
non on prévoit commercialiser ces opérations en même temps que les
ports, la voie maritime, les aéroports, les systèmes d'aide à la
navigation aérienne et ainsi de suite.
Et si vous me permettez aussi d'aborder cette question,
j'aimerais que le ministre nous explique comment le fait de
subventionner les coûts—c'est-à-dire les garder artificiellement
bas—pour les voyageurs de la banlieue de Montréal va aider à
réduire les embouteillages urbains, quelque chose dont le ministre
nous a parlé à bien des reprises.
M. David Collenette: Il y a des raisons historiques pour
lesquelles ces ponts relèvent du gouvernement du Canada, et il a
été question bien des fois d'en faire cession à la province. Et il
y a une autre école de pensée qui milite pour que nous les
gardions.
De toute évidence, il s'agit des artères principales de
transport sur Montréal et, tant que nous en sommes responsables,
cela nous coûte assez cher d'entretien. Vous vous rappelez peut-être le
petit problème du pont Victoria à Montréal, à l'époque de
Noël l'an dernier: il s'agit des deux travées réunies au pont
ferroviaire qui appartient au CN. Il s'agit d'un accord compliqué,
mais le CN est propriétaire du pont tandis que le gouvernement du
Canada finance le gros de l'entretien et doit réparer le pont. Nous
en sommes arrivés à un accord 50-50 en vertu duquel le coût de ces
réparations serait partagé à parts égales entre le CN et le
gouvernement.
• 1650
Nous sommes propriétaires d'autres ponts aussi. Nous sommes
propriétaires du pont à Vancouver, le pont Arthur-Lang, celui qui
est situé près de l'aéroport.
Pour toutes sortes de bonnes raisons, il y a 40, 50 ou même
60 ans, le gouvernement fédéral s'occupait des ponts, mais nous
nous en dessaisissons tranquillement. Oui, nous aimerions bien nous
dessaisir d'une grande partie des infrastructures de ce genre,
parce que, comme vous le dites si bien, il s'agit d'un intérêt
interurbain ou interprovincial. Mais il s'agit de savoir nous
sortir de ce domaine, si la province est prête à prendre la chose
en main et combien nous sommes prêts à payer.
Le gouvernement fédéral a aussi des intérêts dans divers ponts
qui enjambent la rivière des Outaouais pour aller au Québec—le
pont Interprovincial et d'autres aussi. Je ne sais pas vraiment
s'il y en a un qui relève de nous. Je crois que la Commission de la
capitale nationale et que le ministère des Travaux publics s'en
occupent. C'est une question qu'il nous faudra étudier, à savoir si
nous devons centraliser l'administration de tous ces ponts à
Transports Canada en attendant une solution ou une cession aux
provinces ou quelque chose d'autre.
Je ne sais pas si la sous-ministre a quelque chose de précis
à vous apprendre, mais je dois partir immédiatement. J'en suis
vraiment désolé, mais je reviens toujours, monsieur le président.
Le président: Monsieur le ministre, cette période de
10 minutes devait être consacrée à M. Anders. Nous apprécions votre
présence et comprenons que vous devez partir. Tous ceux qui
voulaient vous parler ou vous poser des questions ont eu leurs
10 minutes. Nous prolongerons la réunion s'il y a d'autres députés
qui ont d'autres questions à poser à propos du ministère, mais
merci beaucoup encore une fois, monsieur le ministre.
Mme Margaret Bloodworth: Je pourrais répondre à la question
précise concernant le pont Mercier et le tunnel de Melocheville
dont M. Anders nous a parlé. Il s'agit de deux installations bien
précises qui font partie de la Société des ponts Jacques Cartier
parce qu'elles faisaient jadis partie de la voie maritime. Quand la
voie maritime a été commercialisée, elles sont tombées sous la
coupe de cet organisme.
Leurs frais d'exploitation sont largement compensés par les
recettes qui proviennent d'actifs qui n'ont rien à voir avec la
navigation, mais qui tomberont aussi sous la coupe de cet
organisme. Mais le montant figure ici doit leur permettre de rester
en activité cette année.
Sur une période de cinq ans, les recettes tirées d'actifs non
reliés à la navigation seront d'environ 23 millions de dollars,
tandis que les frais d'entretien de ces deux installations seront
d'environ 11,3 millions de dollars. En laissant ces deux
installations à la Société des ponts Jacques Cartier, qui est une
société de la Couronne, le gouvernement fédéral ne perdra pas
d'argent. Il rentrera dans ses frais. Mais il ne fait aucun doute
qu'il nous faut cette autorisation pour payer les frais d'entretien
jusqu'à la fin de l'année, parce que la Société des ponts Jacques
Cartier les a pris en main le 1er octobre.
Le président: Voilà pour le premier tour de questions. Nous
faudra-t-il un deuxième tour, collègues?
Monsieur Anders.
M. Rob Anders: J'ai une question.
Le président: Vous pouvez la poser en une minute?
M. Rob Anders: Parfait.
Le président: Et nous demanderons à nos invités d'y répondre
en deux minutes.
M. Rob Anders: Parfaitement.
J'aimerais quelques détails sur la phrase suivante à la page
12 du rapport sur le rendement:
La cession de biens fédéraux à des exploitants locaux risque de
prendre plus longtemps et de coûter plus cher que prévu à cause
d'intérêts tiers, de problèmes provinciaux et de coûts imprévus
comme les travaux environnementaux.
Ce passage cité fait surgir certaines questions dans mon
esprit. Quelles sont les propriétés fédérales qui ralentissent le
processus de commercialisation? Deuxièmement, pourquoi la
commercialisation coûtera-t-elle plus cher? Troisièmement, combien
de plus? Quatrièmement, pourquoi le ministère n'a-t-il pas prévu
ces coûts ainsi que les intérêts tiers? Enfin, comment ces facteurs
diminueront-ils la rentabilité de quelles installations, au juste?
Mme Margaret Bloodworth: Je vais amorcer la réponse et je
demanderai à M. Sully d'en compléter les détails.
Lorsque nous cédons des installations qui nous coûtent de
l'argent, il faut habituellement prévoir un coût au départ. Lorsque
nous les cédons, nous réaliserons probablement et nous réalisons
souvent des économies, avec le temps, mais il y a des frais au
départ. Par exemple, dans le cas du fonds de cessions portuaires,
nous cédons souvent des ports assortis de fonds du Trésor fédéral
ce qui, en réalité, pour cette année-là, signifiera peut-être une
augmentation par rapport au coût réel d'opération. Nous consentons
cependant ces conditions parce que nous avons réussi à céder le
port à quelqu'un d'autre pour toujours.
Pour ce qui est des intérêts tiers et des provinces, dans le
cas de certains ports, les lits du port appartiennent à la
province, par exemple, ce qui peut entraîner certaines
complications lorsqu'il s'agit de savoir qui est le propriétaire de
quoi exactement, et ce que chacun est prêt à céder. Certaines
provinces ne démontrent guère d'empressement à participer à la
cession. Nous avons eu des discussions prolongées avec Terre-Neuve,
par exemple.
• 1655
Un autre exemple d'intérêts tiers est celui des Autochtones.
La décision Delgamuukv nous a amenés à revoir certaines de nos
installations, surtout en Colombie-Britannique et ailleurs, dans
les maritimes, quoique cela vaut aussi pour certains autres
endroits.
En gros—et on en parle à plusieurs reprises dans le rapport
sur le rendement—oui, il y a des frais associés aux cessions, mais
notre objectif, si je puis m'exprimer ainsi, est de réaliser des
économies à long terme. Mais les frais immédiatement engagés dans
bien des cas—et c'est pour cela qu'il y a un fonds de cessions
portuaires de 125 millions de dollars... Dans bien des cas, nous
cédons ces ports en même temps qu'un certain montant d'argent.
Vous avez quelque chose à ajouter, Ron?
M. Ronald Sully (sous-ministre adjoint, Programmes et
cessions, ministère des Transports): Seulement pour répondre à
votre dernière question, monsieur Anders, c'est-à-dire pourquoi
nous ne savions pas que cela se faisait?
Je suis sûr que vous comprenez que dans le cas de Nav Canada,
par exemple, où il y avait cession de 500 propriétés, baux ou
instruments concernant ces propriétés, ainsi que dans le cas des
ports, où il y a cession de plus de 500 ports et havres de moindre
importance, il est difficile de savoir précisément, d'entrée de
jeu, exactement combien il en coûtera lorsqu'il s'agit de choses
comme les correctifs écologiques, par exemple. Dans le seul cas de
Nav Canada, par exemple, nous avons découvert qu'il nous en coûte
plus et que c'est plus long que prévu. Nous avons dû tirer une
ligne zéro pour chacune de ces propriétés pour ensuite négocier
avec Nav Canada à savoir combien de correctifs il faudrait
apporter.
Voilà qui ajoute à l'incertitude, c'est pourquoi il a fallu
plus de temps et, dans certains cas, pourquoi les prêts sont plus
élevés.
Le président: Encore une question d'une minute, de n'importe
qui.
Monsieur Anders, vous en avez une autre?
Voilà qui met fin à notre étude. Merci beaucoup, encore une
fois.
Je vous rappelle tous que mercredi, la semaine prochaine, dans
la salle 371 de l'édifice de l'Ouest, on nous fera un topo sur les
systèmes de transport intelligents. C'est une réunion publique et
vous êtes tous invités.
Merci beaucoup à toutes et à tous.