STANDING COMMITTEE ON HUMAN
RESOURCES DEVELOPMENT AND THE STATUS OF PERSONS
WITH DISABILITIES
COMITÉ PERMANENT DU
DÉVELOPPEMENT DES RESSOURCES
HUMAINES ET DE LA CONDITION DES PERSONNES HANDICAPÉES
TÉMOIGNAGES
[Enregistrement électronique]
Le mardi 13 juin 2000
• 0910
[Traduction]
Le président (M. Peter Adams (Peterborough, Lib.)): Mesdames
et messieurs, nous allons commencer, conformément au paragraphe
108(2) du Règlement, une étude sur la situation actuelle des plans
d'avenir des prêts canadiens aux étudiants. Cette étude prendra la
forme d'une table ronde. Je vais tenter de vous expliquer comment
nous allons procéder.
Les gens du ministère du Développement des ressources humaines
qui sont ici, David Good et Thomas Townsend, commencerons par faire
un bref exposé. Je connais un grand nombre des témoins qui sont ici
et je souhaite la bienvenue à tous, mais je vous connais tous
suffisamment bien pour savoir que vous pourriez parler de ce sujet
pendant plusieurs heures. Quand les présentations auront été faites
comme je vais vous l'expliquer, j'espère qu'après les représentants
du ministère du Développement des ressources humaines, chacun des
autres témoins fera une très brève déclaration.
Nous avons reçu certains de vos mémoires et je dois vous dire
que nous vous en remercions. Il font partie intégrante de nos
délibérations. Mais je crois qu'il serait préférable pour nous tous
que vos déclarations liminaires soient très brèves. Nous avons
beaucoup de temps, mais vous pourrez compléter vos observations
lors de l'échange de vues que nous aurons ensuite. Si vous pouviez
limiter vos déclarations liminaires à deux ou trois minutes, après
celles du ministère, je vous en serais très reconnaissant.
Au nom du comité, je tiens à vous souhaiter la bienvenue à
tous. Comme vous le savez, notre comité procède depuis le mois de
janvier à des audiences publiques. Nous n'avons donc pas pu suivre
d'aussi près que nous l'aurions souhaité certains dossiers qui
intéressent le comité.
Nous profitons de cette occasion pour nous pencher sur le
Programme canadien de prêts aux étudiants que l'on est en train de
modifier, comme vous le savez tous. Ces changements sont en cours
et nous allons apprendre où ils en sont. Normalement, notre comité
aurait procédé à ces audiences en février, mais cela n'a pas été
possible. Nous sommes un peu en retard.
Je suppose que vous pouvez voir le nom de mes collègues. Ils
vont se présenter le moment venu. Veuillez dire qui vous êtes. J'ai
quelques présentations à faire, après quoi nous passerons aux
déclarations. Je vais donner la parole aux représentants du
ministère, après quoi je passerai aux témoins dans l'ordre où ils
figurent sur la liste. Toute le monde est d'accord?
Nous allons commencer par Gerry Brown.
M. Gerald Brown (président, Association des collèges
communautaires du Canada): Je suis Gerry Brown, président de
l'Association des collèges communautaires du Canada.
M. David Robinson (directeur, Politique officielle et
communications, Association canadienne des professeures et
professeurs d'université): Je suis David Robinson, directeur de la
politique officielle et des communications de l'Association
canadienne des professeures et professeurs d'université.
M. Robert Best (directeur, Relations gouvernementales et
affaires publiques, Association des universités et collèges du
Canada): Je suis Bob Best. Je suis le directeur des relations
gouvernementales et des affaires publiques de l'Association des
universités et collèges du Canada.
M. Paul Kitchin (directeur exécutif, Association nationale des collèges de
carrières): Je suis Paul Kitchin. Je suis le directeur de
l'Association nationale des collèges carrières.
M. Brad Wuetherick (président, Conseil canadien des études
supérieures): Je suis Brad Wuetherick. Je suis le président du
Conseil canadien des études supérieures.
M. David Good (sous-ministre adjoint, Investissement dans les
ressources humaines, ministère du Développement des ressources
humaines Canada): Je suis David Good, sous-ministre adjoint, Développement
des ressources humaines Canada.
M. Thomas Townsend (directeur général, Direction générale de
l'apprentissage et de l'alphabétisation, ministère du Développement
des ressources humaines Canada): Je suis Thomas Townsend, directeur
général de l'apprentissage et de l'alphabétisation, Développement
des ressources humaines Canada.
Mme Judy Stymest (membre du conseil d'administration,
Association canadienne des responsables de l'aide financière aux
étudiants): Je suis Judy Stymest. Je suis membre du conseil
d'administration de l'Association canadienne des responsables de
l'aide financière aux étudiants.
M. Frank Smith (coordonnateur national, Association nationale
des étudiants handicapés au niveau postsecondaire): Je suis Frank
Smith et je suis le coordonnateur de l'Association nationale des
étudiants handicapés au niveau postsecondaire.
M. Mark Kissel (directeur national, Alliance canadienne des
associations étudiantes): Bonjour. Je suis Mark Kissel, le
directeur national de l'Alliance canadienne des associations
étudiantes.
M. J.T.S. (Tom) Lumsden (directeur national, Financement de
l'éducation, Services bancaires aux particuliers et aux
entreprises, Groupe financier Banque royale, Financial Arrangements
Working Group): Bonjour. Je suis Tom Lumsden, directeur national du
Financement de l'éducation à la Banque royale et coprésident du
Financial Arrangements Working Group.
M. Michael Conlon (président national, Fédération canadienne
des étudiantes et étudiants—Conseil national des diplômés): Je
suis Michael Conlon, président national, Fédération canadienne des
étudiantes et étudiants.
• 0915
Le président: Très bien. Je voudrais signaler la présence de
personnes assises dans l'auditoire qui s'intéressent à la question
que nous étudions ce matin.
Bob Ballard est le chef de la direction d'EDULINX Canada
Corporation. Il s'agit d'un bureau de service canadien qui gère
actuellement 700 000 prêts pour plus de 400 000 étudiants
canadiens.
Mary Bushman, vice-présidente des relations gouvernementales
de AFSA Data Corporation est également dans la salle. Je crois
qu'AFSA est en train d'établir une filiale canadienne à Kingston,
en Ontario. AFSA est au service des étudiants emprunteurs depuis
une trentaine d'années. C'est le bureau de service des programmes
du gouvernement des États-Unis qui correspondent de très près au
Programme canadien de prêts aux étudiants.
Si cela vous intéresse, ces deux groupes ont mis des brochures
à votre disposition sur la table.
Je crois également qu'Andrew Brouwer est dans la salle. Andrew
est-il là? Je ne crois pas. Nous le présenterons peut-être plus
tard.
Voilà pour les présentations. Nous allons commencer par le
ministère du Développement des ressources humaines, après quoi nous
passerons aux déclarations liminaires.
David Good.
M. David Good: Merci, monsieur le président et bonjour. C'est
un grand plaisir que d'être ici ce matin pour parler avec vous de
l'important sujet qu'est le Programme canadien de prêts aux
étudiants.
[Français]
J'aimerais remercier le président et les membres du
comité permanent de nous offrir l'occasion de leur
expliquer où en est la mise en oeuvre du nouveau régime
de financement pour l'aide financière directe aux
étudiants.
[Traduction]
Je voudrais commencer par remercier le comité de son rapport
sur l'accès aux études postsecondaires. Nous avons apprécié
l'invitation à comparaître devant lui l'an dernier. Je dois dire
que ce rapport s'est avéré utile et que nous continuerons de nous
en inspirer pour améliorer le programme.
Je tiens aussi à vous dire que nous avons entamé une série de
consultations continues avec des représentants de notre communauté
d'intervenants et avec les gouvernements provinciaux. Nous avons
partagé avec ces personnes toute la documentation disponible
concernant l'initiative et le financement direct et il s'agit pour
nous d'un aspect primordial du processus.
[Français]
Permettez-moi
de vous rappeler brièvement les étapes qui ont
conduit à la situation actuelle.
[Traduction]
En prévision de l'échéance de son entente actuelle avec les
institutions financières, le gouvernement du Canada a entrepris
avec elles des négociations en vue de refinancer le Programme
canadien de prêts aux étudiants. Comme vous le savez, ces
négociations n'ont pas suscité l'intérêt d'un nombre de prêteurs
suffisant pour assurer le maintien d'un service national viable et,
le 9 mars 2000, le gouvernement a annoncé qu'il instaurerait le
financement direct afin de pouvoir continuer à aider les étudiants.
Étant donné le peu de temps dont nous disposons pour mettre en
oeuvre le régime de financement direct, nous avons scindé en deux
étapes notre plan général de mise en oeuvre. Il y a d'abord une
phase de transition pour la période d'août 2000 à février 2001 et
une démarche à plus long terme comprenant la sélection d'un
fournisseur de services et la refonte du Programme canadien de
prêts aux étudiants.
Nous croyons important de tenir compte à la fois des problèmes
à court terme et des problèmes à long terme. Dans l'immédiat, nous
nous employons à assurer une transition harmonieuse et à améliorer
le niveau de services offert aux étudiants emprunteurs. À plus long
terme, nos relations avec les intervenants nous permettront
d'apporter des améliorations au programme globalement.
Le travail présentement effectué au ministère vise à assurer
l'absence de toute interruption du PCPE. Les provinces sont
disposées à assurer le maintien du processus de demande,
d'évaluation des besoins et de délivrance des certificats
d'admissibilité. Le ministère veillera à ce que de l'argent soit
disponible pour les étudiants emprunteurs.
Les étudiants ayant des besoins financiers continueront de
recevoir une assistance financière pendant la période de
transition, qui débutera le 1er août. Le gouvernement du Canada
prendra les mesures nécessaires pour que les étudiants soient
amplement informés de la façon de procéder pour continuer à accéder
au programme.
Je voudrais dire quelques mots au sujet des versements.
Pendant la période de transition, il n'y aura pas de changements
pour les étudiants dans le versement des prêts. Le ministère a
entrepris une série de discussions avec les institutions
financières pour qu'elles versent des fonds aux étudiants durant la
présente année seulement et qu'elles gèrent ensuite le prêt jusqu'à
ce qu'un fournisseur de services soit prêt à prendre la relève pour
la gestion et l'administration des prêts.
• 0920
Donc, selon l'entente conclue, les étudiants continueront de
recevoir des banques l'argent de leurs prêts et le gouvernement
remboursera ensuite les institutions financières. Plus
spécifiquement, la Banque Royale, la Banque Canadienne Impériale de
Commerce, la Banque Scotia, la Banque Nationale, les Caisses
populaires et les coopératives de crédit ont provisoirement convenu
de débourser les prêts d'étude au nom du gouvernement du Canada
pendant la période du 1er août 2000 au 29 février 2001. Cet
arrangement permettra au gouvernement de trouver un tiers
fournisseur de services pour administrer et gérer les prêts de
façon pratique.
Les communications sont essentielles à l'instauration réussie
du régime de financement direct. Pendant les 4 à 12 mois qui
viennent, notre priorité sera de bien faire comprendre à tous les
étudiants comment fonctionne le nouveau régime, quelles sont leurs
responsabilités et ce qu'ils doivent faire, le cas échéant, au
cours de la phase de transition.
De nouveaux pouvoirs législatifs et réglementaires sont mis en
place aux fins de l'instauration du régime de financement direct.
Pour donner au gouvernement du Canada l'autorité d'instaurer le
financement direct, les changements requis à la Loi fédérale sur
l'aide financière aux étudiants ont été inclus dans le projet de
loi d'exécution du budget, qui est présentement devant le Sénat.
Comme il l'a annoncé le 9 mars, le gouvernement du Canada
conclura un marché avec des fournisseurs de services pour
administrer et gérer les prêts pendant les études des emprunteurs
et tout au long du remboursement. Une relation contractuelle
directe avec les fournisseurs de services améliorera le service aux
étudiants et permettra de profiter d'occasions d'innover et de
réduire les coûts.
Le 20 mars, nous avons lancé une demande de renseignements
afin d'évaluer l'intérêt d'éventuels fournisseurs de services. DRHC
a reçu 15 réponses à cette demande et nous avons rencontré, au
début de mai, les répondants, les provinces et les parties
intéressées. Une demande de proposition sera lancée sous peu, de
sorte que le marché puisse être adjugé suffisamment à l'avance pour
que les fournisseurs de services choisis soient pleinement
opérationnels d'ici au 1er janvier 2001.
J'aimerais maintenant, monsieur le président, revenir très
brièvement aux stratégies à long terme qui sont envisagées pour
améliorer l'administration et la gestion du programme canadien de
prêts aux étudiants. La nouvelle façon de mettre en oeuvre le
Programme canadien de prêts aux étudiants offrira au gouvernement
fédéral l'occasion de se pencher sur plusieurs des préoccupations
de longue date concernant la gestion du programme. Elle permettra
également d'améliorer les niveaux de services et la communication
avec les étudiants tout en réduisant la complexité des produits
financiers courants.
Nous croyons que le gouvernement du Canada bénéficie d'une
excellente occasion d'adopter une stratégie pour la gestion et
l'administration en direct du Programme canadien de prêts aux
étudiants. Les procédures actuelles de prêts sont onéreuses et
consomment beaucoup de papier.
De plus, la possibilité d'utiliser la technologie et des
processus exploitables sur le Web pourrait rehausser le niveau de
services aux étudiants. La clientèle du PCPE est très douée avec
l'Internet; des mesures pourront être prises pour simplifier une
bonne part de la paperasse liée à l'assistance financière aux
étudiants, au moyen d'une série de procédures exécutables en
direct. Toutefois, nous devons garder à l'esprit la nécessité de
fournir aussi un service de première qualité aux étudiants qui
n'ont pas accès à Internet ou qui choisissent d'utiliser un autre
moyen.
La décision de financer directement le Programme canadien de
prêts aux étudiants donne au gouvernement du Canada une occasion de
solidement implanter et de mettre en pratique les principes et les
processus de la gestion gouvernementale moderne. Plus
particulièrement, le gouvernement fédéral et le ministère
responsable y trouveront une occasion de joindre l'information
financière avec des résultats tangibles, tout en présentant
régulièrement des rapports précis au Parlement.
Je voudrais maintenant résumer et conclure, monsieur le
président.
Le processus de mise en oeuvre du régime de financement direct
à des prêts aux étudiants comporte plusieurs étapes cruciales. Il
a été convenu, après discussion avec les provinces, qu'aucune
modification ne serait apportée aux étapes initiales de
l'administration des prêts. Nous en sommes à la mise au point des
arrangements avec les institutions financières participantes pour
le versement des fonds aux étudiants au cours de la prochaine année
de prêts. Nous avons aussi entrepris des démarches en vue de
conclure un marché avec un ou plusieurs fournisseurs de services à
l'automne, afin de s'assurer du fonctionnement de ces services dès
le 1er janvier 2001.
• 0925
Nous veillerons donc à ce qu'à court terme, le versement des
prêts d'études ne soit pas interrompu; de plus, nous nous attendons
à ce que le régime de financement direct entraîne, avec le temps,
une amélioration marquée des services aux étudiants emprunteurs.
Nous anticipons une plus grande cohérence dans la prestation du
programme et une plus grande marge de manoeuvre pour l'adapter aux
besoins particuliers des étudiants.
Je tiens à remercier une fois de plus le président et les
membres de ce comité de nous avoir offert cette occasion de parler
du nouveau programme de financement direct. Je me ferai un plaisir
de participer à cette table ronde avec les membres du comité et
avec les intervenants.
Merci, monsieur le président.
Le président: Merci beaucoup, David.
J'ai omis de mentionner que nous sommes réunis ici aujourd'hui
à la suite d'une motion proposée par Libby Davies, une députée de
Vancouver-Est.
Je suis désolé, Libby. J'ai oublié de le mentionner lorsque
nous avons commencé.
Comme je l'ai expliqué, nous allons maintenant suivre l'ordre
du jour. Cela va aider les interprètes, mais cela veut dire que les
caméras vont se déplacer si bien que vous allez devoir indiquer
clairement votre nom.
Je crois que tout le monde a l'ordre du jour. Nous commençons
par Gerry Brown. Une très brève déclaration, Gerry.
[Français]
M. Gerald Brown: Merci beaucoup, monsieur le
président, pour l'occasion qui m'est donnée de me
trouver parmi vous ce matin.
[Traduction]
Les prêts aux étudiants et, bien entendu, la dette étudiante
sont des questions prioritaires pour notre association.
Je voudrais vous parler un peu de notre association.
L'Association des collèges communautaires du Canada regroupe les
collèges, les instituts techniques et les cégeps. Elle compte 175
membres.
Nos établissements d'enseignement sont répartis dans 900
villes du pays. Nous avons un demi-million d'étudiants à plein
temps, un million et demi d'étudiants à temps partiel et nous
faisons beaucoup de formation et de formation professionnelle, ce
qui vous donne une certaine idée du rôle et de l'importance que le
Programme de prêts aux étudiants revêt pour notre organisation.
Le message que je voudrais vous faire comprendre, en ce qui
concerne notre association et nos membres, est que le monde
collégial est très différent du monde universitaire dans lequel la
plupart d'entre nous ont évolué. C'est un monde de formation de
même qu'un monde d'éducation. Il a tendance à attirer une clientèle
beaucoup plus âgée, et par conséquent, des étudiants qui sont
beaucoup plus déterminés. Il a tendance à aider les personnes
désavantagées sur le plan économique. Bien entendu, il dépend
beaucoup des programmes gouvernementaux. Le fait que nous
développons des compétences nous conduit à dispenser une formation
professionnelle et à contribuer à la prospérité économique du pays.
Mais le plus important est que nous avons vu le jour à peu
près en même temps que le Programme canadien de prêts aux
étudiants. Lorsque ce programme a été conçu, il ne tenait sans
doute pas compte des collèges. Nous avons fait notre apparition à
peu près à la même époque, dans les années 60.
Les membres de notre association tiennent à faire une
distinction entre les questions à court terme et à long terme
auxquelles le comité est confronté. À court terme, nous sommes d'un
optimisme prudent quant à la décision de confier de nouveau au
gouvernement le Programme de prêts aux étudiants. Nous croyons que
c'est nécessaire. Nous sommes certains que cela améliorera les
services aux étudiants. Nous avons trouvé encourageant d'entendre
les observations de David Good.
Nous demeurons toutefois préoccupés à l'égard de la politique
de désignation. Nous estimons que les établissements demeurent
pénalisés injustement à la suite des décisions prises par les
anciens étudiants et cela se répercutera sur les étudiants futurs.
À notre avis, il faudrait clarifier beaucoup plus la question du
défaut de paiement, les statistiques qui s'y rapportent et la
gravité réelle du problème. Il y a beaucoup d'inconnues, selon
nous.
Notre association se doit de faire part au comité de ses
préoccupations quant à la viabilité à long terme du programme.
Permettez-moi cependant de souligner que nous reconnaissons tous
les efforts déployés par DRHC pour répondre aux besoins des
étudiants. Nous jouons un rôle actif dans le milieu.
Notre association s'est dotée d'un processus par lequel elle
se fixe des priorités. L'endettement des étudiants continue d'être
l'une de nos grandes priorités. C'est d'ailleurs le problème qui
inquiète le plus les administrateurs, les étudiants, les
professeurs et les collectivités.
Nous avons constitué un groupe de travail il y a environ un an
et demi que nous avons chargé d'étudier la question. Comme les
travaux de ce comité sont toujours en cours, nous n'avons pas
encore de conclusions à soumettre au comité. Le groupe de travail
a cependant dégagé quatre facteurs importants liés à l'endettement.
Nous savons tous évidemment que le niveau d'endettement des
étudiants est élevé. J'aimerais attirer l'attention du comité sur
le fait que ce niveau d'endettement n'est pas totalement
attribuable aux programmes de prêts étudiants et au phénomène de la
cessation de paiement.
Nous avons en effet constaté qu'il ne s'agissait que de la
pointe de l'iceberg. Nos recherches démontrent que de nombreuses
familles ne peuvent pas obtenir de prêts et qu'elles doivent donc
obtenir une seconde hypothèque, emprunter sur leurs cartes de
crédit et prendre toutes sortes d'autres moyens pour financer les
études des enfants. Cet endettement s'ajoute à l'endettement
découlant du programme canadien de prêts pour étudiants. Nous
craignons que ce phénomène ait des conséquences à long terme pour
la génération future et pour l'économie canadienne.
• 0930
À notre avis, la question de l'accessibilité aux études, le
coût élevé des études ainsi que le niveau d'endettement élevé des
étudiants constituent tous des problèmes qui méritent d'être
étudiés. Il importe de mentionner que ces facteurs se répercutent
sur le nombre d'inscriptions dans les établissements d'enseignement
ainsi que le nombre de diplômés. En outre, les étudiants
choisissent des domaines d'études en fonction de leurs revenus.
Nous estimons également qu'il faudrait qu'il y ait une plus grande
cohérence entre les différents programmes fédéraux comme
l'assurance-emploi et les accords de développement de la
main-d'oeuvre qui ont été signés avec les provinces étant donné
leur lien avec l'éducation.
S'il semble qu'on ait réglé pour l'instant le problème
immédiat, nous encourageons le comité à réfléchir à la façon dont
on pourrait renouveler le système. Le monde a en effet changé
depuis la création de ce système en 1960 et nous estimons qu'il
convient maintenant de réévaluer les principes sur lesquels il
repose.
Je vous remercie.
Le président: Je vous remercie beaucoup, Gerry.
J'accorde maintenant la parole à M. Bob Best de l'AUCC, qui
sera suivi de M. Mark Kissel de l'ACHE.
M. Robert Best: Je vous remercie, monsieur le président.
L'Association des universités et collèges du Canada représente
les universités et les collèges qui accordent des diplômes au
Canada. Nous vous remercions beaucoup de l'occasion qui nous est
donnée de comparaître devant le comité aujourd'hui.
Nous approuvons de tout coeur l'engagement du gouvernement
fédéral envers le PCPE et sa participation à l'aide aux étudiants.
Nous collaborons étroitement avec DRHC et d'autres membres du
Groupe consultatif national sur l'aide financière aux étudiants
pour faciliter la transition vers le programme de prêts directs.
Nous félicitons le ministère d'avoir consulté les membres du Groupe
consultatif national et d'avoir déployé tous les efforts voulus
pour assurer une transition sans heurt.
[Français]
Nous espérons que le passage aux prêts directs donnera
l'occasion d'améliorer le programme, par exemple au
chapitre de l'ensemble des services aux étudiants et de
la transparence, en particulier en élargissant l'accès
du public aux données
justes et pertinentes sur le
non-remboursement des prêts, que les institutions
financières considéraient comme des renseignements
exclusifs.
Nous attendons avec intérêt la prochaine étape de
consultation sur les changements substantiels au
programme que le ministère dit vouloir apporter cet
automne. Pour le moment, permettez-moi de mentionner
brièvement trois points qui ne sont pas réglés et qui
réclameront notre attention.
[Traduction]
Je vous ai remis un résumé de mon mémoire. Je ne le lirai pas au
complet. Permettez-moi cependant d'exposer brièvement trois points
essentiels.
Le premier point sur lequel nous voulons attirer votre
attention est celui de la nécessité d'évaluer les besoins des
étudiants. À l'issue de la table ronde qu'il a tenue en 1997, le
comité a recommandé un changement que nous continuons d'appuyer. À
l'heure actuelle, si un étudiant gagne plus de 600 $—ce qui
comprend sa bourse d'études et tout revenu d'emploi—80 p. 100 du
revenu supérieur à 600 $ est défalqué de son prêt. Nous pensons que
le revenu maximal devrait être porté à 3 000 $, ce qui serait
conforme au changement annoncé dans le Budget à une disposition
semblable de la Loi de l'impôt sur le revenu.
Deuxièmement, les dispositions sur la réduction de la dette
des étudiants, un changement important annoncé dans le budget de
1998, n'ont pas encore été complètement mises en oeuvre. Je sais
que le ministère fait de son mieux pour que ces dispositions soient
mises en oeuvre le plus rapidement possible. Jusqu'ici, peu de gens
ont pu s'en prévaloir.
Enfin, je me fais l'écho des observations faites par Gerry
Brown au sujet de la définition de «cessation de paiement». Aux
États-Unis, on considère qu'il y a cessation de paiement lorsqu'un
paiement n'a pas été payé depuis 270 jours. Au Canada, le délai est
de 90 jours. La demande de propositions présentée en janvier
mentionnait un délai de 50 jours.
Voilà qui met fin à mon exposé, monsieur le président. Je vous
remercie.
Le président: Je vous remercie d'avoir été bref, Bob. Comme je
l'ai déjà mentionné, nous vous savons gré de nous avoir fourni des
documents.
J'accorde maintenant la parole à M. Mark Kissel de l'Alliance
canadienne des associations étudiantes, qui sera suivi de Judy
Stymest de l'Association canadienne des responsables de l'aide
financière aux étudiants.
Mark Kissel.
M. Mark Kissel: Je vous remercie.
Monsieur le président et mesdames et messieurs, je m'appelle
Mark Kissel et je suis directeur national de l'Alliance canadienne
des associations étudiantes. Je me fais ce matin le porte-parole de
300 000 étudiants de niveau postsecondaire au Canada.
• 0935
Compte tenu de la situation actuelle, le défi consiste à
assurer la viabilité du Programme canadien de prêts aux étudiants.
Notre association vous a soumis un mémoire et j'aimerais brièvement
en faire ressortir deux points.
Le nouveau Programme canadien de prêts aux étudiants entrera
en vigueur le 1er août. Nos membres appuient la décision prise par
le gouvernement de recommencer à s'intéresser à tous les aspects du
Programme de prêts aux étudiants, c'est-à-dire à la mise en oeuvre
du programme, à sa gestion et au recouvrement des prêts impayés.
Le défi le plus immédiat qui doit être relevé en ce qui touche
le système est d'améliorer les communications avec les étudiants
qui sont sur le point de commencer des études postsecondaires ainsi
qu'avec les étudiants qui participent déjà au Programme canadien de
prêts étudiants.
Un bon plan de communication assurera une transition sans
heurt vers le nouveau PCPE. Nous avons été satisfaits jusqu'ici de
l'information qui nous a été transmise et des occasions qui nous
ont été données de faire connaître notre point de vue, mais nous
voulons maintenant en savoir davantage sur l'avenir des
fournisseurs de services et sur ce qu'ils ont à offrir aux
étudiants canadiens.
Monsieur le président, notre association estime qu'on devrait
avant tout demander de nouveaux fournisseurs de services qui
offrent des services de qualité aux étudiants qui participent au
PCPE. Les étudiants sont des clients importants et il convient
d'attacher de l'importance à la façon dont le fournisseur de
services renseigne les étudiants sur l'état de leur prêt, sur les
services à la clientèle prévue et sur les diverses méthodes de
remboursement qui sont offertes aux étudiants.
En outre, on s'attendrait à ce que des employés compétents et
bien formés puissent répondre rapidement et avec exactitude aux
questions portant sur les diverses méthodes de remboursement et
puissent notamment rencontrer à cet égard les étudiants et les
responsables des établissements d'enseignement postsecondaire.
L'avenir du Programme canadien de prêts aux étudiants repose sur
l'amélioration des communications et l'ACAE presse le gouvernement
de tenir compte de ce facteur lorsqu'il s'agira de choisir un
fournisseur de services.
Le niveau des taux d'intérêt a aussi une grande incidence sur
le PCPE. À l'heure actuelle, le taux d'intérêt sur les prêts
étudiants est le taux préférentiel plus 2,5 p. 100 et le taux
préférentiel plus 5 p. 100 pour le taux flottant et le taux fixe
respectivement. Étant donné que les étudiants peuvent obtenir des
lignes de crédit des mêmes prêteurs à un taux correspondant au taux
préférentiel plus 1 p. 100, pourquoi ne peuvent-ils pas leur offrir
le même taux pour leurs prêts étudiants? Les taux d'intérêt élevés
demandés sur les prêts étudiants sont un autre facteur important
qui explique l'endettement étudiant et qui réduit l'accessibilité
aux études, ce qui, à son tour, influe sur la prospérité financière
future des étudiants et la capacité des diplômés à participer
pleinement à l'économie.
Monsieur le président, l'ACAE recommande que le gouvernement
fédéral réévalue les taux d'intérêt s'appliquant aux prêts
étudiants. Le gouvernement prendrait une mesure concrète et
efficace afin d'assurer la viabilité du Programme canadien de prêts
aux étudiants en faisant en sorte que les taux d'intérêt demandés
sur ces prêts soient raisonnables et compétitifs.
Je vous remercie encore une fois de m'avoir donné l'occasion
de vous présenter mes vues sur la question. Je me réjouis de
pouvoir participer à la discussion qui suivra.
Le président: Je vous remercie beaucoup, Mark.
J'accorde maintenant la parole à Mme Judy Stymest de
l'Association canadienne des responsables de l'aide financière aux
étudiants. Elle sera suivie de David Robinson de l'ACPPU.
Judy.
Mme Judy Stymest: Bonjour. Je m'appelle Judy Stymest et je
représente l'Association canadienne des responsables de l'aide
financière aux étudiants. Je vous remercie de l'occasion qui m'est
donnée de participer à ces consultations.
Les membres de l'ACRAFE sont des employés professionnels et
administratifs d'universités, de collèges et d'institutions
techniques qui participent directement aux programmes d'aide
financière et de bourses aux étudiants. Le personnel en question
conçoit, fait connaître, décerne et verse les contributions aux
étudiants sous forme de prêts, subventions ainsi que de bourses
d'études et d'entretien. Les administrateurs de l'aide financière
dans les maisons d'enseignement postsecondaire ont une occasion
unique d'interagir avec un grand nombre d'étudiants de milieux
divers.
Parmi les nombreuses questions qui ont trait au Programme
canadien de prêts aux étudiants, nous aimerions en relever cinq ce
matin. La question du financement direct vient en tête de nos
préoccupations. Il convient à cet égard d'adopter des mesures pour
que la transition à partir de l'actuel programme de partage des
risques réduise au minimum les difficultés pour les étudiants
emprunteurs.
Par exemple, à court terme, il est nécessaire d'adopter une
stratégie exhaustive de communication afin de tenir les étudiants
et les institutions postsecondaires au courant de l'évolution de la
situation et de mettre en oeuvre un processus simplifié et clair en
ce qui concerne les obligations liées aux prêts indirects. À moyen
terme, nous espérons évoluer vers un système électronique pour les
demandes et le traitement. À long terme, nous recommandons un
système simplifié et harmonisé de prêts et d'aide aux étudiants qui
facilitera leur accès au lieu de l'entraver.
Nous avons aussi certaines préoccupations au sujet de l'aide
aux étudiants à temps partiel. À court terme, il y a lieu
d'entreprendre une étude exhaustive des programmes actuels d'aide
aux étudiants à temps partiel (le PCPE pour étudiants à temps
partiel ainsi que les subventions canadiennes pour études),
généralement considérés comme très problématiques et inadéquats.
L'objectif à moyen terme serait une restructuration majeure des
programmes.
• 0940
Nous avons également des préoccupations au sujet de la
réduction de la dette en cours de remboursement. À court terme,
DRHC et le ministère des Finances devraient apporter les
modifications nécessaires au programme de réduction de la dette en
cours de remboursement, afin que le gouvernement honore
l'engagement qu'il a pris dans le budget de 1998 de remédier aux
graves problèmes d'endettement des étudiants.
Nous nous intéressons aussi à l'évaluation des besoins. Compte
tenu de l'examen des besoins effectué récemment, l'objectif à long
terme devrait être de régler les problèmes majeurs recensés dans
l'étude. Toutefois, à court terme, il est recommandé que
l'exemption passe de 600 $ à 3 000 $, ce qui serait compatible avec
les modifications récentes de la réglementation de l'impôt sur le
revenu.
Enfin, l'ACRAFE recommande qu'on établisse un programme
d'alternance travail-études fédéral en tant que partie intégrante
du système fédéral d'aide financière aux étudiants. Le programme en
question permettrait aux étudiants qui ont les besoins les plus
criants d'obtenir des fonds additionnels sans augmenter leur dette.
L'ACRAFE prêche depuis longtemps en faveur d'un tel programme
car il procure des avantages à tous les participants. Les étudiants
en profitent de deux façons. D'abord financièrement en gagnant un
revenu non remboursable qui leur permet de répondre à leurs besoins
tout en limitant leur endettement. De même, ils peuvent acquérir
des compétences et des connaissances qui facilitent leur entrée
éventuelle sur le marché du travail.
Un programme de ce genre peut avoir un effet multiplicateur
important, car il contribue à l'objectif gouvernemental d'assurer
une sécurité et des débouchés aux Canadiens en investissant dans
leurs aptitudes, leurs connaissances et leur capacité
d'apprentissage.
Le président: Je vous remercie beaucoup.
J'accorde maintenant la parole à M. David Robinson de
l'Association canadienne des professeures et des professeurs
d'université. Il sera suivi de Michael Conlon de la Fédération
canadienne des étudiants, le Conseil national représentant les
diplômés.
David Robinson.
M. David Robinson: Je vous remercie, monsieur le président.
Au nom de l'Association canadienne des professeures et des
professeurs d'université, j'aimerais remercier le comité de
l'occasion qui nous est donnée de présenter nos vues sur la
situation actuelle et l'avenir du Programme canadien de prêts aux
étudiants.
Pour ceux d'entre vous qui ne le sauraient pas, l'ACPPU est la
voix nationale du corps professoral au Canada. Notre organisation
représente 30 000 professeurs d'université, bibliothécaires,
chercheurs et autres professionnels oeuvrant dans le secteur de
l'enseignement postsecondaire.
Étant donné que nous travaillons directement dans les
universités et les collèges canadiens, nous sommes bien conscients
des énormes difficultés financières auxquelles font face les
étudiants aujourd'hui. Disons d'entrée de jeu que bien qu'on ait
beaucoup parlé ces deniers mois de la viabilité du Programme
canadien de prêts aux étudiants, l'expérience nous porte à croire
que les préoccupations à cet égard ne sont qu'un symptôme d'un
problème sous-jacent plus profond qui touche l'enseignement
postsecondaire au Canada, à savoir la réduction depuis plusieurs
années du financement de base dans ce domaine.
Il faut s'attaquer à la cause première de l'endettement des
étudiants et de la hausse phénoménale des frais d'inscription. La
seule façon de régler ces problèmes est d'investir davantage de
fonds publics dans l'enseignement postsecondaire. La situation
actuelle est imputable tant que gouvernement fédéral qu'aux
gouvernements provinciaux. Les deux niveaux de gouvernement doivent
être prêts à réinvestir dans l'enseignement postsecondaire.
Si nous insistons surtout là-dessus aujourd'hui, comme nous le
faisons depuis un certain temps, nous estimons cependant aussi
qu'il convient d'apporter des changements importants au Programme
canadien de prêts aux étudiants. Maintenant que les banques ne
participeront plus à l'administration du programme, nous avons
l'occasion idéale de repenser le programme et de réparer les
dommages qui lui ont été causés au cours des dernières années.
Étant donné que le programme redeviendra un programme public,
notre association estime que le gouvernement doit s'assurer que son
mandat principal soit de favoriser l'accès à l'enseignement
postsecondaire de tous les élèves en mesure de faire des études à
ce niveau. À notre avis, il faudrait, à cet égard, que le
gouvernement prenne au moins trois mesures, sinon quatre.
Premièrement, nous pensons qu'il convient d'éliminer les
vérifications de crédit qui existent à l'heure actuelle.
Deuxièmement, nous recommandons au gouvernement d'abroger les
dispositions de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité qui
punissent indûment les bénéficiaires de prêts aux étudiants.
Troisièmement, nous recommandons la création d'un programme de
remboursement de la dette qui aidera vraiment ceux qui ont du mal
à rembourser leur prêt. Nous croyons savoir que le gouvernement
travaille actuellement à mettre en oeuvre ce genre de programme.
Enfin, nous voulons profiter de l'occasion pour réitérer nos
préoccupations au sujet du Fonds de dotation des bourses d'études
du millénaire. Nous estimons que ce fonds n'aide pas suffisamment
les étudiants. Nous pensons que le gouvernement devrait le
remplacer par un programme de subventions d'études entièrement
fondé sur les besoins des étudiants.
Je vous remercie.
Le président: Je vous remercie beaucoup, David.
J'accorde maintenant la parole à M. Michael Conlon, de la
Fédération canadienne des étudiants—Conseil national des diplômés.
Il sera suivi de Brad Wuetherick du Conseil national des diplômés.
M. Michael Conlon: Bonjour. Je m'appelle Michael Conlon. Je
suis le président national de la Fédération canadienne des
étudiants.
• 0945
La Fédération canadienne des étudiants a été fondée en 1981
pour représenter les intérêts politiques et les besoins en service
des étudiants du Canada. Notre association compte 400 000 étudiants
inscrits dans 60 collèges et universités répartis de St. John's à
Victoria.
Dans mon exposé de ce matin, j'aimerais vous entretenir très
brièvement de certains des défis qu'il nous faut relever en ce qui
touche le Programme canadien de prêts aux étudiants ainsi que des
possibilités qui s'offrent en raison du retrait des banques de
l'administration de ce programme.
À notre avis, le plus grand problème qui se pose à l'égard du
Programme canadien de prêts aux étudiants n'est pas vraiment
attribuable au programme lui-même, mais au fait que l'enseignement
postsecondaires est sous-financé et que le coût des études a
augmenté de façon phénoménale. Depuis 1990, les frais d'inscription
ont augmenté de 126 p. 100. Dans les programmes professionnels
comme le droit, des frais d'inscription de 10 000 $ sont courants.
Cette augmentation des frais d'inscription s'est accompagnée dans
la plupart des provinces d'une élimination des programmes de
subventions d'études. De nombreuses provinces, et en particulier
l'Ontario et la Nouvelle-Écosse, n'ont fait que verser dans le
Trésor public les fonds qui leur ont été accordés dans le cadre du
Fonds de dotation des bourses d'études du millénaire dont on a fait
grand cas dans le budget de 1998.
Nous considérons que le fait que les banques se retirent de
l'administration du Programme canadien des prêts aux étudiants nous
donne l'occasion de réévaluer le mandat de ce programme en ce qui
touche l'accessibilité aux études postsecondaires. On a beaucoup
parlé de la viabilité financière du programme, mais pas
suffisamment, à notre avis, du mandat qui a été confié en 1964 au
programme, c'est-à-dire de favoriser l'accessibilité aux études
postsecondaires.
Lorsque le programme reposait sur le partage des risques, de
grandes pressions se sont exercées, à notre avis, sur le
gouvernement fédéral pour qu'il fasse en sorte qu'il modifie le
mandat du programme pour que celui-ci se rapproche davantage d'un
programme de crédit à la consommation. C'est à cette fin qu'on a
commencé à faire des vérifications de crédit avant d'accorder des
prêts-étudiants. En outre, plusieurs importants changements ont été
apportés à la Loi sur la faillite et l'insolvabilité.
Les modifications apportées à cette loi ont fait l'objet de
larges consultations en 1997. Notre organisation était au nombre
des nombreuses autres organisations qui ont fait valoir que ce
serait une mauvaise idée d'interdire aux étudiants de faire
faillite. Malgré les arguments que nous avons fait valoir, la loi
a été modifiée de sorte qu'il devenait impossible aux étudiants de
déclarer faillite avant un délai de deux ans après l'obtention de
leur diplôme. En 1998, sans qu'il y ait de consultations publiques
sur le sujet, la loi a été modifiée de nouveau et l'interdiction de
faire faillite a été portée à 10 ans.
Je crois que nous discuterons ce matin honnêtement de l'avenir
du Programme canadien des prêts aux étudiants et des mesures qui
devraient être prises pour qu'il réponde mieux aux besoins des
étudiants. Je ne mâcherai cependant pas mes mots. La Loi sur la
faillite et l'insolvabilité porte incontestablement atteinte au
principe de l'égalité de tous les Canadiens devant la loi. En
outre, le gouvernement criminalise les étudiants dans un effort
pour régler le problème de l'endettement des étudiants.
La situation a deux conséquences marquées pour la société
canadienne. Premièrement, ceux qui ne sont pas en mesure de
rembourser leur prêt étudiant sont soumis pendant 10 ans au
harcèlement et aux pratiques humiliantes des agences de
recouvrement. L'une de ces agences cherche d'ailleurs maintenant à
devenir un fournisseur de services dans le cadre du Programme
canadien des prêts aux étudiants. Un message très clair est
transmis aux Canadiens qui ne peuvent pas financer des études
postsecondaires sans recourir à un emprunt: ne cherchez pas à faire
des études postsecondaires à moins d'être absolument sûrs de
rembourser votre prêt étudiant.
Gerry Brown a déjà fait allusion au fait que la plupart des
données sociologiques dont nous disposons montrent que ce qui
empêche surtout les étudiants d'avoir accès à des études
postsecondaires, c'est qu'ils craignent de s'endetter. Je serais
heureux de vous en dire un plus long là-dessus dans le cours de la
discussion.
Comme vous le savez, le Programme canadien des prêts aux
étudiants était au départ un programme social visant à aider les
Canadiens qui n'avaient pas les moyens financiers de faire des
études postsecondaires. Je crois que nous sommes tous favorables à
cet objectif. Or, pour que cet objectif soit atteint et que le
Programme canadien des prêts aux étudiants demeure un programme
social, la Fédération canadienne des étudiants recommande la mesure
suivante:
—Que le gouvernement fédéral rétablisse l'exemption de frais
d'intérêt de six mois accordée à partir de l'obtention du diplôme.
—Le gouvernement fédéral devrait immédiatement abroger les
changements rétrogrades accordés à la Loi sur la faillite et
l'insolvabilité.
—Développement des ressources humaines Canada devrait collaborer
avec le ministère des Finances à mettre en oeuvre le programme de
réduction de la dette promise dans le budget sur l'éducation de
1998. Je signale que ce programme n'est toujours pas en oeuvre
contrairement aux changements rétrogrades prévus dans le budget.
—Nous pensons également que la période de cessation de paiement
qui est actuellement de 90 jours devrait être portée à au moins
360 jours. Tout changement à la définition de cessation de paiement
devrait être proportionnel aux mesures punitives dont l'application
empêche les étudiants d'avoir accès au Programme canadien des prêts
aux étudiants et à toute autre aide financière qui leur permettrait
de rembourser leur prêt, y compris à une réduction des taux
d'intérêt et à une bourse du millénaire. Je serais très heureux de
vous donner plus de précisions sur cette recommandation.
—Enfin, en vue d'alléger l'endettement des étudiants et de
réduire les pressions qui s'exercent sur le Programme canadien des
prêts aux étudiants, nous recommandons que le Fonds de dotation des
bourses du millénaire serve à créer un système national de
subvention d'études fondé sur les besoins.
Merci.
Le président: Je vous remercie beaucoup.
Je vous signale que je suis au courant de votre première
recommandation depuis un certain temps. On reproche déjà à ce
comité de proposer de créer deux ou trois nouveaux ministères et je
me demande si nous pouvons vraiment recommander qu'on en crée un
autre.
• 0950
J'accorde maintenant la parole à M. Brad Wuetherick du Conseil
national des diplômés qui sera suivi de Tom Lumsden du Financial
Arrangements Working Group, lequel sera à son tour suivi de M. Paul
Kitchin. M. Frank Smith sera le dernier intervenant.
Monsieur Brad Wuetherick.
M. Brad Wuetherick: J'aimerais remercier les membres du comité
de me permettre de leur exposer mon point de vue aujourd'hui.
Je représente le Conseil canadien des diplômés, un organisme
créé au début des années 90 pour représenter les intérêts des
diplômés du pays. Bien que j'aimerais vous faire part de nombreuses
préoccupations au sujet de la situation actuelle et de l'avenir du
Programme canadien de prêts aux étudiants, je contenterai
d'insister sur trois d'entre elles étant donné le peu de temps dont
je dispose.
Il importe d'abord de reconnaître la place unique qu'occupent
les diplômés dans le système d'enseignement postsecondaire. Nous
sommes des étudiants, mais nous sommes également des enseignants,
des chercheurs, des mentors et des lauréats de prix. Les diplômés
ont tendance à être plus âgés. Nombre d'entre nous avons des
familles et nos frais de subsistance sont supérieurs à ceux qui
sont pris en compte dans le processus actuel d'évaluation des
besoins dans le cadre du Programme canadien de prêts aux étudiants.
À cela s'ajoute le fait qu'un programme innovateur comme le
programme des bourses du millénaire ne vise que les étudiants du
premier cycle, ce qui ne tient pas compte du fait que de nombreux
diplômés font partie de la catégorie des étudiants à besoin élevé.
Deuxièmement, le nouveau Programme canadien de prêts aux
étudiants doit être plus transparent et doit permettre un accès
plus large aux données provenant des divers intervenants et
notamment aux données sur l'aide financière accordée aux étudiants.
Les institutions financières ont constamment fait valoir qu'il
s'agissait d'une des lacunes de l'ancien système, lacune qui n'a
jamais été comblée. Le manque de données ne doit pas compromettre
la mise en oeuvre d'un nouveau programme de financement direct.
Troisièmement, à différentes réunions auxquelles participaient
des intervenants du milieu, des représentants fédéraux et
provinciaux de divers niveaux se sont engagés à chercher une
solution au problème de l'endettement croissant des étudiants. Le
problème de l'endettement des étudiants est aggravé dans le cas des
diplômés par le fait qu'un grand nombre d'entre eux traînent une
dette qu'ils ont contractée lorsqu'ils faisaient des études de
premier cycle.
Les gouvernements doivent s'engager à mettre en oeuvre des
politiques plus cohérentes en matière d'allégement des intérêts et
de réduction de la dette. En outre, les gouvernements devraient
songer à mettre en oeuvre des programmes comme la radiation des
prêts ou, idéalement, un système de subventions d'études ou de
bourses destinées aux étudiants dans le besoin. Le gouvernement
doit aussi s'attaquer à la cause première de l'endettement qui est
l'augmentation des frais de scolarité et des autres frais liés aux
études.
À titre d'exemple, les frais de scolarité d'un étudiant de
deuxième cycle à l'Université de l'Alberta ont augmenté en moyenne
de 198 p. 100 depuis 1991. Des 4 800 étudiants de deuxième cycle de
l'Université de l'Alberta, seulement 1 400 reçoivent une aide
financière qui s'élève en moyenne à 7 000 $ par année. Un certain
nombre d'autres étudiants sont bénéficiaires d'importants prix et
bourses ou reçoivent des fonds en vertu des fonds en fiducie
auxquels ont accès leur superviseur, mais il n'en demeure pas moins
qu'un nombre important d'étudiants ne reçoivent aucune aide
financière. Ces étudiants doivent compter exclusivement sur des
prêts pour financer leurs études. Il s'agit là de la cause de
l'endettement à laquelle doivent s'attaquer les gouvernements et
les intervenants.
Permettez-moi de vous citer les propos tenus par le directeur
de l'Alliance canadienne des associations étudiantes lors d'une
réunion tenue en 1998 à laquelle participaient les intervenants du
milieu:
Nous commençons maintenant à ressentir les effets des niveaux
d'endettement élevé des étudiants. Il importe de ne pas imputer le
blâme à cet égard aux étudiants, mais de reconnaître que le
problème est dû au manque de financement gouvernemental et à
l'augmentation du coût des études.
Je vous remercie.
Le président: Je vous remercie beaucoup Brad.
J'accorde maintenant la parole à M. Tom Lumsden du Financial
Arrangements Working Group.
M. Tom Lumsden: Bonjour. J'essaierai d'être très bref étant
donné que nous n'avons pas beaucoup de temps.
La prospérité à venir du Canada dépend de l'éducation de nos
jeunes et les institutions financières veulent participer avec les
étudiants, les gouvernements, les établissements d'enseignements,
et d'autres intervenants à un programme de prêts pour étudiants qui
est viable du point de vue commercial et qui soit à l'avantage de
tous les intervenants. Nous appuyons depuis toujours les étudiants
et nous avons pleinement l'intention de continuer à les appuyer
grâce à des services et des conseils financiers appropriés.
Nous ne croyons pas que le programme actuel de prêts pour
étudiants parrainé par le gouvernement réponde aux besoins des
étudiants qui accumulent des dettes importantes, ce qui donne lieu
à un taux plus élevé de défaut de paiement des prêts. Il est
toujours plus difficile pour les institutions financières de
continuer à appuyer des programmes quand les étudiants canadiens
nuisent à leur avenir parce que leur cote de crédit n'est pas très
bonne. On n'avait jamais prévu ou pensé que les institutions
financières financeraient les pertes de ce programme. Cependant,
les pertes sont trop élevées et nous ne croyons pas qu'il serait
responsable de notre part de continuer à accepter des pertes qui ne
seraient pas normalement acceptées par nos actionnaires.
En utilisant des données statistiques de DRHC, on juge qu'un
prêt est en défaut lorsque l'emprunteur ne fait pas de paiement
pendant 90 jours. Depuis 1992, les taux de défaut de remboursement
des prêts ont augmenté progressivement passant d'environ 20 p. 100
en 1992 au taux de pourcentage le plus élevé soit plus de 30 p. 100
en 1996; tout cela entraînait une augmentation des coûts
d'administration et de prestation des programmes parrainés par le
gouvernement.
• 0955
Au cours des quelques dernières années, les institutions
financières, d'autres intervenants, et le gouvernement ont
collaboré étroitement pour essayer de faire disparaître les lacunes
du programme. Le gouvernement a réagi en adoptant plusieurs
initiatives visant à répondre aux préoccupations énoncées, comme la
prolongation de l'exemption d'intérêt, le programme de réduction de
la dette, l'allégement fiscal au titre du paiement des intérêts qui
s'appliquent aux prêts parrainés par le gouvernement et le
programme de bourses du millénaire.
Ces mesures ont amélioré le rendement du portefeuille, mais il
existe encore une importante lacune que nous ne pouvons ignorer.
Grâce au programme de prêts directs, nous pourrions assurer:
l'harmonisation des programmes fédéraux et provinciaux; la
rationalisation et la simplification de programmes très alambiqués,
la désignation ou non-désignation d'établissements d'enseignement
et enfin, la communication claire et précise des responsabilités et
des obligations de l'emprunteur.
Dans un exposé présenté lors de la conférence nationale des
intervenants en 1998, les institutions financières ont fait
ressortir les problèmes et les lacunes qui persistent dans les
programmes actuels et leurs préoccupations l'égard de leur
viabilité future. Nous avons exhorté le gouvernement à agir
rapidement et à donner suite à ces préoccupations et à accélérer la
renégociation de contrats afin d'assurer suffisamment de temps pour
essayer de faire disparaître les lacunes des programmes.
Nous regrettons de n'avoir pu nous entendre sur la poursuite
des programmes; cependant, nous croyons que nous avons collaboré
étroitement avec le gouvernement depuis la création des programmes
à partage de risques, et nous nous engageons à continuer à
travailler avec le gouvernement pour respecter tous nos engagements
contractuels jusqu'à la fin de ce contrat, en juillet 2000.
Le président: Merci, Tom. Le Financial Arrangements Working
Group est le groupe qui a coordonné la participation des banques
à...
M. Tom Lumsden: C'est exact. Ce groupe a été constitué au
début du contrat sur le partage des risques afin de répondre aux
préoccupations qui avaient été énoncées. Il a été élargi pour
inclure des groupes comme l'ACS.
Le président: Je vous remercie de cette explication.
Nous passerons maintenant à Paul Kitchin de l'Association
nationale des Collèges Carrières.
M. Paul Kitchin: Merci, monsieur le président. J'aimerais vous
remercier ainsi que le comité d'avoir invité l'ANCC à présenter un
exposé sur cette question très importante.
J'aimerais vous dire quelques mots sur notre organisation.
L'ANCC est un organisme national à but non lucratif dont les
membres sont des institutions postsecondaires privées du pays tout
entier. Nous comptons plus de 500 membres que l'on retrouve dans
les petites, moyennes et grandes collectivités du Canada.
Les Collèges Carrières sont des écoles professionnelles ou des
écoles de métier privées régies et réglementées par des lois et
règlements provinciaux. Les Collèges Carrières accueillent plus de
100 000 étudiants chaque année. Plus de la moitié de ces derniers
dépendraient de programmes comme le PCPE pour aller à l'école.
Nous avons trois recommandations générales à formuler à votre
comité. Puis, nous avons quelques recommandations secondaires a
proposer.
La première recommandation générale est la suivante: que le
gouvernement fédéral poursuive ses activités visant l'harmonisation
des programmes provinciaux et fédéraux de prêts. Nous croyons que
cela permettra de régler nombre des problèmes en rationalisant le
système et en faisant bien comprendre aux étudiants qu'il s'agit
d'un prêt par étudiant.
La deuxième recommandation générale se lit comme suit: que le
gouvernement fédéral poursuive ses efforts visant à s'assurer qu'un
bon programme de communications entoure le programme, des
communications claires, conséquentes, et ciblées qui visent
vraiment à réduire le taux d'endettement, le taux de défaut de
remboursement des prêts, et qui offre de meilleurs services aux
étudiants.
Troisièmement, nous... Vous devez m'excuser, monsieur le
président, je n'ai pas mes notes sous les yeux. Je reviendrai à
cette recommandation tout à l'heure. J'aimerais passer aux
recommandations secondaires.
Pour ce qui est de l'évaluation des besoins, encore une fois
nous sommes d'accord avec nombre de témoins qui ont déjà comparu
devant vous; en effet, il faut augmenter le montant que les
étudiants sont autorisés à gagner avant qu'il n'ait un impact sur
l'évaluation de leurs besoins. Notre recommandation n'est peut-être
pas tout à fait aussi généreuse que celles d'autres intervenants.
Nous recommandons simplement qu'on autorise les étudiants à gagner
50 $ par semaine pendant leurs études; ainsi, l'étudiant qui
participe à un programme de 52 semaines pourrait gagner 2 600 $.
S'il s'agit d'un étudiant qui participe au programme traditionnel
de 34 semaines, il pourrait gagner 1 700 $. Quant à celui qui
participe à un programme plus court, 20 semaines, il pourrait
gagner 1 000 $ avant que cela n'ait un impact sur l'évaluation de
ses besoins.
• 1000
Nous avons entendu des suggestions et des préoccupations au
chapitre du paiement des prêts. Nous avons été encouragés
d'apprendre qu'il n'y aurait vraiment pas de changements quant à la
façon dont les prêts sont versés. Nous nous inquiétions
particulièrement du fait qu'au cours des dernières années, dans le
cadre du programme d'AE, les fonds pour frais de scolarité avaient
été remis directement aux étudiants. Cela posait des problèmes, et
nous encourageons donc le gouvernement, dans le cadre du programme
de financement direct, de n'apporter aucune modification—que les
frais de scolarité continuent à être versés directement aux
établissements d'enseignement.
Le président: Puis-je vous interrompre?
Chers collègues, nous allons nous renseigner. Nous voulons
savoir pourquoi la sonnerie se fait entendre. Je suppose que c'est
pour le quorum. Nous vérifierons.
Je m'excuse, Paul. Poursuivez. La sonnerie que nous entendons
est probablement pour le quorum.
Une voix: Non. C'est le début des travaux de la Chambre.
Le président: Ah, le début des travaux de la Chambre?
Je m'excuse Paul. Pardonnez-moi. J'avais oublié que je m'étais
levé si tôt ce matin. La Chambre commence ses travaux.
Des voix: Oh, oh!
Le président: Poursuivez.
M. Paul Kitchin: Très bien.
Pour ce qui est des paiements, nos membres ont certaines
préoccupations; ils désirent que le gouvernement fédéral étudie de
très près la portion indemnité de subsistance des prêts aux
étudiants qui sont versés à tous les mois aux étudiants, ou peut-être à
intervalle plus régulier, pour les aider à bien gérer leurs
finances et, nous l'espérons, une telle mesure aurait un impact
positif sur le niveau de défaut de remboursement.
D'aucuns ont parlé de l'adoption d'indicateurs de rendement
pour les établissements d'enseignement. L'ANCC désire que de bons
renseignements, des renseignements fiables, soient fournis aux
étudiants lorsqu'ils prennent des décisions sur leurs études
postsecondaires, et nous appuierions l'établissement d'indicateurs,
mais seulement si ces renseignements sont utiles et pertinents.
J'aimerais vous donner quelques exemples. Si nous parlons de
taux de succès, l'ANCC voudrait que le calcul des taux de succès
soit fondé sur le nombre total d'étudiants qui s'inscrivent à un
programme, et que l'on n'ignore pas simplement ceux qui décrochent
après deux mois, comme c'est le cas dans certaines provinces. Pour
ce qui est du taux d'emploi des diplômés, lorsqu'il est
pertinent—et ce n'est pas le cas pour tous les programmes—il
devrait refléter les emplois qui sont liés de façon marquée aux
études faites par l'étudiant.
Ça me rappelle la troisième recommandation dont je voulais
vous parler; nous croyons que le gouvernement devrait continuer à
insister auprès de tous les intervenants pour qu'ils rendent des
comptes relativement aux aspects du PCPE sur lesquels ils exercent
un contrôle. Tous les intervenants ont un rôle à jouer, et ils
devraient rendre des comptes sur les questions dont ils sont
directement responsables.
Très rapidement, pour ce qui est des fournisseurs de services,
encore une fois, nous recommandons que la définition de «cessation
de paiement» vise une période de plus de 90 jours. Nous allions
recommander un minimum de 270 jours, mais nous appuierions
certainement toute proposition visant à prolonger cette période à
360 ou 450 jours, comme certains l'ont proposé.
L'ANCC propose également que l'on effectue une étude, une
étude détaillée, des causes des défauts de remboursement, pas
simplement des principales causes, qu'il s'agisse du fardeau
d'endettement, de manque d'information, peu importe, mais qu'on
aille plus loin et qu'on étudie les causes secondaires—qu'est-ce
qui explique ces fardeaux d'endettement—de sorte que nous
puissions mieux comprendre exactement pourquoi les étudiants
emprunteurs ne remboursent pas leurs prêts.
Je signale enfin que l'ANCC appuie depuis plusieurs années le
concept d'un plan de remboursement établi en fonction du revenu.
Nous savons que des mesures ont été prises, notamment la
prolongation de l'exemption des intérêts et la réduction de la
dette, mais nos membres nous ont demandé d'exhorter le gouvernement
à se pencher à nouveau sur un programme de remboursement du genre.
Merci beaucoup, monsieur le président.
Le président: Merci beaucoup. Je m'excuse de vous avoir
interrompu tout à l'heure.
Les derniers intervenants représentent l'Association nationale
des étudiants handicapés au niveau postsecondaire, monsieur Frank
Smith.
M. Frank Smith: Au nom de l'Association nationale des
étudiants handicapés au niveau postsecondaire, NEADS, je tiens à
remercier les députés de nous avoir offert l'occasion de participer
à cette importante table ronde sur le Programme canadien de prêts
aux étudiants.
Notre association représente les étudiants et les diplômés
handicapés du niveau postsecondaire du Canada; nos membres veulent
avoir plein accès à une éducation universitaire et collégiale.
• 1005
Pour suivre des études au niveau postsecondaire, l'étudiant
handicapé doit avoir accès à une forme de financement qui reconnaît
que des coûts supplémentaires sont parfois associés à la poursuite
des études après le niveau secondaire. Il faut parfois également
plus de temps à un étudiant handicapé pour terminer les études
prévues dans un programme, en raison de son handicap.
Dans le rapport publié par NEADS en 1993 et intitulé Study of
Financial Assistance Available to Post-Secondary Students with
Disabilities, 44 p. 100 des 384 répondants ont signalé que leur
revenu total, provenant de toutes sources, y compris les programmes
d'aide financière, ne suffisait pas pour payer les coûts
d'équipement ou de services associés à la poursuite de leurs
études, compte tenu de leur handicap. Dans une étude effectuée par
NEADS en 1996 et intitulée Employment Opportunities for Post-Secondary
Students and Graduates with Disabilities, 59 p. 100 des
424 répondants ont indiqué que l'aide qu'ils recevaient pour leurs
études ne suffisait pas.
Lors de la dernière conférence nationale organisée par NEADS
à Ottawa en novembre 1998, les étudiants délégués de toutes les
régions du pays ont fait de l'aide financière l'élément central du
programme de la conférence. Lors d'un atelier, les délégués ont
étudié les questions et préoccupations entourant le financement en
se penchant sur les principaux programmes, y compris le Programme
canadien de prêts aux étudiants et les subventions canadiennes pour
études; les prêts et bourses provinciaux; l'aide à l'employabilité
des personnes handicapées, AEPH, et le programme de prêts et
bourses du Québec. Ils ont également abordé les bourses du
millénaire.
Lors de cette réunion, plusieurs problèmes ont été identifiés.
Bien souvent, les programmes d'aide financière ne suffisent pas à
couvrir les dispenses d'éducation, y compris les coûts associés au
handicap de ceux qui veulent poursuivre leurs études. Il y a
également un problème au niveau du manque de transférabilité des
fonds d'une région du pays à l'autre, ce qui limite les
perspectives des étudiants. Il existe également une certaine
confusion quant à la façon d'obtenir une aide financière ou des
renseignements sur les programmes d'aide financière et sur les
programmes auxquels les étudiants ont accès. Il y a encore beaucoup
trop d'étudiants handicapés qui finissent leurs études et qui ont
d'importantes dettes, une question qui préoccupe énormément les
diplômés handicapés, qui ont plus de problèmes à se trouver un
emploi pour pouvoir finalement rembourser ces prêts.
À titre de membre du groupe consultatif national sur l'aide
financière aux étudiants, nous avons constaté depuis 1995, avec
l'adoption du programme de bourses d'études pour les étudiants
ayant une invalidité, que le gouvernement fédéral faisait des
efforts réels pour reconnaître les problèmes de financement uniques
que vivent les étudiants handicapés au sein du Programme canadien
de prêts aux étudiants. Nous avons été heureux de certaines des
mesures annoncées dans le dernier budget fédéral. Nous avons été
encouragés par le fait que le gouvernement a annoncé que les
évaluations diagnostiques des étudiants qui ont des problèmes
d'apprentissage seraient considérées comme une dépense admissible
dans le cadre du programme de subventions pour études. De plus,
l'augmentation du dégrèvement d'impôt de 500 à 3 000 $ pour les
bourses d'études est un pas dans la bonne direction.
Cela étant dit, les fonds que reçoivent les étudiants
handicapés dans le cadre des subventions d'études du Canada visent
à rembourser les dépenses d'éducation subies à cause du handicap.
Le gouvernement et le ministère des Finances devraient donc
s'assurer que ces subventions ne sont pas considérées comme un
revenu imposable, tel que le recommandait le rapport de 1997 du
groupe de travail fédéral sur les personnes handicapées. C'était
aussi la recommandations 11 du rapport de votre comité intitulé
Garantir l'accès: l'aide aux étudiants du niveau postsecondaire.
Nous nous inquiétons aussi des conséquences de l'AEPH, qui
remplace le PRPH. L'AEPH a été conçue dans le cadre d'un processus
de soi-disant renouvellement de la politique sociale englobant le
gouvernement fédéral et les provinces, mais l'on craint que l'AEPH
ne fournisse pas une aide aussi complète pour l'enseignement
postsecondaire que le PRPH ne le faisait auparavant. Dans la
plupart des cas, les accords bilatéraux d'AEPH signés par le
gouvernement fédéral et les provinces mentionnent expressément
l'aide à l'enseignement postsecondaire. Dans certaines provinces,
cependant, notamment l'Ontario, on a décidé de financer
l'enseignement postsecondaire dans le cadre des programmes
ordinaires d'aide aux étudiants. Nous devrons surveiller de près
l'efficacité de ces programmes pendant la période de transition.
La recommandation 10 de votre rapport Garantir l'accès est
donc pertinent aujourd'hui:
Le gouvernement du Canada devrait collaborer avec les provinces
afin que le programme de remplacement du Programme sur la
réadaptation des personnes handicapées offre un soutien aux
personnes handicapées qui poursuivent des études ou une formation
postsecondaire et qu'il continue de les aider à payer les frais
liés à l'invalidité qui ne sont pas couverts par d'autres
programmes.
Notre association s'efforce de fournir aux étudiants le plus
d'information possible sur le financement des études collégiales et
universitaires. Nous avons publié récemment un répertoire national
des programmes d'aide financière pour les étudiants handicapés qui
poursuivent des études postsecondaires, qu'ils peuvent se procurer
sans frais à notre bureau. On peut aussi accéder au répertoire
complet sur le site Web de l'association où l'on trouve aussi des
liens aux sites Web des organismes de financement provinciaux, au
Programme fédéral de prêts aux étudiants du Canada et aux
organismes non gouvernementaux qui offrent des bourses aux
étudiants handicapés.
• 1010
Je remercie encore une fois les membres du comité de nous
avoir invités à témoigner aujourd'hui. Nous espérons pouvoir
contribuer à votre discussion.
Le président: Merci beaucoup, Frank.
Je vous remercie tous d'avoir respecté nos délais. Comme je
l'ai dit plutôt, normalement, cette réunion aurait dû avoir lieu en
février et nous aurions pu à ce moment-là avoir deux ou trois
réunions sur cette question. Nous essayons aujourd'hui de condenser
nos délibérations pour savoir où en est la transition du Programme
de prêts aux étudiants du Canada pour savoir comment enrichir et
renforcer le programme.
J'ai essayé tantôt de présenter Andrew Brouwer. Il fait partie
de la Fondation Maytree et s'intéresse tout particulièrement au
projet de loi C-487, un projet de loi d'initiative parlementaire
qui vise à modifier la Loi fédérale sur l'aide financière aux
étudiants pour répondre aux besoins d'éducation des réfugiés aux
termes de la Convention.
Nous vous souhaitons la bienvenue, Andrew. Si l'occasion se
présente, je poserai peut-être moi-même une question à ce sujet.
Nous allons procéder de la façon habituelle et commencer par
l'Alliance canadienne.
Je souhaite d'abord la bienvenue à John Williams.
John commence à se familiariser avec cette question. Nous
passerons ensuite à Judy Sgro, à Paul Crête, à Bryon Wilfert et à
Libby Davies, dans l'ordre.
John Williams.
M. John Williams (St. Albert, Alliance canadienne): Merci,
monsieur le président.
Soyez tous les bienvenus. Je vous remercie beaucoup de vos
propos très instructifs. Je vous en suis très reconnaissant.
Je voudrais commencer par M. Good. Comme l'a dit le président, je
commence à me familiariser avec ces questions, mais il me semble
que le gouvernement a pris la décision en toute connaissance de
cause de dire aux banques qu'il n'allait pas lui rembourser les
frais qu'ils doivent assumer pour administrer le programme de prêts
aux étudiants et qu'elles devraient payer leur frais elles-mêmes.
Qu'est-ce qui vous permet de penser que vous allez pouvoir
offrir un meilleur service—je crois que ce sont là vos propres
termes—par l'intermédiaire d'un fournisseur de services plutôt
qu'en passant par les banques qui ont pourtant des agences dans
toutes les villes et qui peuvent donc suivre les étudiants une fois
leurs études terminées? En deux mots, dites-moi donc en quoi les
choses vont s'améliorer.
M. David Good: Monsieur Williams, la réponse est simple.
Jusqu'à présent, avec la formule du partage des risques, il
n'existait pas de normes appropriées concernant la qualité du
service. Nous sommes convaincus qu'avec un fournisseur de services
et un régime que nous pourrions mettre en oeuvre avec lui, nous
pourrons assurer les éléments de communication qui sont absolument
essentiels.
Notre expérience est éloquente: plus l'étudiant est informé
rapidement de sa situation, moins il risquera de se trouver en
difficulté et de manquer à ses engagements. L'élément essentiel est
ici la communication. Nous sommes intimement convaincus qu'avec un
régime approprié dont conviendrait à la fois le gouvernement du
Canada et le fournisseur de services, un régime qui fixerait les
balises, la communication dont il est question pourra faire partie
intégrante du contrat qui précisera très clairement le genre
d'arrangement que nous recherchons.
M. John Williams: Il me semble donc...
M. David Good: Laissez-moi terminer ma réponse en vous disant
que dans ce contexte, le gouvernement fédéral va bien évidemment
avancer le capital nécessaire et prescrire les conditions
corollaires aux avances de fonds.
M. John Williams: Je ne parviens pas à concevoir qu'un
gouvernement puisse communiquer plus efficacement avec les
étudiants que le institutions financières qui ont des milliers
d'agences partout au Canada et qui, partout, ont du personnel
spécialisé sur place.
Monsieur Lumdsden, qui représente les banques, les
institutions financières, a signalé que celles-ci avaient le
sentiment de ne pas être suffisamment indemnisées pour leurs pertes
par exemple. À votre avis, outre l'amélioration de la
communication, comment allez-vous pouvoir minimiser les pertes par
rapport à celles que les banques connaissent actuellement? Comment
allez-vous pouvoir améliorer le bilan des pertes sur prêts? Il est
manifeste que vous n'êtes pas disposé à indemniser les banques pour
les pertes qu'elles découvrent actuellement.
M. David Good: Comme je l'ai déjà dit, l'élément essentiel
dans toute cette question des pertes sur prêts est, comme nous
l'avons constaté, qu'il faut faire en sorte qu'il y ait
effectivement une communication entre l'institution financière et
l'emprunteur, c'est-à-dire l'étudiant. Essentiellement, avec le
genre de communication qui, à notre avis, est indispensable pour
garantir... Nous l'avons déjà fort bien vu, l'un des principaux
problèmes à la base du nombre élevé de prêts non remboursés est le
manque de communication.
Ce n'est pas la seule réponse, et certaines parties en ont
d'ailleurs fait valoir d'autres, mais nous pensons que cela nous
permettra d'améliorer le service et de commencer à réduire le
nombre de prêts non remboursés.
• 1015
M. John Williams: Fort bien. Je pense que vous...
Le président: Même si je ne suis pas aussi tendu que je ne
l'ai été ces quatre derniers mois, j'exhorterais néanmoins les
témoins et les députés à s'adresser à la présidence.
M. John Williams: Je vous remercie, monsieur le président.
J'aimerais maintenant vous demander, monsieur Lumsden, vous
qui êtes le représentant des institutions financières, si à votre
avis, la communication que vous établissez avec les étudiants a
effectivement été insuffisante ou si elle pourrait être meilleure.
Pensez-vous que c'est en améliorant la communication avec les
étudiants que vous pourriez réduire vos pertes sur prêts? Pourquoi
avez-vous jugé bon de renoncer à cet accord? Par ailleurs,
avez-vous le sentiment que le gouvernement pourrait mieux
communiquer que vous en procédant directement?
M. Tom Lumsden: Pour commencer, je dois répondre oui, il y a
toujours matière à amélioration. Nous avons déjà procédé, au fur et
à mesure, à des profonds remaniements de notre système, mais il
s'agit ici d'une clientèle très difficile parce que très mobile.
Les étudiants vont souvent à l'université dans une autre ville et
il a toujours été fort difficile de garder le contact.
Nous avons tenté plusieurs choses, par exemple, essayer de les
rejoindre avant qu'ils ne quittent l'école, pendant l'été, et nous
avons aussi essayé de faire de la consolidation à posteriori.
Pourriez-vous répéter le second volet de cette question? Vous
vouliez savoir comment selon moi le gouvernement pourrait faire
mieux que nous en matière de communication?
M. John Williams: Pensez-vous que le gouvernement puisse mieux
communiquer que vous?
J'ignore combien de milliers d'agences ont les diverses
institutions financières, monsieur le président, mais j'imagine que
le gouvernement, avec ce ou ces fournisseurs de services...
j'espère qu'il y en aura plus d'un ailleurs. J'ignore comment ils
vont parvenir à retrouver ces étudiants si les banques elles-mêmes
nous disent que cette clientèle est intrinsèquement mobile.
M. Tom Lumsden: Je suppose qu'en passant par un fournisseur de
services, le gouvernement mettrait en place à peu près les mêmes
dispositifs que nous, et je dirais donc qu'à mon avis, il
obtiendrait à peu près les mêmes résultats que nous du point de vue
de la communication.
Le président: Monsieur Williams.
M. John Williams: Et je n'ose imaginer ce que cela va coûter
au gouvernement, monsieur le président, lorsqu'il tentera de
refaire ce que les institutions financières font déjà.
Je voudrais encore dire une chose pour mémoire, monsieur le
président, une chose qui n'a pas vraiment été évoquée ce matin. Un
de mes électeurs, qui s'est mis en rapport avec moi au moment des
impôts, a constaté que même si les prêts aux étudiants étaient
exonérés d'impôt, le fait que son fils n'était pas admissible et
qu'il avait dû emprunter lui-même pour payer les études de
celui-ci... Bref, on lui a refusé sa déduction d'impôt. Par
conséquent, il a primo dû avancer lui-même de l'argent à son fils
pour payer ses études et, secondo, il n'a pas pu profiter d'une
déduction fiscale auxquels d'autres ont droit dans le cadre du
Programme canadien de prêts aux étudiants. Je voulais signaler cela
pour mémoire.
Le président: Merci, John.
Étant donné qu'il s'agit d'une table ronde, quelqu'un d'autre
a-t-il quelque chose à dire au sujet de ce qui vient d'être
discuté? Dans la toute mesure du possible, soyez attentifs aux
questions qui ont été posées et n'oubliez pas qu'un commentaire,
même bref, peut toujours être utile.
Nous allons donc poursuivre en écoutant maintenant
Judy Sgro...
M. John Williams: M. Conlon voulait dire un mot.
Le président: Excusez-moi, Mike, je ne vous avais pas vu.
Allez-y, je vous prie.
M. Michael Conlon: Dans notre contexte, il y a une ou deux
choses qui découlent des questions qui ont été posées et auxquelles
je voudrais donner suite. Pour être parfaitement franc avec vous,
je pense que le problème de la communication est fondamental, il
est très important à mon avis, mais nous aurions tort de dire que
c'est le principal problème à l'origine du nombre élevé de prêts
non remboursés. Le principal problème, c'est le niveau
d'endettement individuel des étudiants.
Je voudrais également dire un mot au sujet de la notion de la
participation des banques. Nous sommes toujours partis du principe
que les banques n'ont jamais caché quel était leur intérêt en la
matière. Leur intérêt, c'est les comptes qu'elles doivent rendre à
leurs actionnaires, et non pas aux citoyens du Canada. Il ne faut
pas oublier que les accords à risques partagés contenaient un
élément de coût que n'aura pas un programme administré par le
gouvernement fédéral, et cet élément de coût est la marge
bénéficiaire.
Il me semble qu'il faut bien faire comprendre que dès lors que
le programme serait à nouveau confié à un organisme public et
responsable, il pourrait y avoir une économie correspondante.
Le président: Paul Kitchin, Gerry Brown, puis je vais arrêter
les interventions sur ce point-ci pour passer à la question
suivante.
Paul Kitchin.
M. Paul Kitchin: Merci, monsieur le président.
S'agissant de la communication, l'une des choses qui
intéressera assurément nos membres au moment où nous passerons à
cette méthodologie du fournisseur de services, c'est qu'il faudrait
alors donner à ces fournisseurs de services la possibilité de
prendre contact avec nos institutions—elles sont plus petites,
elles connaissent bien leur clientèle étudiante et elles restent
souvent en contact avec les étudiants après la fin de leurs
études—dans l'espoir qu'elles puissent prêter main forte lorsqu'il
s'agira de retracer plus tard les étudiants débiteurs. C'est
quelque chose que nous demandons depuis plusieurs années déjà, une
meilleure communication entre les prêteurs et nos institutions.
Nous espérons que dans ce cas-ci, avec l'avènement des fournisseurs
de services, nos institutions pourront faire quelque chose pour
essayer de retrouver ces gens afin qu'ils n'en arrivent pas à
manquer à leurs engagements.
Le président: Merci, Paul.
Gerry Brown.
M. Gerald Brown: Monsieur le président, ce qu'a dit M.
Williams à propos de l'un de ses électeurs qui avait dû emprunter
de l'argent mérite d'être pris en note. C'est précisément l'exemple
du genre de problème que nous constatons au groupe de travail de
notre association, en ce sens que même si le programme de prêts
d'études n'est, comme nous le voyons, que la partie émergée de
l'iceberg, il existe à notre avis beaucoup d'autres problèmes
relatifs à l'endettement et il est donc impératif d'avoir une
meilleure idée de la nature de ces problèmes.
• 1020
Le président: La parole est maintenant à Judy Sgro, qui sera
suivie par Paul Crête.
Mme Judy Sgro (York-Ouest, Lib.): Merci, monsieur le
président.
La question qui nous occupe est très complexe. Après avoir
entendu parler ce matin de ses très nombreuses composantes, il est
regrettable que nous essayons surtout de trouver le moyen de régler
le problème avec les banques et de mettre en place un modèle de
prestation de service différent alors qu'il y a tant d'autres
problèmes qui exigent notre attention. Je ne sais pas qui s'occupe
de tous ces autres problèmes, mais j'espère bien sincèrement que
nous n'allons pas nous arrêter là dans nos discussions sur la façon
d'améliorer le système d'éducation.
L'augmentation du coût des études me préoccupe beaucoup.
Beaucoup de gens ont fait valoir ce matin autour de la table qu'au
rythme actuel où vont les choses, il n'y aura bientôt plus que les
enfants des riches qui pourront aller à l'école. Ce n'est pas le
genre de pays dans lequel nous souhaitons vivre, je pense, et ce
n'est certainement pas une perspective que je souhaite
personnellement.
Je voudrais commencer en posant une question à M. Good au
sujet des bureaux de service. Parlez-vous d'un seul bureau de
service pour l'ensemble du Canada ou d'une série de bureaux de
service? Nous avons entendu dire que la grosseur ne fait pas
nécessairement la qualité et ne garantit pas non plus qu'il sera
plus facile d'assurer directement les services. Quelle est votre
réflexion à mesure que vous avancez dans ce sens?
M. David Good: Monsieur le président, si vous n'y voyez pas
d'inconvénient, je vais demander à M. Townsend de répondre à cette
question.
Le président: Monsieur Townsend.
M. Thomas Townsend: Merci, président.
Lorsqu'il s'agit de choisir un fournisseur de service, le
premier élément dont il faut tenir compte est la clientèle visée.
Il est fondamental que le fournisseur puisse offrir le service
voulu au niveau national, mais il est tout aussi important qu'il
puisse offrir le service voulu par une série de modes de service
utilisables par les emprunteurs.
Nous avons dit dans notre introduction qu'il s'agissait ici
manifestement d'une population cible qui aime pouvoir s'informer et
transiger en utilisant l'Internet. Nous savons d'ailleurs que,
parmi la clientèle estudiantine, quatre emprunteurs sur dix
utilisent l'Internet plus d'une fois par jour et neuf sur dix
l'utilisent au moins une fois par semaine. Il s'agit donc d'un mode
de communication et d'un vecteur de service extrêmement important
que le fournisseur devrait avoir dans sa panoplie. Pour nous, le
fait de pouvoir obtenir les services nécessaires par l'Internet est
quelque chose de très important. Il faut par contre souligner aussi
qu'un grand nombre de nos emprunteurs doivent pouvoir obtenir
instantanément et avec précision de l'information, que ce soit en
personne, par téléphone ou par tous autres moyens, comme on l'a
déjà mentionné ici ce matin. Voilà donc les principaux éléments
dont il faut tenir compte lors du choix du fournisseur de service.
Le président: Si vous me permettez d'intervenir, serait-ce
possible que les membres du comité reçoivent le texte de la demande
de propositions? Pourriez-vous nous le faire parvenir afin que nous
ayons une idée de la façon dont les choses se passent?
M. Thomas Townsend: Nous pouvons effectivement vous arranger
cela. La demande de propositions émane de Travaux publics et
Services gouvernementaux Canada et elle peut être obtenue par
l'entremise du système ministériel. Mais nous pouvons nous aussi
faire le nécessaire pour que vous puissiez en recevoir copie.
Le président: Je vous en saurais gré. Comme je le disais, le
comité est tout à fait conscient du fait que nous avons pris du
retard dans ce dossier, pour d'excellentes raisons d'ailleurs, et
ce document nous permettrait de nous mettre à jour.
Je m'excuse de vous avoir interrompue, Judy.
Mme Judy Sgro: Savez-vous s'il est envisagé dans un proche
avenir de changer les définitions et de proposer de nouvelles
solutions aux autres problèmes dont les représentants de
l'Association des collèges nous ont parlé?
M. Thomas Townsend: Monsieur le président, si je peux
répondre, nous avons largement consulté tous les intéressés, les
représentants de groupes comme ceux ici présents aujourd'hui, sur
le dossier du financement direct. Il y a un certain nombre de
problèmes à régler rapidement si nous voulons que ces prêts soient
à la disposition des étudiants pour le prochain semestre. Pendant
ces consultations, nous nous sommes engagés à ouvrir le dialogue
dès cet automne avec les intéressés sur des questions bien précises
comme par exemple le laps de temps après lequel un prêt est
considéré en défaut de paiement.
Nous ne pouvons apporter à notre réglementation que des
modifications qui sont absolument essentielles pour appliquer la
loi, en premier lieu, pour garantir l'octroi des prêts. Nous avons
pris note d'un grand nombre de recommandations qui nous ont été
faites par les intéressés pendant les consultations et elles feront
l'objet de discussions dès que le programme sera en place et que
les prêts auront été accordés pour le prochain semestre.
Mme Judy Sgro: J'ai encore une toute petite question.
Le président: Je vous en prie.
• 1025
Mme Judy Sgro: Pensez-vous que grâce à ces bureaux de service
le pourcentage de dettes non remboursées diminuera?
M. Thomas Townsend: Notre premier objectif est de veiller à ce
que les contrats de prêts soient respectés. Une des
caractéristiques malheureuses du programme actuel c'est qu'un grand
nombre de ces prêts sont remboursés sans qu'il y ait vraiment de
contact entre l'établissement prêteur et l'étudiant. En fait, près
de 50 p. 100 de ces prêts aboutissent à un remboursement passif,
comme nous le disons. Les prêts qui ne sont pas gérés activement
aboutissent beaucoup plus fréquemment à un défaut de paiement et
dans de nombreux cas sans que l'établissement financier parvienne
à contacter l'étudiant emprunteur avant le défaut de paiement.
Une des solutions serait d'accorder un délai plus long au
prestateur de service, dans notre cas, et à l'étudiant afin qu'ils
puissent mieux profiter de programmes très généreux comme par
exemple l'exemption d'intérêt, qui sont à la disposition des
étudiants emprunteurs s'ils connaissent des difficultés de
remboursement.
Notre premier objectif est donc de faire respecter les
contrats de prêts et de prévenir les défauts de paiement. Notre
deuxième objectif est de travailler avec les emprunteurs pour nous
assurer que le prêt gouvernemental est remboursé mais en fonction
de modalités appropriées aux circonstances de l'emprunteur.
Le président: Judy, c'est tout?
Mme Judy Sgro: Oui.
Le président: À propos de ces autres questions rappelées par
Judy—et je ne vois certainement aucune objection à ce qu'elles
soient soulevées, comme je l'ai expliqué, nous aurions dû le faire
avant—j'espère que le comité m'encouragera à la fin de la journée
à écrire une lettre au ministre évoquant non seulement les
questions particulières concernant le Programme canadien de prêts
aux étudiants mais aussi ces autres questions.
Notre collègue John Nunziata vient d'arriver avec des invités.
Nous sommes très heureux de vous voir.
Quelqu'un a-t-il quelque chose à ajouter en réponse aux
questions de Judy Sgro? Bob Best.
M. Robert Best: Merci, monsieur le président.
J'aimerais soulever une question qui découle des commentaires
de M. Townsend sur les défauts de paiement passifs, comme il les
appelle. Nous craignons pendant cette période de transition, cet
automne, une augmentation du nombre de défauts de paiement
techniques. À cause de la brièveté de ce délai de 90 jours,
certains étudiants ne se rendent pas compte de la nécessité de
consolider leurs dettes. C'est ce qui arrive, par exemple, quand le
prêt est à risque partagé. L'étudiant peut poursuivre ses études
sans avoir besoin d'un nouveau prêt direct mais ne sait pas qu'il
doit informer le bailleur de ce prêt à risque partagé, dans la
majorité des cas une banque, qu'il poursuit ses études. Je crois
que beaucoup craignent une augmentation des défauts de paiement non
pas forcément par irresponsabilité mais par ignorance.
J'aimerais savoir ce que le ministère pense de ce problème et
ce qu'il propose de faire pour y remédier pendant cette période de
transition.
Le président: D'abord Judy Stymest et ensuite nous redonnerons
la parole à Thomas Townsend. Judy.
Mme Judy Stymest: J'aimerais ajouter à ce que vient de dire
Bob qu'il n'y a pas que la période de transition. Il y a aussi la
période après les études quand les étudiants devront rembourser à
la fois les prêts directs et les prêts à risque partagé en
parallèle. J'aimerais savoir ce que devront faire ces étudiants
surtout ceux qui connaissent des difficultés. Est-ce qu'il leur
faudra tout faire en double? J'espère qu'on fera preuve d'une
certaine souplesse pour les étudiants qui, de bonne foi, ont fait
tout ce qu'il fallait pour rembourser leurs prêts dans un cas, mais
dans l'autre ont été négligents peut-être par manque d'information.
Le président: Nous allons demander à Thomas Townsend de
répondre et cela mettra un terme aux questions de Judy Sgro.
Excusez-moi, d'abord Brad Wuetherick.
Pourriez-vous être bref, Brad, s'il vous plaît? Désolé, je ne
vous avais pas vu.
M. Brad Wuetherick: Je voulais simplement répéter une autre
petite chose. Non seulement il y aura ces deux prêts fédéraux
parallèles, mais dans pratiquement tous les cas il y aura un prêt
provincial correspondant. Nombre des étudiants que je représente
ont commencé à obtenir des prêts avant l'arrivée des prêts à risque
partagé si bien que beaucoup d'entre eux ont dû reprendre un prêt
supplémentaire. Aussi, beaucoup d'étudiants de troisième cycle ont
des lignes de crédit directes. Il arrive que des étudiants aient à
rembourser cinq prêts. Il n'y a pas que ces deux prêts parallèles,
le problème est beaucoup plus vaste, ne l'oubliez pas.
• 1030
Le président: N'oubliez pas que je dois donner le même temps
de parole à tous les députés et c'est le temps de Judy Sgro. Mais
Paul, il n'y a pas de problème.
Tom Lumsden très brièvement, et ensuite Thomas Townsend. Ils
en auront alors fini avec la question de Judy Sgro.
M. Tom Lumsden: J'ai un tout petit commentaire à faire à
propos de la remarque de Thomas sur la procédure de consolidation
actuelle.
Il ne faut pas oublier qu'avec les établissements financiers,
et dans deux cas, avec deux des prêteurs participants, ces
procédures de consolidation sont aujourd'hui gérées par un bureau
de service. Des efforts considérables sont faits à la fois par les
institutions financières et les banques pour essayer de joindre les
clients et les informer de leurs responsabilités. De véritables
efforts sont faits. Ils sont très difficiles à contacter. Eh oui,
Thomas a raison, nombre de ces prêts finissent par devenir passifs.
Ce n'est pas manque d'essayer, ce sont les étudiants qui sont
difficiles à joindre.
Le président: Thomas Townsend.
M. Thomas Townsend: Le risque de confusion résultant de prêts
émanant de plus d'une source a été décelé dès le début. Nous avons
pris immédiatement un certain nombre de mesures pour aider les
étudiants emprunteurs. Nous avons entre autre inclus des
formulaires supplémentaires dans les contrats de prêt qui peuvent
être envoyés aux autres institutions qui peuvent déjà avoir prêté
de l'argent à ces étudiants. Ces formulaires sont à la disposition
des étudiants. Un des thèmes principaux de notre campagne de
communication pendant le prochain semestre portera précisément sur
cette question.
De plus, nous collaborons avec les institutions financières
pour nous assurer qu'en fait il y a communication entre le
gouvernement, les prêts directs, et les prêts à prime de risque.
Nous espérons que ces trois initiatives réduiront au minimum
le risque de confusion pour les étudiants, mais nous reconnaissons
que le changement effectué peut très bien avoir pour conséquence
une augmentation de cette confusion.
Le président: Cet échange a été très utile, je crois.
Paul Crête, suivi de Bryon Wilfert, Libby Davis et Raymonde
Folco.
[Français]
M. Paul Crête
(Kamouraska—Rivière-du-Loup—Témiscouata—Les Basques,
BQ): Premièrement, je ferai une remarque sur les
problèmes à court terme. Je suis quand même heureux de
voir que les problèmes des banques ne remettront pas en
question leur rentabilité à long terme. Je ne pense
pas que les problèmes que leur causent les étudiants
vont faire mourir les banques. Les banques subissent
effectivement des pertes sur ces prêts quand les
jeunes ne sont pas suivis, mais il se produit une
fidélisation du client pendant longtemps. Il faut que
la rentabilité des banques soit perçue dans son
ensemble. Je pense qu'il est important de percevoir
cette facette de la situation.
Ma question portera davantage sur le programme à long
terme. Là-dessus, je m'appuierai en partie sur une
remarque faite par M. Brown sur la pointe de l'iceberg.
Le système de prêts m'apparaît—au Québec, on
parle des prêts et bourses—comme devant découler d'un
principe important, soit que de nos jours, pour rendre
service à la société, il faut que tous les gens qui ont
le potentiel de faire des études puissent
exploiter ce potentiel.
Ce n'est pas par favoritisme envers l'étudiant. C'est
parce que le
problème principal qui se pose à notre société par
rapport à l'emploi est que les gens n'ont pas une
formation suffisante. Aujourd'hui, ils ne sont plus
capables d'embarquer dans le train pour obtenir les
emplois disponibles. On a à la fois une pénurie
de travailleurs spécialisés et un surplus de gens qui
n'ont pas une formation adéquate.
Or, parmi ces gens, certains auraient eu le potentiel
de se développer davantage, mais ils n'ont pas
bénéficié de
moyens de financement adéquats et d'encouragement.
On entend encore dire: «Si j'étudie,
ce sera peut-être de l'argent gaspillé parce que je n'aurai
pas la possibilité, en bout de ligne, de trouver un
emploi et parce que je n'ai pas les moyens de
financer mes études.»
Ma question de fond est la suivante: est-ce qu'on ne
devrait pas en profiter, à court terme et après avoir
réglé les questions qui relèvent davantage de l'intendance,
pour tenir un débat de fond au Canada sur le principe
de l'accessibilité des études collégiales et universitaires
pour tous ceux qui ont le potentiel nécessaire?
Ceux qu'on perd parce qu'ils n'ont pas les moyens de
financer leurs études n'entraînent-ils pas des coûts
terribles
pour la société? N'y aurait-il pas une réflexion en
profondeur à faire, qui irait de l'observation de ce
qui se passe dans les pays où les frais de scolarité
sont inexistants, où l'enseignement est
financé entièrement par le gouvernement, à
l'observation de ce qui
se passe dans les pays où c'est l'autre extrême? Quel
modèle souhaitons-nous avoir ici pour répondre
aux besoins du marché du travail?
J'aimerais entendre ceux que préoccupe cette question.
Le président: Gerry Brown.
• 1035
M. Gerald Brown: Nous appuyons la thèse qu'a
présentée M. Crête. Nous sommes conscients qu'il
existe certains problèmes à court terme qu'il est
important de régler. Nous devons cependant reconnaître
qu'il y aura toujours des problèmes de court terme. Je
crois qu'il incombe à votre comité d'amorcer des
changements de fond au niveau des
programmes de prêts et bourses, ainsi qu'au sujet de la notion
d'éducation dans tout le pays.
Si nous faisions un recul dans le temps et que nous
étions la génération qui nous a précédés, nous
serions peut-être en train de tenir le même débat au
sujet des études secondaires et nous nous demanderions
peut-être si ces études devraient être gratuites. La
gratuité de l'enseignement secondaire est une réalité aujourd'hui.
Je fais partie de cette ancienne génération et il
me semble qu'il y a
tout un chemin à faire. En sommes-nous rendus à nous
demander aujourd'hui si l'enseignement postsecondaire devrait
également être
gratuit? Nous avons très bien compris la nécessité de
l'enseignement secondaire gratuit et nous sommes
peut-être rendus à nous poser cette question. Il faut
tenir compte de nombreux facteurs, dont l'existence de
programmes d'assurance-emploi et le transfert de la
responsabilité en matière de
main-d'oeuvre aux provinces. De nombreux programmes
de ce genre ont un lien direct avec les cours offerts
dans les collèges et les cégeps. Il est important que
tous ces cours soient en ligne.
Le message qu'on vous livre, c'est que le
ministère du Développement des ressources humaines a
fait un travail formidable en vue de
régler des problèmes
à court terme. Je me suis réjoui d'entendre
le président dire qu'il voulait faire avancer ce processus
et que vous vouliez aller plus loin dans votre réflexion.
Nous partageons ce point de vue.
[Traduction]
Le président: Mike Conlon.
M. Michael Conlon: Oui, c'est une question sur laquelle
planche notre fédération et notre service de recherche a ouvert un
dialogue permanent avec le Secrétariat irlandais à l'éducation sur
les effets de l'élimination des frais de scolarité tant sur le plan
économique que social en Irlande.
La suppression des frais en Irlande a entraîné plusieurs
conséquences notables. Non seulement le taux de chômage a chuté de
près de la moitié, mais les recettes fiscales ont augmenté
d'environ 64 p. 100 depuis la suppression des frais de scolarité.
Cela confirme les recherches de Robert Allen à l'Université de
Colombie-Britannique qui suggérait que sur la base de la richesse
créée par l'assiette fiscale et d'autres services à valeur ajoutée
que l'éducation apporte au marché, chaque dollar public investi
dans l'éducation postsecondaire rapporte environ quatre dollars.
La suppression des frais de scolarité n'est donc pas seulement
un argument social, un argument de justice sociale—ce qu'il
devrait également être, l'égalité des chances—mais c'est également
un argument économique. Tous ceux que nous avons contactés au sein
du gouvernement irlandais, du Secrétariat à l'éducation au
ministère des Finances, nous ont dit que la réduction des impôts
n'avait absolument rien à voir avec la croissance économique en
Irlande.
La croissance économique en Irlande est attribuée à deux
choses. La première, c'est une infusion massive de fonds de l'Union
européenne pour inciter l'Irlande à se joindre à l'Union
européenne. La deuxième chose, qui suit de très près, qu'ils
indiquent comme étant la cause de leur redressement économique est
la suppression des frais de scolarité et la plus grande
participation à l'éducation postsecondaire.
[Français]
Le président: Paul Crête.
M. Paul Crête: J'aimerais poser une question
complémentaire. Il y
a une différence assez importante entre
l'endettement des étudiants québécois régis par le Régime
québécois de prêts et bourses et celui des
étudiants du reste du Canada. Peut-on expliquer
cet écart?
Cet écart existe-t-il parce que le
régime de bourses y existe depuis plusieurs années,
ou est-ce qu'il y a d'autres éléments qui ont fait
surgir cette différence?
Est-ce que les autres
provinces du Canada et le reste de la population du
Canada n'ont pas pour objectif de faire en sorte que
leurs étudiants aient
un endettement beaucoup moindre, comparable à
celui qu'on retrouve au Québec, finalement?
Le président: Bob Best.
M. Robert Best: Premièrement,
le régime de bourses au Québec
est un facteur très important. Le Québec et la
Colombie-Britannique sont les seules
provinces à avoir gardé leur système de bourses pendant
les années 1990. C'est un facteur très important parce que,
comme plusieurs de mes collègues l'ont dit, de très
nombreuses personnes songent à la possibilité de poursuivre
leurs études, mais ont peur de s'endetter.
Si elles ont accès dès le début à des bourses qui
leur permettent de réduire leur niveau d'endettement, cela
peut évidemment les aider.
• 1040
Avant le budget de 1998, nous avions recommandé avec
plusieurs de nos collègues que, dans le cadre du PCPE,
le gouvernement fédéral adopte un régime de bourses; il a
créé la Fondation des bourses d'études du millénaire.
Il est certain que cela va réduire l'endettement pour
plusieurs, mais c'est seulement disponible à compter de
la deuxième année d'études. Ce ne sont donc pas ce qu'on
appelle en anglais des up-front grants.
Je pense vraiment que le Québec et la
Colombie-Britannique ont fait une bonne chose quand
ils ont décidé de garder leur système de bourses. Merci.
[Traduction]
Le président: Les suivants sont Judy Stymest, Mike Conlon,
Gerry Brown, et Thomas Townsend.
Judy Stymest.
[Français]
Mme Judy Stymest: Je travaille dans
une université au Québec. Effectivement, je vois
quotidiennement l'effet des bourses sur les étudiants
qui ont accès à un système de prêts et bourses très
généreux et ont des frais de scolarité
moins élevés. Étant donné que je travaille dans ce
domaine depuis plusieurs années, j'ai aussi vu l'augmentation
des frais de scolarité pour les étudiants de l'extérieur de la
province et je m'inquiète quand je vois que les programmes
provinciaux de bourses sont à la baisse.
Je ne crois pas que l'on reviendra aux bonnes années où
les frais de scolarité étaient minimes, mais je
souhaite très fort que tous les gouvernements
prennent conscience du niveau d'endettement des étudiants
et de leurs obligations financières annuelles. Je
pense que la bonne façon d'attaquer le problème est de
limiter l'endettement des étudiants et de
leur offrir des bourses et des
façons de réduire leurs dettes.
Le président: Merci, Judy.
[Traduction]
Mike Conlon.
M. Michael Conlon: Je suis d'accord sur l'essentiel de la
réponse de Bob Best: il n'y a pas de mystère du tout. Aucun
partenariat public-privé novateur, aucune gestion publique
novatrice et aucune participation du secteur privé ne peut
rivaliser avec ce que font la Colombie-Britannique et le Québec.
J'ajouterais simplement à ce que vient de dire Bob que ces
deux provinces ont gelé les frais de scolarité. Bien entendu, le
gel au Québec ne s'applique pas aux étudiants extérieurs à la
province, ce qui pose un problème à notre fédération, mais ceci mis
à part, nous estimons que le Québec et la Colombie-Britannique sont
les porte-étendard de la politique d'éducation postsecondaire au
Canada.
Les chiffres le prouvent. La Colombie-Britannique vient de
passer du dernier rang, pratiquement, en termes de taux de
participation des plus démunis, à environ la moitié du tableau en
moins de quatre ans. De même, au Québec, le taux de participation
des femmes est d'environ 20 p. 100 supérieur à ce qu'il est partout
ailleurs au Canada. Je crois que ces chiffres parlent d'eux-mêmes.
Là où je ne suis pas d'accord avec Bob c'est à propos des
bourses d'études du millénaire. Ces bourses n'auront pratiquement
aucun effet sur l'endettement des étudiants en Ontario et en
Nouvelle-Écosse. Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse traite la
bourse d'études du millénaire de manière particulièrement sournoise
tout comme le gouvernement de l'Ontario. En Ontario, la vaste
majorité des étudiants qui bénéficieront de la bourse d'études du
millénaire verront leur dette réduite d'environ 500 $ par an. En
Nouvelle-Écosse, leur dette ne sera pratiquement pas réduite du
tout.
Le président: Gerry Brown et ensuite mon intention était de
donner la parole à Thomas Townsend, si vous me le permettez.
[Français]
M. Gerald Brown: Monsieur le président, je peux
répondre à la question de M. Crête puisque je
suis l'ancien directeur général d'un cégep à Québec et
que je
travaille présentement au niveau pancanadien.
Pour moi, il ne fait
pas de doute que l'accès à des bourses d'études
au Québec a eu un impact important sur la réduction
du niveau d'endettement. L'absence de frais
d'inscription est aussi importante. Dernièrement, j'ai
constaté qu'il y avait un écart entre le Québec et les
autres provinces au niveau de la mobilité. Avec le
réseau des cégeps—on en compte 48—les étudiants ont
accès à des institutions d'enseignement
aux quatre coins du Québec, ce qui n'existe pas
nécessairement dans les autres provinces. Cela réduit
beaucoup l'impact.
[Traduction]
Je pécherais par négligence si je ne disais pas moi aussi un
mot sur la Fondation des bourses d'études du millénaire. C'est un
pur exemple de bricolage, en ce qui nous concerne. Cette mesure
devait permettre de régler le problème d'endettement des étudiants.
De notre point de vue, du point de vue des collèges, ce n'est pas
vraiment une réussite.
• 1045
Pour commencer, j'ai parlé tout à l'heure de la clientèle des
collèges. La clientèle des collèges est une clientèle de deux ans
ou de trois ans au maximum. Ce sont des étudiants plus âgés qui ont
beaucoup plus d'engagements personnels et qui sont probablement
déjà endettés pour tout un tas d'autres raisons personnelles. La
Fondation du millénaire, dans sa sagesse, a offert le fonds du
millénaire mais a jugé bon d'en éliminer les étudiants de première
année si bien que 50 p. 100—si ce n'est plus—de nos étudiants,
qui en ont probablement plus besoin que quiconque, n'y ont pas
accès.
C'est du bricolage. C'est un grand programme. Son intention
était excellente: il devait régler le problème de l'endettement des
étudiants. Mais je sais pertinemment que, au moins dans les
collèges, il n'a rien réglé du tout. Soyons sérieux, je vous en
prie.
Le président: Thomas Townsend est le suivant. Ensuite nous
entendrons encore deux tous petits commentaires en réponse à la
question de Paul Crête. Ensuite il faudra passer à autre chose si
cela vous convient.
Thomas Townsend, d'abord.
[Français]
M. Thomas Townsend: Je veux souligner deux points.
D'abord, il ne faut pas oublier que l'intégration du
système collégial au système universitaire au
Québec compte pour beaucoup en matière d'accès.
[Traduction]
Deuxièmement, j'aimerais rappeler que dans les provinces où
les systèmes de bourses sont très généreux, il y a une contrainte
budgétaire gouvernementale globale qui doit être respectée. En même
temps, il faut bien voir comment ce budget est limité.
Malheureusement, au Québec, le nombre d'étudiants qualifiés
pour ce programme de bourses très généreux diminue année après
année. La conséquence, à la fois au Québec et en Colombie-Britannique, est
que les avantages associés aux études hors
province sont soit non existants sont grandement réduits.
Le président: Très brièvement, Bob Best, Judy Stymest et
ensuite Paul lui-même.
Bob Best.
M. Bob Best: Merci, monsieur le président. J'ai juste deux
petits commentaires à propos des remarques de Michael Conlon, si
vous me permettez.
Pour commencer, Michael a tout à fait raison: les avantages
des bourses d'études du millénaire, auxquels j'ai fait allusion,
varient d'une province à l'autre. Je n'ai jamais suggéré qu'ils
étaient les mêmes partout. Je voulais simplement dire que les
bourses d'études du millénaire, dans la mesure où elles sont
fondées sur les besoins, réduiront le degré d'endettement de
beaucoup d'étudiants. Les avantages varient d'une province à
l'autre, cela ne fait aucun doute.
Deuxièmement, à propos des frais, je ne peux pas ne pas
répondre à certaines des remarques qui ont été faites. Nous n'avons
pas de position sur les frais de scolarité. Ils sont administrés à
l'échelle de la province, campus par campus, mais je crois pouvoir
dire que nos membres s'inquiéteraient d'un gel de ces frais et
encore plus d'une suppression de ces frais sans, au minimum, des
assurances fermes que les fonds de fonctionnement permettront au
moins de rattraper le manque à gagner.
Ce qui est arrivé pendant les années 90... Il a été à
plusieurs reprises mentionné que ces frais avaient augmenté et
qu'ils avaient augmenté de manière très considérable pendant les
années 90. Il demeure que ces augmentations de frais de scolarité,
aussi importantes qu'elles aient été, n'ont en moyenne compensé que
la moitié des réductions de fonds de fonctionnement depuis 1992. La
réduction des fonds de fonctionnement par étudiant a été, en
moyenne, deux fois supérieure à l'augmentation des revenus apportée
par les frais de scolarité par étudiant.
Merci.
Le président: Judy Stymest.
Mme Judy Stymest: Je voulais simplement ajouter une petite
chose à la remarque de Jerry sur le fonds du millénaire au Québec.
Ce financement a permis au gouvernement du Québec de réduire de
façon significative les prêts pour les collèges, les universités,
l'éducation secondaire et l'éducation de troisième cycle pour
l'année à venir. Un prêt en troisième cycle coûtera 1 000 $ de
moins. Cet argent sera donné sous forme de bourses.
Le président: Paul.
[Français]
M. Paul Crête: En conclusion, je veux dire que je
suis heureux de voir qu'en général, vous êtes d'avis
qu'il faut faire une réflexion en profondeur sur cette
question et qu'il faut faire attention à l'impact de
mesures éparses comme le Fonds des bourses d'étude du
millénaire, qui peuvent avoir un objectif précis
intéressant, mais qui n'obtiennent pas nécessairement
le résultat souhaité si elles ne se situent pas dans un
ensemble plus logique. Je pense que la proposition de
M. Conlon d'aller voir ce qui se fait ailleurs est
intéressante. Sans l'adopter demain matin, il serait
bon d'aller voir comment l'Irlande et d'autres ont fait.
• 1050
Finalement, on se rend tous compte que cette question
relève du principe des vases communicants.
Si une province met moins de programmes de prêts et bourses
intéressants à la disposition des étudiants, c'est
possiblement parce que le financement du régime universitaire
global est moindre. Comme il y a moins de paiements de transfert,
il faut pouvoir regarder l'ensemble de la situation dans
cette perspective.
[Traduction]
Le président: Avant de donner la parole à Bryon Wilfert, et
ensuite à Libby Davies, j'aimerais moi-même faire un commentaire à
propos des remarques de Mike Conlon.
Mike, je suis d'accord avec ce que vous dites à propos de la
Colombie-Britannique et du Québec, mais quand vous parlez des
étudiants externes, des frais pour les étudiants non québécois, il
reste que pour les étudiants de l'Ontario, au moins, les frais
imposés aux non-Québécois sont toujours, comparativement, une
affaire. Si j'ai bien compris, ces frais correspondent à une espèce
de moyenne des frais à l'échelle nationale, et ces frais sont
maintenant si élevés en Ontario que cela vaut toujours la peine
d'aller au Québec même en payant ces frais supplémentaires pour
non-Québécois.
M. Michael Conlon: Oui, absolument.
Le président: Bryon Wilfert, suivi de Libby Davies.
M. Bryon Wilfert (Oak Ridges, Lib.): Merci, monsieur le
président. Je remercie les témoins d'être venus nous faire part de
leurs réflexions.
Monsieur Good, nous parlons d'une transition sans coupure,
mais je ne comprends toujours pas en quoi consiste le plan et quels
en sont les coûts. Au cours des cinq dernières années, lorsque les
banques s'occupaient de la question, je crois comprendre que les
contribuables ont économisé environ 500 millions de dollars. Nous
voulons maintenant reprendre le contrôle, mais je ne suis
absolument pas certain que nous puissions nous en tirer. Je sais
qu'il s'agit d'un service, j'aimerais savoir où nous en sommes sur
le plan des coûts.
Vous dites qu'on a sollicité des propositions. Je crois
comprendre que les banques vont continuer à s'en occuper pendant
une période déterminée pour assurer la transition. Il est certain
qu'il faut penser à la fois aux contribuables et aux étudiants.
Évidemment, quand le Globe and Mail a annoncé par erreur que nous
avions l'intention de donner aux banques des centaines de millions
de dollars supplémentaires parce qu'elles avaient demandé cet
argent, mon téléphone n'a pas dérougi. Les gens disent: «Écoutez,
j'ai fait un emprunt mais je ne bénéficie pas d'un traitement de
faveur; pourquoi donnons-nous plus d'argent aux banques?». En fait,
ce n'était pas le cas. Cette question des tarifs était très
importante.
Vous dites qu'il s'agit d'un fournisseur de services;
évidemment, il faut que quelqu'un ait des relations
particulièrement bonnes avec les établissements postsecondaires et
le gouvernement, il faut une certaine mesure de confiance. Avec les
étudiants également, j'imagine. En même temps, je comprends bien la
question de la période de grâce, mais d'un côté, les étudiants
doivent comprendre quelles sont leurs responsabilités et leurs
obligations. Le nombre d'étudiants qui viennent me voir dans mon
bureau, je ne comprends vraiment pas comment ils peuvent se
débrouiller seuls quand ils ne savent même pas s'ils reçoivent une
subvention ou un prêt, si ça vient du provincial ou du fédéral.
C'est assez déconcertant de constater que certains étudiants ne
savent même pas cela.
D'un autre côté, il y a la question des taux d'intérêt. Tout
à l'heure, on a fait des observations très justes au sujet de la
disproportion entre les taux d'intérêt des prêts étudiants et les
autres. Cela dit, je le répète, il faut insister sur l'aspect
responsabilité. En ma qualité de contribuable, j'aimerais savoir
combien ce nouveau système va coûter? J'aimerais voir quelque chose
en noir sur blanc. J'aimerais savoir qui se chargera d'approuver
les requêtes. En fin de compte, je suis convaincu qu'il faut
éliminer les paiements de transfert pour les frais de scolarité,
qui relèvent des provinces, car c'est un système de financement des
études postsecondaires qui n'est pas transparent et qu'on ne peut
pas contrôler.
Si vous vivez en Ontario et si les frais de scolarité ne vous
plaisent pas, allez voir Mike Harris, c'est lui qui les a
augmentés, et considérablement. En même temps, quand nous
fournissons de l'argent sans savoir si 20 p. 100 ou 40 p. 100 y
sont véritablement consacrés, il n'y a aucune reddition de comptes
et c'est un problème.
Je pense que nous devrions persévérer dans nos efforts
d'harmonisation, mais là encore, il faut être deux pour danser,
mais beaucoup de gens semblent hésiter à s'aventurer sur la piste
de danse, sans même parler de danser. C'est donc un problème
majeur. J'imagine que tous ces organismes interviennent également
auprès des provinces et des territoires car en effet, nous devons
tous ensemble essayer de résoudre ces problèmes. Toutefois, comme
il s'agit d'un domaine de compétence partagé, tout comme dans le
cas de la santé ou de l'environnement, c'est un problème.
• 1055
Peut-être pourrions-nous commencer par le coût et le plan, la
première question que j'ai posée, également parler du rôle du
Parlement pour... Ces questions-là sont en discussion, mais tout
d'un coup, on commence à nous parler de choses sur lesquelles notre
influence est pratiquement inexistante. C'est une situation qui me
préoccupe, j'aimerais savoir ce que d'autres en pensent, l'idée que
le gouvernement pourrait s'occuper à nouveau d'un domaine où il
n'avait déjà pas tellement bien réussi, à mon avis, quand il s'en
occupait jadis.
Le président: David Good.
M. David Good: Monsieur le président, je vais essayer de
répondre à plusieurs de ces questions après quoi je demanderais à
Thomas Townsend de développer un peu plus.
En ce qui concerne les coûts, jadis, avant que la cotisation
pour risques de 5 p. 100 existe, comme vous le savez, il s'agissait
d'un programme de garantie de prêt à 100 p. 100. Nous avons
constaté que ce système ne marchait pas très bien, surtout à cause
de la façon dont il était administré. En effet, il n'encourageait
pas vraiment les banques, que nous appelons les fournisseurs de
services, à donner les informations nécessaires car tous les coûts
se répercutaient sur le gouvernement du Canada.
Nous avons donc mis en place un système de primes de risque,
et aux termes de ce système, après la consolidation, les
institutions financières recevaient 5 p. 100 des prêts consolidés
à titre d'encouragement. Évidemment, les banques nous ont fait
savoir que ce régime ne leur était pas très favorable.
D'après nos calculs des coûts, le financement direct que nous
avons envisagé coûterait moins cher qu'un retour au système de
garantie des prêts. Évidemment, les coûts dépasseront la prime de
5 p. 100 pour risque, mais ils seront inférieurs à ce qu'il nous en
aurait coûté de revenir à une garantie de prêt de 100 p. 100.
D'autre part, nous sommes parvenus à une entente de principe,
comme je l'ai dit dans ma déclaration d'ouverture, en ce qui
concerne les déboursés. Aux termes de cette entente, les
institutions financières peuvent se charger des versements. Ce sont
elles qui détiendront les prêts. Lorsque le fournisseur de services
sera opérationnel—et comme vous le savez, nous nous intéressons
énormément à ces fournisseurs de services—ils pourront administrer
les prêts et s'assurer que les modalités et les communications sont
conformes aux spécifications du gouvernement.
Le président: Thomas Townsend.
M. Thomas Townsend: Oui. Il est important de souligner que si
nous avons dû prendre certaines décisions le 9 mars, c'est parce
que nous n'avons pas réussi à trouver suffisamment d'institutions
financières qui acceptent de participer au programme pour offrir un
véritable service national aux étudiants. Nous avons donc dû
adopter une série de mesures urgentes pour assurer la continuité
des services aux étudiants pendant la période de transition.
Nous pensons que la seule solution que nous aurions eue pour
garder notre entente avec les institutions financières aurait été
de rétablir la garantie dont M. Good a parlé, ou du moins un
système quelconque qui aurait été, ni plus ni moins, une garantie.
Or, le gouvernement a rejeté cette méthode en 1995, considérant que
ce n'était pas la plus efficace. Nous pensons donc que la seule
autre solution est un système de financement direct, c'est le seul
moyen pour le gouvernement d'assurer la continuité du service.
Cela dit, il est certain que nos coûts vont augmenter pendant
la période de transition. En effet, comme on l'a mentionné
plusieurs fois ce matin, il y a des domaines où les étudiants
emprunteurs risquent de s'y perdre. Il va falloir que nous
investissions pour améliorer les communications avec les étudiants
emprunteurs et réduire au minimum ces sources de confusion.
Évidemment, nous ne nous attendions pas à ces arrangements de
transition que nous devons prendre avec les banques en attendant
que le fournisseur de services devienne opérationnel. D'un autre
côté, si nous avions maintenu les ententes avec les banques, nos
coûts auraient augmenté à cause de frais d'administration. Nous
pensons que les coûts de la période de transition devraient être
inférieurs aux coûts que nous aurions eus autrement.
On est en train actuellement d'arrêter tous ces détails. Le
ministère doit présenter au Conseil du Trésor une évaluation
détaillée des coûts du nouveau programme. Toutefois, pour
l'instant, sur la base des modèles que nous avons pu établir, nous
pensons qu'à long terme ce programme ne devrait pas coûter beaucoup
plus qu'une entente avec les banques. Pour affirmer cela, nous nous
basons sur le fait que les fournisseurs de services qui se
chargeront de l'administration des prêts pour le compte du
gouvernement offrent déjà ce type de services aux institutions
financières.
• 1100
Le président: Bryon, si vous le voulez bien, j'ai plusieurs
questions très courtes au sujet de votre question.
J'ai les noms de Brad Wuetherick, Bob Best, David Robinson
puis Mike Conlon, toujours sur le même sujet. Brad.
M. Brad Wuetherick: J'ai trois observations très courtes.
Pour commencer, il est certain que les prêts sont très mal
compris. Les étudiants, moi compris... Quand j'avais 18 ans et que
j'ai signé mon premier emprunt, je n'ai pas compris à quoi je
m'engageais. Nous devons continuer à insister sur la communication,
il faut que ce soit une priorité.
Deuxièmement, et Mike Conlon a déjà soulevé cette question, en
règle générale les étudiants ont plus confiance quand ils traitent
avec le gouvernement et non pas avec les banques. Les banques
défendent avant tout leurs propres intérêts, elles ne sont pas là
pour défendre les intérêts des étudiants. Je suis convaincu que le
nouveau système sera plus transparent et mieux compris par les
étudiants qui en profiteront. C'est un point qu'il faut souligner
également.
Une question pour M. Good maintenant, j'aimerais savoir qui
décide de devenir un fournisseur de services. Par ailleurs, il faut
absolument que le gouvernement et tous les intéressés soient tenus
très au courant et sachent qui seront les nouveaux fournisseurs de
services. Pouvez-vous commencer par répondre à cette question?
Le président: Vous voulez un autre tour? Vous pourrez revenir
très brièvement.
Bob Best puis David Robinson et Mike Conlon.
M. Bob Best: Merci, monsieur le président.
Brad a mentionné la transparence et la responsabilité envers
les étudiants, et moi-même j'aimerais revenir à une observation de
M. Wilfert au sujet du rôle du Parlement. À mon avis, un des
avantages des prêts directs pourrait fort bien être une plus grande
transparence. Depuis 1991, je fais partie du groupe consultatif
national sur l'aide financière aux étudiants, et j'ai donc pu voir
tous ces scénarios. Depuis cinq ans, je trouve que les travaux de
ce comité sont terriblement frustrants, car nous n'avons jamais
réussi à obtenir des données précises sur les prêts étudiants non
remboursés. Pendant ce temps, on n'a cessé de nous parler de ce
problème et des dangers qu'il faisait courir au programme.
Le ministère lui-même a communiqué certaines données sur les
prêts garantis et les tendances générales en ce qui concerne les
non-remboursements de ces prêts, mais il faut dire que ces données
sont loin d'être aussi complètes que nous l'aurions voulu.
Nous n'avons eu aucune donnée sur les prêts à risque partagé.
Les institutions financières considèrent qu'elles sont
propriétaires de ces données. Les responsables du ministère eux-mêmes nous
disent qu'ils ne réussissent souvent pas à obtenir des
données à jour.
Il me semble que ce comité pourrait jouer un rôle très
important sur le plan de la responsabilité comptable et insister
pour obtenir ces données au sujet des nouveaux prêts. Il pourrait
ensuite les communiquer au ministère. En effet, on pourrait
insister auprès des fournisseurs de services pour qu'ils
communiquent très régulièrement les tendances en matière de non-remboursement.
On ne le sait pas généralement, mais je crois comprendre que
les prêts garantis non remboursés ont commencé à baisser en 1996.
Les données les plus récentes que je possède remontent à 1997, je
crois. Toutes ces mesures se trouvaient dans le budget de 1998, et
dans certains cas, elles commencent tout juste à donner des
résultats, ce qui, logiquement, devrait faire diminuer encore le
nombre des prêts non remboursés.
Pour ce qui est de la surveillance, je répète que nous devons
avoir accès à des données très à jour sur le non-remboursement des
prêts étudiants.
Merci, monsieur le président.
Le président: David Robinson, de l'ACPPU.
M. David Robinson: Merci, monsieur le président.
Permettez-moi de revenir brièvement à l'observation de
M. Wilfert au sujet du problème de reddition de comptes qui existe
dans le Transfert canadien en matière de santé et de programmes
sociaux. Je tiens à rappeler au comité que le même problème
existait dans le régime de transfert financier précédent, c'est-à-dire le
financement des programmes établis.
Je viens de la Colombie-Britannique, et le Crédit social, qui
gouvernait à l'époque, se vantait toujours d'avoir asphalté les
routes de la Colombie-Britannique avec l'argent de l'enseignement
postsecondaire. C'est un problème qui ne date donc pas d'hier.
Mais cela va droit au coeur de bon nombre des questions dont
on a parlé quant à la façon dont le gouvernement fédéral s'est lui-même
placé dans une impasse et a dû s'attaquer à des questions
secondaires plutôt qu'à la question fondamentale de savoir comment
on peut financer les opérations essentielles des établissements
d'enseignement postsecondaire.
• 1105
Dans le dernier budget, par exemple, le gouvernement s'est
engagé à verser 2,5 milliards de plus sur une période de quatre ans
par le biais du Transfert canadien en matière de santé et de
programmes sociaux. Quelle partie de cet argent servira à
l'enseignement? Je ne m'attends pas à grand-chose. Le premier
ministre de l'Ontario a déjà déclaré qu'il ne verserait pas un sou
à l'enseignement postsecondaire.
Si nous voulons nous doter d'un programme à plus long terme,
nous devrons donc revoir la façon dont le gouvernement fédéral
transfère l'argent destiné à des programmes d'importance nationale,
comme l'enseignement postsecondaire. Nous pourrions peut-être
envisager la possibilité de transférer ces fonds à l'enseignement
postsecondaire comme on le fait sous le régime de la Loi sur la
santé au Canada, c'est-à-dire un fonds réservé à cette fin pour
lequel on prendrait des engagements nationaux que les provinces
accepteraient. Je sais que ce n'est pas une mince affaire, mais
c'est la seule façon de régler ce problème.
Le président: David, pardonnez-moi. Je vous ai présenté comme
M. Good et je sais que ce n'est pas votre nom.
Mike Conlon.
M. Michael Conlon: Permettez-moi de commenter également
l'intervention de M. Wilfert. À moins qu'il soit au courant de
choses que j'ignore, je ne sais pas comment les coûts, les dépenses
et les méthodes comptables sont pris en compte dans les
réclamations que présentent les banques partout au Canada dans le
cadre du programme des prêts étudiants. À vrai dire, de 1995
jusqu'à maintenant, le programme semble tenu secret.
Lorsque les banques disent qu'elles perdent de l'argent, nous
ne savons pas si cela signifie la même chose que si vous ou moi en
perdons ou si les banques calculent dans leurs coûts le fait que
les prêts étudiants leur rapportent moins que des investissements
sur les marchés asiatiques, les marchés monétaires ou de devises,
etc.
Les banques prétendent qu'elles perdent des centaines de
millions de dollars. Malgré certaines des dispositions que
contiennent les ententes sur le partage des risques, nous n'avons
jamais pu avoir accès à ces données, non plus qu'aux données sur
les cas de non-remboursement. Pour nous, il est plus justifiable
que les citoyens du Canada paient les coûts de l'administration du
programme que d'effectuer des remboursements rétroactifs aux
banques au sujet des ententes de partage des risques—comme on l'a
signalé dans l'article du Globe and Mail.
Pour nous, si les coûts du programme servent à offrir aux
citoyens du Canada un programme social valable, ces coûts sont un
meilleur investissement qu'un transfert d'argent aux banques.
Le président: C'est encore le tour de Bryon Wilfert. J'en suis
très conscient.
David Good. Soyez bref.
M. David Good: Je vais demander à M. Townsend de répondre
brièvement.
Le président: Thomas Townsend.
M. Thomas Townsend: Permettez-moi de commenter cette question
de la transparence. Il est essentiel que nous, fonctionnaires et
parlementaires, connaissions tous les faits—ceux liés aux coûts et
ceux liés au rendement du programme—pour que nous puissions mettre
en place une bonne politique publique et que nous puissions bien
administrer cette politique.
La méthode du prêt direct nous offre de bonnes occasions
d'améliorer la reddition de comptes au Parlement et notre capacité
d'analyse. Cette méthode nous permettra également d'avoir une
politique publique mieux éclairée grâce aux données que nous
posséderons. Ce n'est pas dû au fait que cette méthode est
parfaite, mais parce que tous les coûts seront maintenant inscrits
dans les livres du gouvernement. À notre avis, du point de vue de
la gestion d'une fonction publique moderne, ce qui sera entre
autres essentiel, dans la mise en oeuvre de ce nouveau programme de
financement direct, ce sera de faire en sorte que les décisions du
programme se fondent principalement sur les faits.
Le président: Bryon Wilfert.
M. Bryon Wilfert: Merci, monsieur le président.
Monsieur Good, je suis toujours préoccupé par les réactions
lorsqu'on élabore des politiques publiques. Il me semble que nous
devons fixer des objectifs très clairs quant à ce que nous voulons
réaliser au moyen du programme de prêts étudiants. Si nous pouvons
nous entendre sur ces objectifs—et je ne sais pas si c'est le
cas—nous devons ensuite mettre en place la structure nécessaire,
évaluer les coûts, etc.
J'entends dire que nous avons un système de modélisation et
qu'il ne devrait pas y avoir d'augmentation, mais nous ne sommes
pas... Il n'y a pas de réponse définitive, évidemment, mais nous
savons que souvent, il est possible d'évaluer les coûts dans une
certaine mesure. C'est une préoccupation que nous avons tous.
Je ne suis pas le porte-parole des banques, mais il me semble
qu'elles seraient le mandataire logique. Il est évident que le
régime doit être transparent et qu'il doit y avoir une reddition de
comptes, et si elles ne peuvent offrir cela—bien que certaines
banques semblent dire qu'elles voudraient continuer de participer
au programme et d'autres non—il faudra alors élaborer un régime
qui desserve bien les étudiants et les contribuables.
• 1110
Cela ne me réjouit pas d'entendre que c'est ce qui est prévu.
J'aimerais savoir, monsieur Townsend et monsieur Good, si ces
renseignements... Et ils devraient être fournis au comité
rapidement. Nous en sommes au dernier jour de cette session et nous
serons en congé jusqu'à l'automne. Nous allons retourner dans nos
circonscriptions et nous devrons nous fier aux premières pages du
Globe and Mail, ce qui n'est pas la bonne façon d'élaborer des
politiques publiques.
Les problèmes qui se sont produits en janvier m'ont laissé
très amer et j'ai trouvé la réponse du ministère pitoyable. En
fait, c'était un désastre. Il a fallu dix heures pour qu'on
réagisse à ce qui était, nous le savions, un problème. Mais
personne n'a évidemment produit l'information. On nous a ensuite
annoncé le 9 mars que les banques s'étaient retirées. Ce n'est pas
votre faute, mais qu'a-t-on fait, depuis mars?
Vous dites que nous ferons un appel de propositions. Les
ententes expirent en juillet. Les banques traverseront une période
de transition dont nous devrons payer la facture, une facture dont
nous ne connaissons pas encore le montant. Il semble qu'il y ait un
grand nombre de facteurs en cause auxquels nous ne connaissons pas
vraiment de solutions. En ma qualité de parlementaire—car je ne
saurais parler au nom de mes collègues—j'ai besoin de vraies
réponses. Il y aura l'été, et nous savons à quel point il est
difficile, même dans les meilleures conditions, d'obtenir les
réponses dont nous avons besoin à ces questions importantes.
Je propose qu'avant l'ajournement, on nous présente au moins
une description générale de ce que vous proposez et des facteurs en
cause. Quels facteurs seront appliqués pour évaluer ces
fournisseurs de services? J'aimerais bien les connaître. J'aimerais
savoir comment les intervenants—le gouvernement, les étudiants et
les fournisseurs de services—participeront à cet exercice.
En fin de compte, je voudrais être certain que nous n'avons
pas à nous inquiéter de ce que les coûts ont augmenté en raison de
facteurs sur lesquels nous n'avons aucune prise. J'aimerais savoir
également par contre quelle est notre stratégie au sujet de
l'harmonisation, qui pose de toute évidence un grand problème.
Je ne peux rien faire au sujet de M. Harris, en Ontario, et
des augmentations dans cette province. Les étudiants nous demandent
ce que nous faisons pour eux. Ils disent que l'Ontario a augmenté
les frais de scolarité et ils se tournent vers nous pour trouver
des solutions. Harris a essayé d'empocher l'argent des bourses du
millénaire, ce qu'il n'avait pas le droit de faire, et cela a été
une vraie catastrophe. Notre réaction, au départ du moins, a été
médiocre.
Le président: Voilà le temps dont disposait Bryon Wilfert.
J'essaie d'accorder un temps égal à tous les députés et je vous
demanderais donc de répondre rapidement afin que nous puissions
passer à quelqu'un d'autre.
M. David Good: Je vais essayer de donner une réponse très
succincte.
L'accessibilité est un objectif clair. Nous devons équilibrer
cet objectif par rapport aux besoins des étudiants et des
contribuables. Comme je l'ai déjà dit, ce programme offre moins que
le programme de garantie de prêt qui existait auparavant. Nous en
sommes convaincus. Comme Thomas l'a dit, il y aura des coûts de
transition.
Je comprends ce que vous dites, monsieur Wilfert, sur le fait
que les conditions des contrats de service sont absolument
essentielles à la réussite de ce programme. Ces contrats doivent
pouvoir exprimer la transparence, l'ouverture, la reddition de
comptes et les exigences en matière de services aux étudiants.
C'est avec ce mécanisme que nous allons entreprendre le programme.
À titre de fonctionnaires, c'est à notre ministre que nous
rendrons des comptes. Elle rendra à son tour compte des résultats
au comité parlementaire.
Le président: Comme je l'ai déjà mentionné, le comité serait
reconnaissant qu'on lui fournisse tous les renseignements
possibles. Je sais que les renseignements sont affichés, mais il
est très utile aux députés de tous les partis de recevoir les
documents de façon à ce que nous sachions ce qui se fait.
Thomas Townsend.
M. Thomas Townsend: J'ajouterai qu'il faut également tenir
compte de la façon dont nous amenons les intervenants à participer.
Lorsque nous avons envoyé des demandes de renseignements pour
mesurer l'intérêt de l'industrie, nous avons réuni tous les
répondants à ces demandes d'information et nous avons donné la
chance aux intervenants de discuter directement avec les sociétés
qui avaient manifesté un intérêt.
Dans l'élaboration des exigences relatives aux soumissions—la
demande de propositions—nous collaborons de nouveau avec les
intervenants afin que le contrat contienne ce qu'il faut
d'exigences en matière de service et de reddition de comptes. Nous
rencontrerons demain les représentants de ce groupe et nous
réviserons les ébauches de cet énoncé des exigences. Nous faisons
de grands efforts afin qu'un éventail aussi large que possible de
gens participe à l'élaboration des contrats de fourniture de
services.
• 1115
Le président: Libby Davies, puis Larry McCormick.
Mme Libby Davies (Vancouver-Est, NPD): Merci, monsieur le
président.
Tout d'abord, je tiens à remercier les membres du comité
d'avoir appuyé la motion qui a été présentée hier. D'après les
préoccupations exprimées, on peut voir qu'il est très important de
tenir cette discussion—mieux vaut tard que jamais, en fait.
Avant de poser ma question et de faire des observations,
j'aimerais obtenir une précision du président. Je suis heureuse
d'entendre que vous enverrez une lettre à la ministre au sujet de
nos discussions d'aujourd'hui, mais j'aimerais savoir si le comité
aura également l'occasion d'examiner une motion qui pourrait être
présentée aujourd'hui.
Le président: Malheureusement, nous ne sommes pas assez
nombreux pour cela. Vous pouvez donner avis de votre motion, si
vous le souhaitez, et nous pourrons l'examiner plus tard, si cela
vous va. Je suis toutefois très favorable à l'idée de la lettre.
Mme Libby Davies: Il est très important que nous discutions de
cette question aujourd'hui, parce que d'après ce que nous disent un
certain nombre de nos témoins d'aujourd'hui, l'une des principales
questions dont nous sommes saisis est de savoir si le programme des
prêts étudiants du Canada est perçu comme un programme social ou
s'il s'agit d'un programme de crédit à la consommation ou de prêt
commercial. D'après notre expérience des dernières années, depuis
que ce programme est contrôlé par les banques, on a constaté que
les prêts étudiants au Canada sont de plus en plus considérés comme
des programmes de prêts commerciaux.
Je ne sais pas ce qu'en pensent les autres membres du comité,
mais d'après les discussions que j'ai eues avec des étudiants, pas
seulement dans ma propre circonscription de l'est de Vancouver mais
de partout au Canada, il existe une crise réelle. Il est évident
que les universités et les collèges du Canada doivent payer des
coûts énormes et que l'infrastructure est en train de s'effondrer.
Il est également évident que les étudiants vivent dans bien des cas
une crise parce qu'ils ne peuvent plus fréquenter l'école en raison
de ce problème d'endettement massif. Nous sommes tous persuadés
ici, j'en suis sûre, que, comme on nous l'a dit, la cause de tous
ces problèmes est un sous-financement chronique du système
d'enseignement postsecondaire.
On semble également s'inquiéter beaucoup de l'augmentation de
la privatisation et de ce qu'on semble maintenant commencer à
instaurer un régime à deux paliers semblable à celui des soins de
santé. Cette situation semble maintenant s'étendre également à
notre système d'enseignement, et cela devrait nous inquiéter
grandement.
Pour ce qui est du Programme de prêts aux étudiants du Canada,
lorsque les banques s'en sont retirées, bon nombre d'entre nous ont
constaté que cela nous donnait l'occasion de corriger certains des
affreux problèmes qui étaient survenus. La plupart des étudiants
que je connais entretenaient d'énormes doutes, et même des
craintes, lorsqu'il fallait faire affaire avec des banques. Des
étudiants ont connu une mauvaise expérience parce qu'ils ont dû
participer à ce régime et se faire ensuite harceler par des agences
de perception parce qu'ils ne pouvaient rembourser. On nous dit
maintenant qu'il s'agit d'un régime de financement direct par des
fournisseurs de services, et j'espère qu'il y aura des
améliorations. Je dois toutefois me faire l'écho des observations
de mes collègues et avouer que rien de ce qui nous est présenté
n'offre de garantie quant à l'amélioration de la qualité du
service, du point de vue des étudiants, que le régime sera
équitable, que les données seront divulguées, que le traitement
sera juste et que l'accès sera suffisant.
Deuxièmement, en ce qui a trait aux dispositions générales du
programme, il est très important que nous examinions les
ajustements qui peuvent être apportés au sujet des taux d'intérêt.
Allons-nous examiner la possibilité de programmes de réduction de
la dette? Quel sera le programme applicable en cas de non-remboursement? À
l'heure actuelle, le programme est très rigoureux
et on considère que les étudiants sont en situation de non-remboursement
immédiatement après 90 jours.
Ce sont les questions que je pose. Je comprends que nous ne
pouvons pas tout couvrir aujourd'hui, mais j'aimerais commencer par
demander à M. Conlon et à M. Robinson ce qu'ils pensent des
fournisseurs de services et quelles conditions nous devrions
énoncer pour garantir que des services de grande qualité seront
offerts aux étudiants, des services bien différents de ce qu'ils
ont connus auprès des banques.
• 1120
Deuxièmement, vous avez tous deux mentionné l'importance de
prévoir d'autres modifications et un programme de réduction de la
dette pour régler certains des problèmes actuels.
En fait, monsieur Conlon, vous avez débité vos recommandations
si rapidement que je ne les ai pas toutes entendues, mais vous avez
parlé plus précisément de la réduction de la dette et j'aimerais
que vous m'en disiez davantage à ce sujet.
Le président: Michael Conlon, puis David Robinson.
M. Michael Conlon: Quand je parle du programme de réduction de
la dette, il s'agit du programme qui a été présenté dans le budget
de 1998. Nous sommes extrêmement frustrés de la façon dont le
gouvernement fédéral a agi pour mettre en oeuvre les mesures plus
régressives du budget de 1998 alors que nous voilà, deux ans plus
tard, sans que ce programme n'ait été mis en place.
Le programme de réduction de la dette, qui vise à aider les
étudiants qui ont épuisé les autres possibilités, pourra être
efficace dans une certaine mesure, tout comme une réduction des
taux d'intérêt. Notre organisme ne l'a jamais nié. Mais notre
discussion d'aujourd'hui est peut-être productive puisqu'elle
permet de constater que les grands enjeux qui entourent le
Programme canadien de prêts aux étudiants, les frais de scolarité
et les autres éléments qui exercent une pression sur le programme
sont des questions fondamentales qui ne sauraient être discutées
sans parler du programme lui-même.
En ce qui a trait aux fournisseurs de services, en principe,
notre organisme estime qu'un programme public doit être administré
par ceux qui rendent des comptes au public et aux représentants
élus de la population. Cela dit, puisque ce n'est pas l'orientation
dans laquelle nous nous engageons, nous souhaitons qu'il y ait deux
exigences de base dans le nouveau programme.
La première exigence serait qu'on impose des normes de service
exécutoires—et c'est une autre de nos grandes préoccupations—dans
tous ces contrats, quels qu'ils soient. Les contrats avec les
banques contenaient des dispositions au sujet du service. Dans bien
des cas, ces dispositions n'ont pas été appliquées. Dans un cas, en
particulier, le gouvernement fédéral n'a pas réagi très rapidement
à ce que faisait la Banque de Nouvelle-Écosse au sujet de cette
disposition en matière de service. Mais pour nous, le niveau de
service qu'offraient les banques n'était pas suffisant. Il faut
donc qu'il y ait des normes de service très claires et exécutoires.
Deuxièmement, et c'est beaucoup plus important de notre point
de vue, les fournisseurs de services, contrairement aux banques,
n'ont absolument aucune influence, directe ou indirecte, sur
l'établissement de la politique gouvernementale en ce qui concerne
le programme. Il s'agit d'un programme social destiné à offrir de
l'espoir aux Canadiens qui ont le mérite et osent prendre
l'initiative d'entreprendre des études postsecondaires. Il ne doit
pas être assujetti aux diktats d'une entreprise à but lucratif.
En ce qui concerne les fournisseurs de services, le
gouvernement a donc décidé de les indemniser pour un service
particulier d'administration du programme, et si c'est la décision
qui a été prise, comme il semble que ce soit déjà fait, ce sont les
deux principales préoccupations que nous avons.
Le président: David Robinson, suivi de Judy Stymest.
M. David Robinson: Je partage les opinions et les
préoccupations exprimées par Michael au sujet des mesures de
réduction de la dette. Je pense que nous voulons un programme et
que nous espérons qu'il y en aura un. Nous avons vu des énoncés
préliminaires venant du ministère et nous pensons que le programme
n'apportera pas une aide suffisante, mais nous espérons qu'après
des discussions et des consultations, les étudiants qui font
vraiment face à des difficultés—et il y en a malheureusement un
très grand nombre—se verront offrir un allégement significatif de
leur dette.
Pour ce qui est des fournisseurs de services, je répète la
préoccupation exprimée par Michael, c'est-à-dire que nous aimerions
voir idéalement un modèle de bureau de service public, c'est-à-dire
qui serait administré par l'État et qui rendrait des comptes à la
population. Comme ce n'est pas le cas, je pense qu'il faut imposer
à ces fournisseurs de services le même type de normes que nous
imposons aux institutions publiques, pour ce qui est de la
reddition de comptes, de la transparence et de la prestation de
services de haute qualité aux étudiants.
Le président: Judy Stymest.
Mme Judy Stymest: Il me semble que les prêts directs offrent
une belle occasion d'innover et de repenser en partie le processus
de traitement de l'aide aux étudiants au Canada.
J'aimerais mentionner l'exemple sur lequel M. Wilfert a fait
un commentaire tout à l'heure au sujet des emprunteurs qui ne
savent pas combien de prêts ils ont et ce qu'il faut faire, car
tout est compliqué lorsque les étudiants ont fait plusieurs
emprunts.
J'espère que dans le cadre du nouveau programme, les étudiants
pourront confirmer une seule fois à un organisme central qu'ils
étudient à plein temps et qu'ils ont donc droit à l'exonération du
paiement des intérêts. Ce renseignement pourrait ensuite être donné
à ceux qui en ont besoin afin que les étudiants ne se retrouvent
pas en situation de non-remboursement technique, et qu'ils puissent
se concentrer sur leurs études au lieu de s'occuper des divers
programmes de prêts.
• 1125
Comme Michael, j'espère également que la politique sera
distincte du système de prestation et que nous pourrons mettre
l'accent sur l'élaboration de mesures visant à réduire
l'endettement ainsi que sur une étude du processus d'évaluation des
besoins.
Le président: Libby Davies.
Mme Libby Davies: En outre, nous ne savons même pas encore
comment les fournisseurs de services seront constitués ou comment
ils seront choisis, du moins je n'ai rien lu à ce sujet dans les
documents, nous ne savons pas s'il s'agira de bureaux à but
lucratif ou à but non lucratif. Nous ne savons pas non plus quels
seront les frais d'administration, c'est-à-dire combien il en
coûtera au gouvernement. Je me demande si M. Good ou M. Townsend
pourrait faire un commentaire à ce sujet.
L'autre question qu'on n'a pas encore abordée est le lien
qu'ils auront avec les agences de recouvrement et s'il y aura des
changements dans la façon dont ces agences fonctionnent. C'est un
élément qui a causé énormément de frustrations aux étudiants.
Lorsqu'ils ne font plus leurs remboursements, on confie très
rapidement leur cas à des agences de recouvrement. Ils deviennent
alors victimes du marché.
J'ai parlé à des étudiants qui se sont fait littéralement
harceler à sept heures du matin par des agences de recouvrement.
J'ai parlé à des mères qui vivent de l'aide sociale et qui ne
peuvent pas aller travailler, car si elles le font, l'agence de
recouvrement—l'agence de harcèlement—les forcera à rembourser
leurs prêts étudiants et elles finiront par vivre sous le seuil de
pauvreté.
Ainsi l'une des principales questions est de savoir s'il y
aura des changements dans les normes de service qu'on imposera,
espérons-le, à ces agences de recouvrement. Je demanderais aux
représentants du gouvernement de répondre, et j'aimerais que l'un
ou l'autre des autres témoins fassent aussi un commentaire.
Le président: Thomas Townsend.
M. Thomas Townsend: On a posé plusieurs questions au sujet du
fournisseur de services. Les 15 organisations qui ont répondu à la
demande de renseignements étaient toutes des organisations à but
lucratif. Nous prévoyons donc qu'au moment de l'envoi des appels
d'offres en vue d'accorder un contrat à un ou à plusieurs
prestataires de services, ce sera fort probablement des
organisations à but lucratif qui présenteront une soumission et
deviendront les entreprises de prestation de services. Il n'y
aurait rien dans la demande de proposition qui limiterait ou
interdirait à un organisme à but non lucratif de déposer une
soumission et d'obtenir le contrat, rien dans le processus
n'empêche l'un ou l'autre.
Pour ce qui est des services, nous nous engageons à profiter
de cette occasion pour améliorer les services aux étudiants qui
empruntent. À cette fin, nous travaillons étroitement avec des
groupes à l'élaboration de l'énoncé de travail pour les
fournisseurs de services. Nous participons également à un certain
nombre d'autres séances d'information, y compris des séances
destinées aux parlementaires et à leur personnel, et nous recevons
les commentaires de divers groupes qui s'occupent fréquemment des
étudiants aux prises avec des difficultés causées par le programme.
Nous avons tenu jusqu'ici quatre séances d'information et nous
avons reçu des participants énormément de conseils et d'avis
utiles. Comme je l'ai dit, nous participerons demain avec les
personnes réunies autour de cette table à l'une de nos séances
organisées pour élaborer l'énoncé de travail qui déterminera les
niveaux de services attendus du fournisseur.
Pour ce qui est de la question posée au sujet des agences de
recouvrement, dans la formulation de la prestation des services
pour le programme de prêts directs, nous visons principalement à
éviter que des étudiants se retrouvent en situation de non-remboursement
et que leur cas soit confié à des agences de
recouvrement. Le gouvernement a cependant recours à des agences de
recouvrement pour tous les cas de dettes qui ne lui sont pas
remboursées. Ces agences de recouvrement doivent respecter
certaines normes, y compris un traitement équitable des personnes.
Ainsi, le genre de situation que vous décrivez, où des gens sont
harcelés, est non seulement inapproprié, mais cela ne cadre pas
avec les accords conclus par le gouvernement du Canada.
• 1130
Le Programme canadien de prêts aux étudiants inclura, dans sa
formule de service, le maintien de fonctionnaires qui seront à la
disposition des emprunteurs qui font face à des difficultés avec le
fournisseur de services ou une agence de recouvrement, et ces
fonctionnaires pourront intervenir en leur nom. Les emprunteurs
disposeront donc d'un palier d'appel.
Le président: Je demanderais à Brad Wuetherick d'être très
bref et ensuite, Libby, il faudrait essayer d'accélérer les choses,
si possible.
M. Brad Wuetherick: Je voulais seulement souligner brièvement
que le processus d'appel que vous avez mentionné est essentiel.
Et je n'ai pas encore vraiment entendu parler d'un engagement
au sujet de la prise de décision définitive pour ce qui est des
fournisseurs de services. Qui obtiendra ces contrats? J'aimerais
bien savoir qui prendra la décision finale. Est-ce seulement DRHC
qui prendra toutes les décisions? Est-ce que ce sont les membres de
ce comité, de concert avec des intervenants?
M. Thomas Townsend: Pour ce qui est du contrat octroyé aux
fournisseurs de services, nous devons suivre les règles prévues
pour les contrats du gouvernement. Les personnes qui évalueront les
soumissions et accorderont le contrat seront des fonctionnaires de
Développement des ressources humaines Canada et de Travaux publics
et Services gouvernementaux Canada. La participation des
intervenants est essentielle à ce point, car une fois qu'on entre
dans le processus d'appel d'offres, nous devons respecter ces
règles.
Mme Libby Davies: Il est très important que le comité essaie
de se tenir au courant de ce qui se passe, parce que nous avons
perdu le contact. Nous avons préparé le rapport initial il y a
trois ans et il y avait également des rapports minoritaires, mais
depuis, il y a eu peut-être une autre table ronde. Étant donné les
changements importants qui se produisent, j'espère vraiment que le
comité continuera d'examiner cette question. J'ai l'intention de
déposer un avis de motion fondée sur ce que nous avons entendu
aujourd'hui.
Je voudrais seulement ajouter que la chose la plus
fondamentale que nous devons examiner est probablement une sorte de
norme ou de principe national fondé sur l'accessibilité. Tout le
monde a mentionné que l'accessibilité à l'enseignement
postsecondaire ainsi que le financement nécessaire pour assurer
cette accessibilité sont vraiment les éléments qui sous-tendent ce
programme. Si nous n'y voyons pas, cette crise va continuer.
Le président: Larry McCormick, suivi de Raymonde Folco.
M. Larry McCormick (Hastings—Frontenac—Lennox and Addington,
Lib.): Merci, monsieur le président.
Je remercie chacun des témoins d'être venus aujourd'hui.
Je veux revenir un instant aux représentants de DRHC pour
parler du processus d'appel d'offres, qui ne pourra plus être
changé. Avons-nous en ce moment toutes les lignes directrices
permettant d'obtenir ce que nous demandons, ce pourquoi nous
faisons des appels d'offres, et ce que sera une agence de service?
Avons-nous toutes ces informations?
M. Thomas Townsend: Nous sommes actuellement en train
d'élaborer un énoncé des besoins, qui déterminera les normes de
service, les conditions d'exécution, et d'autres éléments du
contrat. C'est pourquoi nous sommes en plein mode de consultation.
Nous nous attendons à être en mesure d'élaborer l'énoncé de
travail, qui constituera le facteur déterminant du processus
d'appel d'offres, d'ici deux ou trois semaines. Tout n'est donc pas
définitif pour l'instant, mais nous y arriverons rapidement.
Le président: Les intervenants participent-ils à la conception
de la proposition?
M. Thomas Townsend: Oui, c'est ce que nous sommes en train de
faire, et nous demandons aux intervenants dans quelle mesure ils
estiment...
Le président: Merci.
Larry McCormick.
M. Larry McCormick: C'est évidemment intéressant, et je suis
persuadé que les organisations qui se proposeront comme agences de
service seront des entreprises à but lucratif, mais quelle sera la
capacité de ces entreprises de recouvrer les prêts des étudiants
qui n'ont pas fait leurs paiements, et comment le gouvernement
fédéral supervisera-t-il la chose? Nous n'y avons pas très bien
réussi auparavant.
M. Thomas Townsend: Il est évident que l'organisation ou les
organisations choisies devront être capables d'administrer les
prêts, et qu'elles devront en faire la preuve. Nous avons fixé un
certain nombre de conditions préalables, en ce qui concerne leur
capacité de le faire.
L'autre aspect qui est un élément absolument essentiel des
besoins dont nous sommes en train de dresser la liste, concerne les
renseignements que le fournisseur de services transmettra au
gouvernement fédéral sur la situation de chaque prêt administré au
nom du gouvernement fédéral.
• 1135
Le président: Quelle serait la durée du contrat? Il y a
certains renseignements fondamentaux que nous n'avons pas. S'agit-
il de cinq ans, de deux ans, ou...
M. Thomas Townsend: Il s'agira d'un accord pluriannuel. On
s'attend pour l'instant, bien que la décision n'ait pas encore été
prise, à ce que la durée de l'entente soit assez longue pour
permettre au fournisseur de services de recouvrer son
investissement de capitaux, mais assez courte pour permettre des
innovations ou des changements dans le secteur.
La durée de l'entente se situerait probablement entre trois et
cinq ans.
Le président: Merci.
Larry McCormick.
M. Larry McCormick: Merci, monsieur le président.
Dans un article publié le 6 juin, un journal de Halifax
signalait que la Nouvelle-Écosse n'a pas d'institution financière
pour administrer les prêts aux étudiants. Je suis persuadé que vous
vous occuperez de cette question, mais y a-t-il d'autres
endroits... et combien de vides y a-t-il à combler pendant cette
période de transition?
M. Thomas Townsend: En ce qui concerne le Programme provincial
de prêts aux étudiants, la province de l'Ontario a des accords qui
dureront encore un an. La province de la Saskatchewan a des accords
qui dureront encore un an. La province de la Colombie-Britannique
vient de terminer un processus d'appel d'offres qui fera, que je
sache, que la province aura un régime de financement direct
semblable à celui du gouvernement fédéral.
Toutes les autres provinces cherchent en ce moment à conclure
des ententes à court terme ou à long terme avec des institutions
financières, mais aucune d'entre elles n'y est parvenue jusqu'à
maintenant.
M. Larry McCormick: Merci, monsieur le président.
Mon collègue de Vancouver a mentionné que certains pensent que
nous avons un système de soins de santé à deux vitesses au Canada.
Nous avons évidemment entendu le ministre de la Santé en parler
hier, parce que plusieurs d'entre nous voient cette différence de
vitesses entre les régions urbaines et rurales, et le même problème
existe dans le domaine de l'éducation.
Mon humble rôle en tant que président du caucus rural du côté
ministériel est de défendre les droits des petites villes et des
localités rurales du Canada. La raison pour laquelle dans le passé
certains de ces étudiants ont été harcelés davantage à cause de
leurs prêts, qu'ils doivent certainement rembourser, est peut-être
que les emplois ne sont pas toujours aussi faciles à trouver dans
les régions rurales du Canada.
Le gouvernement a annoncé hier qu'il consacrerait une somme
importante d'argent à la télémédecine et à la télésanté. Je sais
que le sujet de notre discussion est d'une plus grande envergure,
mais la télé-éducation pourrait certainement avoir un rôle à jouer,
quand nous pensons à l'avenir des prêts aux étudiants, au fardeau
que cela représente et aux défis auxquels les gens font face dans
les régions rurales du Canada.
Le président: Pour en revenir à la dernière question
concernant les contrats, incluront-ils des dispositions concernant
l'évaluation et la réévaluation, ainsi que la reddition des
comptes?
M. Thomas Townsend: À plusieurs étapes de l'exécution de
l'entente, les paiements seront en effet fondés sur le rendement
établi à différentes phases de l'accord. En outre, il y aura des
dispositions permettant d'évaluer de manière indépendante les
niveaux de service, et d'après ces évaluations, on déterminera
certaines améliorations précises que le fournisseur de services
devra apporter.
Le président: Merci. J'apprécierais que le comité puisse
participer aux discussions sur ces questions. Je vous ai expliqué
pourquoi nous ne nous en sommes pas occupés en février, et il est
possible que cela se reproduise, mais je pense que nous avons un
personnel qui peut suivre ce qui se passe à DRHC même s'il nous est
impossible de tenir des réunions publiques sur ces questions.
Raymonde Folco.
[Français]
Mme Raymonde Folco (Laval-Ouest, Lib.):
Je voudrais poursuivre
sur la question de mon collègue M. McCormick.
Vous lui
avez répondu qu'il y avait maintenant une tentative
d'entente entre le gouvernement et la Banque Royale,
la CIBC, la Banque de la Nouvelle-Écosse, la Banque Nationale
et d'autres en ce qui concerne cette période de
transition entre le 1er août 2000 et le 28 février 2001.
C'est une tentative d'entente, si je comprends bien,
et je voudrais savoir à quel point cette tentative
d'entente est solide. Est-on sûr que,
pendant cette période entre le 1er août 2000 et le 28
février 2001, les étudiants de toutes les provinces—si
si je comprends bien, ce n'est pas seulement en
Nouvelle-Écosse que ce problème s'est produit mais
dans toutes les provinces—pourront
compter sur cette entente pour avoir accès à
des bourses?
M. Thomas Townsend: Cette tentative
consiste en une ébauche de contrat
avec des institutions financières.
D'ici à ce que ce soit signé, on doit dire qu'il s'agit
d'une tentative.
On s'attend à signer
un contrat avec les institutions financières au cours
des prochains jours.
• 1140
Je veux souligner, et peut-être
M. Lumsden pourra-t-il élaborer là-dessus, que les institutions
financières canadiennes sont extrêmement
coopératives en vue de s'assurer que les étudiants
auront
leurs prêts à partir du prochain trimestre. Elles sont
toutes très encourageantes et collaborent très bien avec le
gouvernement fédéral pour s'assurer que l'accord
entre le gouvernement fédéral et les institutions
financières ne pose pas de problèmes aux
étudiants.
Mme Raymonde Folco: Pour ma propre curiosité,
j'aimerais savoir si les étudiants
d'autres provinces vivaient le même problème
que les étudiants de la Nouvelle-Écosse.
M. Thomas Townsend: Selon ma compréhension, la
Nouvelle-Écosse cherche toujours à conclure
un accord à court
terme avec les institutions financières. Elle n'a pas
encore obtenu de réponse.
Mme Raymonde Folco: Est-ce qu'il y a d'autres
provinces qui se trouvent dans cette même situation?
M. Thomas Townsend: Toutes les provinces sauf la
Colombie-Britannique, la Saskatchewan et l'Ontario.
Mme Raymonde Folco: Très bien.
Est-ce que j'ai encore du temps, monsieur le
président?
Le président: Oui.
Mme Raymonde Folco: J'ai une question à
vous poser sur un sujet complètement différent, mais
toujours en lien avec les prêts étudiants.
À l'époque où les institutions financières administraient
les prêts aux étudiants, elles recevaient une prime de
risque de 5 p. 100 étant donné le
taux élevé de défaut chez les étudiants. Comment ce
nouveau régime saura-t-il envisager la question du risque
dans le régime de prestations directes?
Monsieur Townsend, vous êtes sans doute la personne qui
peut nous
répondre.
M. Thomas Townsend: Je ne
suis pas certain d'avoir bien compris votre question.
Pouvez-vous la répéter?
Mme Raymonde Folco: Je compare l'ancien régime au
nouveau régime de prestations directes. Sous l'ancien
régime, les banques étaient indemnisées pour le taux
élevé de défaut.
Est-ce qu'il y aura indemnité sous le nouveau régime?
Je suppose qu'on a discuté de la
question du risque.
Comment envisagez-vous de répondre à
cette question?
M. Thomas Townsend: Avec le nouveau programme,
comme les prêts sont du gouvernement, c'est le
gouvernement qui assume tous les risques. Donc, la
question d'indemniser les institutions financières
pour le risque ne se pose pas.
C'est plutôt le gouvernement qui devra prévoir les
besoins au niveau de la comptabilité afin de reconnaître
que tous les prêts ne seront pas payés. Donc, ce sera
une perte pour le gouvernement.
Mme Raymonde Folco: Et c'est le gouvernement qui
assume la totalité des défauts.
M. Thomas Townsend: Exactement.
Mme Raymonde Folco: Merci.
[Traduction]
Le président: Merci beaucoup.
Je mettrai bientôt fin à la discussion. Je veux cependant
parler d'une question de nature très technique que j'ai mentionnée
au tout début de la réunion.
Notre principale préoccupation aujourd'hui concerne les
dispositions qui sont prises pour le prochain semestre et les plans
à plus long terme pour le Programme canadien de prêts aux
étudiants, mais j'ai aussi remarqué le projet de loi C-487, un
projet de loi d'initiative parlementaire. Je ne vous demanderai pas
de le commenter dès maintenant, mais ce texte vise à élargir la
définition d'«étudiant admissible» de la Loi fédérale sur l'aide
financière aux étudiants afin d'y inclure les réfugiés au sens de
la Convention sur les réfugiés.
Et le projet de loi dit:
Il s'agit des personnes à qui le statut de réfugié au sens de la
Convention a été reconnu par la Commission de l'immigration et du
statut de réfugié sous le régime de la Loi sur l'immigration. Ces
réfugiés deviennent ainsi
—c'est-à-dire en vertu de ce projet de loi...
admissibles à une aide financière dans le cadre de la Loi fédérale
sur l'aide financière aux étudiants afin de pouvoir poursuivre des
études et de la formation de niveau postsecondaire.
Je voulais simplement vous le mentionner. C'est une mesure qui
a été présentée il y a deux ou trois semaines seulement. Il y a des
changements en cours. J'espère que vous en tiendrez compte. Si vous
avez des commentaires à faire, je serai personnellement heureux de
les entendre.
Il y a deux choses que je dois faire à titre de président. De
fait, il y en a réellement trois, car la troisième consiste à
remercier tous ceux qui ont participé à la réunion.
Je demanderai à Thomas Townsend et à David Good, comment on
élabore une politique dans votre partie de DRHC. Vous êtes en train
d'élaborer les dispositions administratives provisoires—il est
urgent de le faire et je le comprends—tout en élaborant les plans
à plus long terme du Programme canadien de prêts aux étudiants.
Mais dans votre direction à DRHC, comment élabore-t-on une
politique?
• 1145
M. David Good: Monsieur le président, c'est une excellente
question. Il est absolument manifeste que l'élaboration d'une
politique dans ce domaine exige une grande participation des
intervenants, des provinces, des députés et du comité.
Je pense que notre rôle dans le processus d'élaboration des
politiques à titre de fonctionnaires se trouve grandement amélioré
si nous pouvons profiter d'excellents rapports provenant de
comités, comme ceux que nous avons déjà eus, ainsi que d'une forte
participation des intervenants et d'une grande coopération de la
part des provinces. Il s'agit en l'occurrence d'une question très
difficile, mais c'est aussi une question absolument fondamentale et
extrêmement importante pour l'avenir du Canada. Par conséquent, le
processus d'élaboration de la politique doit être très ouvert et
très transparent, et nous devons faire entrer en jeu les meilleures
analyses possible et les meilleurs avis que nous pouvons recevoir.
Nous revoyons constamment le programme et comme vous l'avez
vu, nous avons dû nous concentrer sur le court terme. Nous
accueillerons favorablement un processus plus poussé de dialogue et
de discussion politique ouverts et les analyses et les rapports qui
ont été présentés pour passer aux étapes suivantes des changements
de politique qui seront importants pour le programme.
Le président: Pourrais-je vous poser de nouveau cette
question: David, vous êtes SMA pour l'investissement dans les
ressources humaines. Thomas est directeur général à la Direction
générale de l'apprentissage et de l'alphabétisation. Où est-ce que
cela se trouve? Y a-t-il quelqu'un ou une autre organisation au-
dessus de cette direction générale ou de cette direction de qui
vient cette politique? Je sais bien qu'elle vient du Parlement,
mais il doit y avoir quelqu'un... Vous êtes manifestement saisis de
la question, l'urgence de débloquer raisonnablement ces prêts. Y a-
t-il quelqu'un qui s'occupe généralement de ces questions?
M. David Good: Il est clair que nous y réfléchissons d'une
manière générale et que l'élaboration de la politique nécessite
beaucoup de travail interministériel avec les intervenants, avec le
comité du Parlement. L'élaboration normale de la politique passe
par un mémoire au Cabinet ou des demandes dans le cadre de la
préparation du budget. À cet égard, nous collaborons étroitement
avec le ministère des Finances et d'autres ministères et nous
informons naturellement les ministres pour qu'ils présentent
diverses propositions au Cabinet dans ce contexte.
Le président: Thomas Townsend.
M. Thomas Townsend: J'ajoute qu'en presque 30 ans de carrière
à la fonction publique, je n'ai jamais travaillé sur un programme
dépendant à ce point d'une collaboration très étroite avec les
provinces.
On a mentionné à quelques reprises l'accessibilité ce matin.
Il y a à ce sujet un projet qui a été entrepris par le Conseil des
ministres de l'Éducation, qui représente les ministres de
l'Éducation des provinces et des territoires, et Développement des
ressources humaines Canada, qui examine précisément les questions
d'accessibilité.
Ce genre de travail pourrait constituer la base des
informations qui pourraient servir à organiser un débat de
politique avec nos intervenants. Trois groupes officiels nous
conseillent: le Groupe consultatif national sur l'aide financière
aux étudiants, et divers membres de ce groupe sont des nôtres ce
matin; le Comité consultatif intergouvernemental sur l'aide
financière aux étudiants, composé de moi-même et de mes collègues
provinciaux; et le Groupe de travail sur la nouvelle structure
financière, qui nous a guidés en ce qui concerne la politique
opérationnelle à l'égard des institutions financières qui
participent au programme.
Le président: Je pense que je peux parler au nom de mes
collègues. Nous apprécions beaucoup les consultations qui se
tiennent et se sont tenues à ce sujet.
Que fait le SMA responsable de la politique stratégique à
DRHC?
M. David Good: Le SMA pour la politique stratégique élabore le
cadre général dans lequel ces initiatives pourront aller de
l'avant. Par exemple, dans le discours du Trône, on a fait une
annonce concernant le programme des compétences et de
l'apprentissage, et nous faisons rapport sur tout ce programme.
L'analyse de la politique stratégique réalisée par le SMA va
présenter un diagnostic d'ensemble, une analyse, et permettra de
préparer la documentation qui sera utilisée, par exemple divers
documents du Cabinet et autres textes de cette nature.
En ce qui nous concerne, Thomas et moi-même nous occupons des
intérêts sectoriels et nous sommes là pour montrer que dans ce
contexte le programme des prêts aux étudiants et tout le domaine de
l'éducation sont quelque chose de très important. Par conséquent,
notre tâche consiste à travailler en collaboration étroite avec le
SMA pour la politique stratégique de manière à mettre en exergue et
à promouvoir énergiquement au sein du ministère les questions dont
nous sommes responsables, notamment en matière de prêts aux
étudiants et d'éducation postsecondaire.
Le président: Donc, le SMA pour la politique stratégique
s'occupe de la politique générale, et vous vous occupez de votre
secteur plus précis, en l'occurrence les prêts canadiens aux
étudiants.
M. David Good: Oui.
Le président: Bon, merci.
• 1150
Puis-je vous poser encore une question: est-ce que c'est
général? J'ai expliqué au début pourquoi nous n'avions pas fait
ceci en février, j'ai l'impression que beaucoup de choses se sont
passées et que la plupart d'entre vous sinon vous tous avez été
consultés d'une façon ou d'une autre. Êtes-vous assez satisfaits
des dispositions intérimaires? Je le dis maintenant. Je ne veux pas
réélargir la question, mais sommes-nous raisonnablement convaincus
que les étudiants vont pouvoir recevoir leurs prêts de manière
raisonnable au cours du prochain semestre?
Tom Lumsden.
M. Tom Lumsden: Pour répondre à la question de Thomas, nous
avons reçu l'ébauche d'entente. Je souhaiterais préciser qu'il y a
un certain nombre de points à discuter avant d'en terminer avec
cela. Je suis plutôt prudent vis-à-vis de cette entente. Nous
travaillons consciencieusement avec eux pour essayer de trouver une
solution. En tant qu'institution financière, nous voulons être là
mais nous voulons être sûrs de pouvoir le faire. Nous venons de
recevoir le document et les normes qu'il comporte. Nous allons
devoir en discuter avec le ministère.
Le président: Tom, avez-vous une idée du moment où ces
problèmes seront réglés ou du moment où on saura qu'ils ne sont pas
réglés?
M. Tom Lumsden: Nous n'avons pas encore organisé de réunions,
et nous sommes en train d'essayer de les organiser actuellement. Je
crois que nous allons nous rencontrer individuellement, et la
question devrait peut-être être adressée à Thomas. Il serait peut-
être bon de nous réunir en groupe pour étudier toutes les questions
ensemble.
Le président: Bon. Je redonnerai la parole à Thomas.
Raymonde Folco.
[Français]
Mme Raymonde Folco: Je ne comprends pas exactement
la position de Conlon par rapport à la position
de M. Townsend sur une question que j'avais posée sur
l'entente entre les institutions financières. Si j'ai
bien compris, M.
Townsend m'avait expliqué que
l'entente devait être signée d'ici quelques jours.
Je parle de l'entente qui est en train de se faire
présentement. Si je comprends bien,
M. Conlon nous dit
que ce n'est pas le cas, car il
y a encore beaucoup de points litigieux
entre les parties.
Est-ce qu'on pourrait clarifier cette
question?
[Traduction]
Le président: Peut-être pourrions-nous revenir à vous deux à
la fin de cet échange, Raymonde.
Tom Lumsden, avez-vous quelque chose à ajouter à ce qu'a dit
Raymonde?
M. Tom Lumsden: En fait, ce que je disais, c'est que les
discussions n'avaient pas eu lieu. Nous en sommes à cette étape
actuellement.
Le président: Nous y reviendrons. Je vais poser la même
question à tout le monde. Notre souci, c'est l'immédiat.
Mike Conlon.
M. Michael Conlon: Nous ne savons rien de plus que ce qui a
été dit au comité aujourd'hui à propos des accords pour septembre,
mais nous sommes encouragés d'avoir été tenus au courant de
l'évolution du programme. Pour ce qui est de l'ampleur de ce
programme et des délais que DRHC a pour le réaliser, je crois que
c'est assez impressionnant. Nous restons modérément optimistes en
pensant qu'il n'y aura pas d'interruption pour les étudiants.
Le président: Mark Kissel.
M. Mark Kissel: Je suis à peu près du même avis que Michael.
D'après ce que le ministère a dit à mon groupe, la solution
intérimaire semble la meilleure dans la mesure où tout progresse.
Nous aussi nous sommes optimistes, et nous sommes généralement
impressionnés par la façon dont le programme intérimaire semble
fonctionner. Nous sommes très curieux de voir comment cela se
traduira au cours du nouveau millénaire du côté du nouveau
fournisseur de services, mais dans l'intérim, cela semble assez
satisfaisant.
Le président: Frank Smith.
M. Frank Smith: Je pense que nous sommes d'accord avec ce que
viennent de dire les deux précédents intervenants.
Le président: Frank, merci beaucoup.
Je continue. Judy Stymest.
Mme Judy Stymest: Notre association se réjouit de ces
consultations. Toutefois, il reste encore six semaines avant le
1er août et il est très important de consolider ces informations et
de les envoyer le plus rapidement possible aux établissements
d'enseignement, car nous sommes le point de contact avec les
bénéficiaires du programme. Il est essentiel que nous ayons toutes
les informations sur le déroulement de ce processus.
Le président: Merci, Judy.
Brad Wuetherick.
• 1155
M. Brad Wuetherick: Je n'ai rien à redire à ce que nous avons
entendu jusqu'ici. Je pense qu'il est important de souligner que la
communication, non seulement avec les institutions en ce qui
concerne l'entente intérimaire, mais aussi avec les étudiants qui
vont recevoir ces prêts, est essentielle. Il faut le faire le plus
tôt possible. Actuellement, les étudiants ne savent pas trop à quoi
s'en tenir.
Néanmoins, il est encourageant de constater qu'a priori, les
étudiants vont probablement avoir la même chose. Je suis
certainement optimiste—dans une certaine mesure.
Le président: Paul Kitchin.
M. Paul Kitchin: Oui. Merci.
Disons tout d'abord qu'en tant que membre du groupe
consultatif national sur l'aide financière aux étudiants, je suis
très heureux de la façon dont Thomas Townsend et le ministère nous
ont transmis des informations sur leurs plans. À notre dernière
réunion au début d'avril, nous avons tous été invités à participer
à je crois quatre ou cinq comités différents qui devaient plancher
sur ces questions, y compris un groupe sur les fournisseurs de
services. Plusieurs d'entre nous ont aussi participé aux réunions
de mai où les fournisseurs éventuels de services ont été
interrogés, et nous avons été très heureux d'avoir cette
possibilité.
Je crois que nous avons une occasion remarquable de proposer
des modifications et des améliorations. Le calendrier nous
inquiète, certes, mais je pense que nous pouvons nous en sortir.
En ce qui concerne les dispositions avec les institutions
financières pour qu'elles s'occupent des versements, là encore le
calendrier est un peu inquiétant, encore qu'on nous ait assurés
lors de nos réunions qu'au cas où il ne serait pas possible de
respecter le délai, le gouvernement a des plans pour s'en occuper
lui-même en l'absence d'une entente. Là encore, il n'y a pas
beaucoup de temps pour mettre tout cela en place si c'est le
gouvernement qui va émettre les chèques.
Dans l'ensemble, nous sommes satisfaits de l'orientation, mais
comme tous les autres, nous faisons preuve d'un optimisme prudent.
Le président: Merci, Paul.
Bob Best.
M. Robert Best: Merci, monsieur le président.
D'une certaine manière, je préférerais répondre à votre
question après avoir entendu la réponse de Thomas Townsend à Mme
Folco. Si je n'avais pas entendu le dernier échange, j'aurais dit
que j'étais prudemment optimiste. Maintenant, je suis un peu
inquiet, franchement. Avant d'avoir entendu la remarque de Tom
Lumsden, je croyais qu'il y avait une entente avec les institutions
financières.
Il est manifestement important que cette entente soit mise en
place très rapidement. Je m'inquiète pour la période de transition.
Je crois qu'il est essentiel de faire démarrer ce programme avec le
moins de heurts possible. Il y aura forcément une certaine
confusion, mais je crois qu'il est important de la réduire au
minimum la première année car si les membres de ce comité ou
d'autres parlementaires entendent des plaintes, si les journaux et
les médias commencent à raconter que c'est une véritable
catastrophe, je crois que ce sera de mauvais augure.
Il est donc important que cette période de transition se
déroule de façon aussi harmonieuse que possible. C'est important
pour le ministère. Je sais que les fonctionnaires font tout ce
qu'ils peuvent dans le délai fixé, et je me fais l'écho de mes
collègues: le ministère fait de son mieux pour consulter dans le
cadre d'un calendrier très serré.
Mais cela m'inquiète. Je suis particulièrement inquiet
maintenant car je pense qu'il est essentiel de conclure cette
entente avec les institutions financières pour la période de
transition. Il faut que cela soit réglé définitivement.
Le président: Merci, Bob.
David Robinson.
M. David Robinson: Je serais beaucoup plus optimiste aussi
s'il y avait un accord intérimaire en place. Je croyais moi aussi
que c'était fait. C'est une révélation. Le calendrier, comme on l'a
dit, est très serré. Je pense que le gouvernement devrait
sérieusement envisager de prendre les devants et de régler les
éventuels problèmes au cours de cette période de transition. Il va
forcément y avoir des problèmes, alors quelles mesures peut-on
prendre pour y faire face?
Le président: Merci.
Gerald Brown.
M. Gerald Brown: J'ai dit au début que j'étais modérément
optimiste. Je crois que je le suis maintenant très modérément. Je
suis modérément optimiste. J'aurais été plus à l'aise... mais j'ai
peut-être mal compris les réponses. C'est possible.
Nous sommes modérément optimistes parce que nous avons
participé à cet exercice avec le gouvernement depuis le début. Le
gouvernement nous a beaucoup consultés. Je pense qu'il faut aussi
souligner la qualité des personnes du ministère qui ont participé
à ce projet. David et Thomas ont beaucoup fait pour nous donner
confiance. Mais ce sont les étudiants eux-mêmes qui prennent les
vraies décisions aujourd'hui.
Le président: Merci beaucoup.
David ou Thomas.
M. Thomas Townsend: Une précision pour Tom: je crois qu'en
fait nous avons une ébauche d'entente avec les institutions
financières. Il faut la confirmer par une entente contractuelle,
mais les banques ont entre les mains une ébauche d'entente. Je suis
ouvert à la communication pour mener ces ententes à leur terme.
Mais d'après mes contacts avec les institutions financières, il n'y
a aucun obstacle majeur dans tout cela. Peut-être Tom pourrait-il
préciser.
• 1200
Le président: Tom Lumsden.
M. Tom Lumsden: Vous avez raison, Thomas, de dire qu'il y
avait une ébauche d'entente. Nous avons reçu cette ébauche
d'entente mercredi dernier, je crois. Nous avons pu l'étudier. Nous
voulons régler certaines questions initiales. Ce sont des questions
d'ordre opérationnel, qui concernent la façon dont nous allons
communiquer l'information, plutôt que des questions d'interaction
avec les étudiants. Mais il y a certaines choses que nous allons
pouvoir faire ou ne pas pouvoir faire—du moins pour ce qui est de
la Banque Royale. Je n'ai pas eu l'occasion de discuter avec mes
collègues des problèmes qu'ils peuvent avoir en dehors de quelques
très brefs échanges, et je sais qu'ils ont aussi certaines
préoccupations.
Nous allons donc vous recommander de venir discuter avec nous
pour voir comment nous pouvons mettre en place cette entente. Nous
sommes bien conscients nous aussi du calendrier très serré, et s'il
y a des exigences d'ordre technique, nous avons certaines questions
à discuter.
Le président: D'accord.
Vous voulez répondre?
M. Thomas Townsend: Encore une fois, ce que je constate, c'est
qu'il y a des gens de bonne volonté qui sont prêts à mener cette
affaire à sa conclusion, pour répondre à la question de Mme Folco.
[Français]
Quand je parlais des prochains jours, je voulais dire
qu'il était
absolument nécessaire qu'on termine ces discussions et que
les contrats soient signés dans les prochains jours.
Le président: Merci beaucoup.
Mme Raymonde Folco: On aura au moins
un résultat très positif de cette
réunion.
[Traduction]
Le président: John Williams, mais très vite, John. C'est un
commentaire ou une question?
M. John Williams: C'est un commentaire, monsieur le président,
et contrairement aux autres, je ne suis pas prudemment optimiste.
Je suis tout à fait pessimiste.
Si DRHC a un problème à communiquer avec les cinq institutions
financières, et nous savons que c'est le cas, comment ce ministère
peut-il s'attendre à améliorer la communication avec des centaines
de milliers d'étudiants au Canada, alors qu'il ne sait même pas où
ils vivent?
Le président: En fait, le dernier échange me donne encore plus
de raisons de me réjouir d'avoir tenu cette séance car j'espère que
vous savez que nous avons dû l'imposer. Cela a été une discussion
assez poussée qui nous a permis de soulever toutes sortes de
questions, de mettre l'accent sur l'immédiat, car nous savons
finalement que c'est ce que nous devons faire. J'en suis très
content.
Toutefois, avant de vous remercier, je voudrais régler une
petite question de routine, que nous ne pouvons pas exécuter
aujourd'hui, et je m'en réjouis. Je voulais simplement souligner,
chers collègues, que dans notre ordre du jour, au titre des autres
questions, nous avons un avis de motion:
Que, en raison de l'action inacceptable du président du Comité
permanent du développement des ressources humaines et de la
condition des personnes handicapées, Peter Adams, député de
Peterborough, ce comité considère l'action du président comme une
grave atteinte à l'observation du décorum et à l'administration des
affaires du Comité.
Je suis désolé d'avoir à dire que nous sommes officiellement
saisis de cette motion. Nous ne sommes pas suffisamment nombreux
pour en traiter. Je mettrai la motion en délibération dès que
possible et je crois donc que cela ira à l'automne.
Au nom du comité, je remercie tous les témoins qui se sont
présentés. J'espère que cette réunion nous aidera à aboutir à
quelque chose.
David et Thomas, comme vous pouvez le constater, le comité est
très intéressé. Nous n'aurions pas agi comme nous l'avons fait à ce
moment-ci si cela n'avait pas été le cas... Bonne chance avec vos
dispositions intérimaires. Nous espérons que cela sera un succès à
long terme et nous espérons aussi que vous continuerez de consulter
ces intervenants.
Je tiens à vous remercier toutes et tous et je tiens aussi à
remercier notre auditoire. Nous sommes heureux que les gens se
soient déplacés pour venir à la réunion.
La séance est levée jusqu'à nouvelle convocation du président.