STANDING COMMITTEE ON HUMAN
RESOURCES DEVELOPMENT AND THE STATUS OF PERSONS
WITH DISABILITIES
COMITÉ PERMANENT DU
DÉVELOPPEMENT DES RESSOURCES
HUMAINES ET DE LA CONDITION DES PERSONNES HANDICAPÉES
TÉMOIGNAGES
[Enregistrement électronique]
Le mardi 8 mai 2001
• 1112
[Traduction]
Le président (M. Peter Adams (Peterborough, Lib.)): Chers
collègues, je déclare la séance ouverte. L'ordre du jour de la
séance d'aujourd'hui porte que le Budget des dépenses principal
pour l'exercice se terminant le 31 mars 2002, crédits 1, 5, 10,
15 et 20 sous la rubrique du Développement des ressources
humaines déposé le 27 février 2001 soit renvoyé au Comité
permanent du développement des ressources humaines et de la
condition des personnes handicapées.
C'est un extrait des journaux de la Chambre des communes du
mardi 27 février 2001.
Je souhaite la bienvenue à nos témoins. Mais je voudrais
d'abord leur présenter des excuses pour notre léger retard. Vous
devez savoir que le comité avait une autre réunion qui a commencé
à 9 heures et s'est terminée à 11 heures et nous avons dû nous
rendre dans cette salle-ci pour cette séance. Je vous fais donc
mes excuses.
Nous avons le plaisir d'accueillir l'honorable
Claudette Bradshaw, ministre du Travail. Madame la ministre, nous
vous sommes reconnaissants de comparaître devant notre comité.
Nous accueillons aussi, du ministère du Développement des
ressources humaines, Warren Edmondson, sous-ministre adjoint au
travail. Warren, je vous souhaite la bienvenue. Et nous
accueillons Susan Scotti, sous-ministre adjointe chargée des
sans-abri. Susan, bienvenue au comité.
[Français]
Nous recevons également
Guy Tremblay, directeur général, Services
financiers. Guy, je te souhaite la bienvenue à ce
comité.
[Traduction]
Madame la ministre, nous nous en remettons à vous. Si vous
avez quelque chose à dire, nous serons heureux de l'entendre. Si
vos collègues ont des exposés à faire, veuillez l'indiquer et nous
allons commencer la séance.
L'honorable Claudette Bradshaw.
L'hon. Claudette Bradshaw (ministre du Travail): Monsieur
le président, mesdames et messieurs les membres du comité, je suis
heureuse d'avoir l'occasion de vous rencontrer de nouveau.
Depuis notre dernière rencontre en mai dernier, j'ai eu une
année très chargée, tant du côté du programme du travail que du
côté de l'initiative pour les sans-abri. Vous vous rappelez sans
doute que nous avons célébré l'an dernier le centenaire du
programme du travail et nous avons célébré ce point tournant de
diverses manières. Nous avons notamment lancé un timbre
commémoratif spécial avec nos partenaires de Postes Canada et nous
avons produit une série de capsules historiques que vous avez peut-être
vues récemment à la télévision.
Même si ces activités ont servi à rappeler l'histoire et à
souligner l'importance du programme fédéral du travail, elles nous
ont aussi permis de réaffirmer notre but principal: assurer des
lieux de travail sécuritaires, coopératifs et équitables aux
Canadiens et aux Canadiennes et promouvoir des relations
syndicales-patronales constructives au Canada.
[Français]
En tant que membres de ce comité, vous savez que les
lois appliquées par le Programme du travail visent les
secteurs et les lieux de travail de compétence
fédérale. Il est évident, cependant, que l'influence
de nos lois, de nos politiques et de nos programmes
s'étend beaucoup plus loin.
• 1115
De bien des manières, nous influons sur les activités
et les politiques relatives au travail des entreprises
du Canada et même de l'étranger.
En effet, bien des secteurs et des lieux de travail de
compétence fédérale sont liés à des entreprises
nationales et internationales. Pensons au secteur des
transports, par exemple.
Il n'est donc pas étonnant que les pratiques des lieux
de travail de compétence fédérale influencent celles de
ces entreprises.
D'ailleurs, les employés et les
employeurs de compétence fédérale font face à bien des
problèmes semblables à ceux de leurs homologues des
secteurs de compétence non fédérale.
Je pense en particulier à l'équilibre travail-vie
personnelle, à l'utilisation des nouvelles
technologies et à l'impact de la mondialisation. C'est
sur des questions comme celles-là que nous travaillons
actuellement.
Nous voulons participer à l'élaboration de solutions
innovatrices à ces problèmes, parce que la loi nous
oblige à promouvoir des lieux de travail sains et
sécuritaires. Et, comme le milieu de travail évolue,
nous devons constamment examiner et mettre à jour notre
législation et nos programmes.
C'est ce que nous avons fait jusqu'à maintenant, et
nous continuerons de le faire.
[Traduction]
Comme je l'ai dit l'an dernier, nous sommes fermement résolus
à respecter le processus de négociation collective libre et nous
voulons continuer d'appuyer et de faciliter les relations
syndicales-patronales positives. Cette année, je peux vous dire
encore une fois que le système canadien de relations de travail
fonctionne bien.
Le taux de grèves et de lock-out s'est maintenu au plus bas
niveau des 20 dernières années et plus de 90 p. 100 des différends
ont été réglés sans arrêt de travail dans les entreprises de
compétence fédérale. Ce taux de succès est directement attribuable
à l'intervention de nos agents du Service fédéral de médiation et
de conciliation.
Rappelez-vous, l'année dernière alors que des milliers de
passagers risquaient d'être coincés au sol, pendant la période
d'été très achalandée, en raison d'une interruption possible des
services aériens intérieurs et internationaux, ce sont l'efficacité
tranquille des fonctionnaires de ce service et les efforts des deux
parties qui ont permis le règlement pacifique du différend. Ce
n'est qu'un échantillon du beau travail qu'ils ont fait l'an
dernier.
Dans l'avenir, nous continuerons de faire appel directement à
nos compétences en matière de médiation et de conciliation et
d'explorer de nouvelles approches tout en favorisant des relations
positives en milieu de travail et en mettant l'accent sur des
initiatives conjointes de résolution de problèmes. Grâce à diverses
techniques de médiation préventive et à de nouvelles approches en
matière de règlement des différends, nous continuerons d'encourager
les syndicats et les employeurs de compétence fédérale à établir et
à conserver des relations de travail positives.
Parmi nos réalisations importantes de l'an dernier, je tiens
aussi à signaler l'adoption du projet de loi C-12 modernisant la
partie II du Code canadien du travail, qui traite de la santé et de
la sécurité au travail. En gros, cette loi élargit les fonctions et
les responsabilités des employés et des employeurs en matière de
santé et de sécurité. Depuis l'adoption de cette loi, nos efforts
de sensibilisation du public ont surtout visé à bien faire
comprendre les droits et les obligations qu'elle renferme. En
outre, dans la mesure où nos ressources le permettent, nous mettons
en place des services préventifs pour renforcer les relations du
travail et réduire le nombre de plaintes déposées en vertu de la
loi.
Ces services proactifs visent à accroître la conformité
volontaire à la loi. Ils complètent aussi des activités publiques
nationales comme la Semaine nord-américaine de la santé et de la
sécurité au travail, qui est cette semaine-ci, et la Semaine de
prévention des incendies en octobre.
Cependant, notre travail de modernisation du Code canadien du
travail est loin d'être terminé. Nous avons encore d'autres
dispositions législatives à examiner. Les consultations avec les
intéressés se poursuivent au sujet de la partie III du Code, qui
traite des normes du travail, c'est-à-dire la durée du travail, le
salaire minimum, l'équité salariale, les vacances, le congé de
maternité, le congé parental, le congé de maladie, la cessation
d'emploi, le harcèlement sexuel, etc. Je veux, en particulier,
m'assurer que les travailleurs canadiens sont protégés en cas
d'urgences familiales ou médicales.
• 1120
Nous entreprendrons aussi bientôt l'examen de la Loi sur
l'équité en matière d'emploi. Cette loi vise à supprimer les
obstacles à l'inclusion auxquels font face les quatre groupes
suivants: les femmes, les minorités, les Autochtones et les
personnes handicapées. Elle fait en sorte que les lieux de travail
au Canada tiennent pleinement compte des besoins et des
préoccupations de tous les employés, sans égard à leur sexe, à leur
origine ethnique ou à leur apparence.
Je vous signale aussi les travaux du groupe de travail Bilson
sur l'équité salariale.
[Français]
Ces activités nous permettent d'assumer les
responsabilités que nous confient les lois du travail du
Canada, c'est-à-dire de promouvoir des lieux de
travail plus harmonieux, plus sécuritaires et plus
équitables. Dans ce but, nous consultons des
intéressés pour nous assurer que nos politiques et
notre législation tiennent compte de l'évolution du
travail et des besoins du Canada dans un environnement
mondial en mutation.
Il ne fait aucun doute, en effet, que nous faisons
partie d'un environnement international en évolution.
Dans le contexte de la mondialisation et de
l'intégration économique croissantes où nous vivons
aujourd'hui, la coopération internationale est devenue
un aspect très important du travail de notre programme.
Par exemple, nous jouons un rôle de chef de file à
l'Organisation internationale du travail en ce qui
concerne la question du travail des enfants. Nous
continuons de travailler avec d'autres partenaires
internationaux pour mettre en oeuvre la convention de
l'OIT visant à éliminer l'exploitation de la
main-d'oeuvre infantile dans le monde.
Nous travaillons aussi avec nos
homologues des autres pays
pour que les accords commerciaux internationaux
tiennent compte des questions relatives au travail.
C'est ce que nous avons fait, par exemple, pour
l'accord que nous avons conclu il y a quelques semaines
avec le Costa Rica.
Dans le cadre des négociations de la Zone de
libre-échange des Amériques, mes fonctionnaires et moi
aurons un rôle essentiel à jouer pour que les intérêts
du Canada dans le domaine du travail soient un thème
important des discussions.
[Traduction]
La douzième Conférence inter-américaine des ministres du
Travail, qui aura lieu à Ottawa en octobre, sera un événement
particulièrement important pour le Canada cette année.
En tant que ministre du Travail du Canada, j'accueillerai les
ministres du Travail des 34 gouvernements démocratiquement élus des
Amériques pour discuter de questions relatives au travail dans les
hémisphères. Le ministre du Travail du Canada en assumera la
présidence pour les trois ou quatre prochaines années. Ainsi, nous
superviserons l'application du plan d'action qui devrait être
adopté à la conférence de cette année. Avec toutes ces activités
nationales et internationales, notre programme est déjà très
chargé.
En plus de tout cela, nous recueillons et traitons des données
sur les questions relatives au travail, qui constituent une source
respectée d'information pour les spécialistes des relations
industrielles et les autres gouvernements. Nous continuerons de
consacrer des ressources à cette importante fonction et d'élaborer
de nouveaux produits d'information qui répondent aux besoins des
lieux de travail du Canada, notamment en matière d'éducation.
J'aimerais maintenant vous parler d'un dossier très important,
à savoir mes responsabilités de coordonnatrice fédérale pour les
sans-abri, pour vous faire part des progrès que nous avons réalisés
dans le dossier des sans-abri.
Comme vous le savez, les meilleures solutions au problème de
l'itinérance sont proposées au niveau local. C'est pourquoi
l'initiative pour les sans-abri du gouvernement du Canada mise sur
l'établissement de nouveaux partenariats et la mise en valeur du
potentiel des collectivités.
Cette initiative, lancée en décembre 1999, demande à tous les
ordres de gouvernement et aux partenaires communautaires de
déterminer ensemble comment répondre aux priorités fixées au niveau
local. Avec le temps, ces réponses aideront les sans-abri à quitter
les rues et les refuges pour mener une vie plus stable.
[Français]
Notre approche fait ressortir le rôle de chef de file
plutôt que la fonction de contrôle qu'assume le
gouvernement du Canada. Elle repose sur le travail
important déjà amorcé dans les collectivités en
mettant l'accent sur les liens plus étroits entre les
divers groupes concernés. L'accent est mis sur la
capacité des communautés de planifier de façon
concertée, d'établir des priorités et d'administrer des
initiatives concernant la situation des sans-abri au
niveau local.
• 1125
L'initiative comprend plusieurs volets et fait appel à
plusieurs partenaires fédéraux. Mais la
pierre d'assise en est un nouveau programme de 305 millions
de dollars, à savoir l'Initiative de
partenariats en action communautaire ou l'IPAC.
Le but de l'IPAC est de fournir aux collectivités des
moyens adaptables qui leur permettent d'élaborer et de
mettre en oeuvre des stratégies locales visant à
réduire le nombre de sans-abri et à faire en sorte
que les personnes à risque ne le deviennent pas.
Dans le cadre de l'IPAC, nous cherchons, en
collaboration avec les autres ordres de gouvernement et
les organisations communautaires, à trouver la
meilleure
façon d'alléger et de réduire l'ensemble des problèmes
que pose l'itinérance.
Je suis heureuse de pouvoir affirmer aujourd'hui que
nous avons activement soutenu les projets des
collectivités dans toutes les régions du pays et que
nous les aidons à trouver des solutions à leurs
problèmes respectifs.
Les collectivités accueillent
favorablement les défis que nous leur avons présentés.
De diverses façons, elles en sont rapidement venues à
établir leurs priorités et à amorcer un processus pour
trouver des solutions à l'itinérance
qui soient bien planifiées et durables.
De remarquables progrès ont été faits dans les grandes
villes comptant un très grand nombre de sans-abri.
Mais de bonnes nouvelles nous proviennent également de
villes moins grandes.
Les groupes communautaires et
les fournisseurs de services des petites collectivités
comme Red Deer,
Peterborough, Prince Albert, Victoria
et Grande Prairie ont aussi réussi à
joindre leurs efforts pour établir leurs priorités et
mieux répondre aux besoins des sans-abri dans leur
propre collectivité.
[Traduction]
Pour ce qui est des investissements, le gouvernement du Canada
a versé plus de 145 millions de dollars pour 285 projets pour les
sans-abri dans le cadre de l'IPAC, c'est-à-dire l'initiative de
partenariats en action communautaire, de la stratégie emploi-jeunesse
et de la stratégie concernant les Autochtones en milieu
urbain. Les fonds sont utilisés pour appuyer divers investissements
en matière d'itinérance. Par exemple, on construira un nouvel
édifice pour offrir un éventail de services aux sans-abri de
Calgary et on financera un refuge pour offrir aux jeunes à risque
de Winnipeg, counselling, services et hébergement.
Mais des montants supplémentaires ont aussi été investis dans
d'autres volets de l'initiative pour les sans-abri, par exemple
dans le programme concerné de la Société canadienne d'hypothèques
et de logement, sans parler des nombreuses activités actuelles en
faveur des sans-abri menées par d'autres ministères fédéraux.
À ce jour, nos investissements ont atteint
405 millions de dollars provenant d'autres sources, incluant les
secteurs privés et sans but lucratif.
Je peux dire que nous avons connu un très bon départ dans ce
domaine. D'ici 2003, je crois que les collectivités continueront de
prendre appui sur leur capacité de travailler ensemble pour aider
leurs concitoyens sans-abri.
Je m'attends aussi que l'année prochaine, à la même période,
nous pourrons évaluer l'efficacité de ce modèle et l'exemple qu'il
constitue pour d'autres investissements du gouvernement dans les
collectivités—un modèle reposant sur le leadership, le partenariat
et l'influence.
Les progrès que nous avons accomplis jusqu'à maintenant sont
encourageants, de même que le dévouement des nombreux autres
partenaires de cette initiative, mais la lutte est loin d'être
terminée. Nous pouvons encore faire beaucoup pour régler le
problème des sans-abri. Les collectivités ont besoin de notre aide
pour établir des liens plus solides entre les ministères,
initiatives et programmes fédéraux pour que nous puissions les
aider de façon efficace. L'itinérance est un problème national et
tous les ordres de gouvernement doivent être prêts à travailler
ensemble pour relever ce défi.
• 1130
Il est évident que nous avons encore beaucoup à faire pour
contrer les problèmes reliés à l'itinérance. C'est une situation
grave qui doit être portée à l'attention de tous les Canadiens et
je me suis fixé comme objectif personnel de veiller à ce que cette
question reste une importante priorité pour le gouvernement.
En somme, monsieur le président, le programme du travail du
Canada est toujours aussi fier de servir le Canada et d'assurer des
lieux de travail harmonieux, sains et équitables aux travailleurs
canadiens et même à ceux de l'étranger.
En même temps, mon personnel du secrétariat pour les sans-abri
et moi travaillons fort avec les autres ordres de gouvernement, les
organisations communautaires et des bénévoles de tout le pays pour
trouver des solutions qui répondent aux besoins des Canadiens qui
n'ont pas de domicile fixe.
J'ai terminé mon exposé et je me ferai un plaisir de répondre
à vos questions et d'écouter vos commentaires.
Merci. Thank you.
Le président: Merci beaucoup.
Est-ce que l'un de vos collaborateurs a quelque chose à
ajouter maintenant? Je vois que non.
Madame la ministre, je veux vous indiquer qu'à notre comité,
nous fonctionnons normalement en accordant alternativement la
parole aux divers partis représentés. Nous essayons de fixer la
durée des échanges à quatre ou cinq minutes chacun. Je le précise
à l'intention de tous les témoins et de mes collègues, pour que les
questions et réponses correspondent à cette durée approximative.
Nous avons constaté que si nous faisons preuve d'une certaine
discipline, les gens ont souvent l'occasion de poser une deuxième
et même parfois une troisième question.
Je vais donc commencer par Dale Johnston, qui sera suivi de
Joe McGuire, Monique Guay, Alan Tonks, Libby Davies,
Diane St-Jacques, Peter Goldring et Judi Longfield.
M. Dale Johnston (Wetaskiwin, AC): Merci, monsieur le
président. Merci, madame la ministre, pour votre exposé.
Quand les modifications proposées à la partie I du Code
canadien du travail ont été présentées, le ministre du Travail a
témoigné devant le comité et s'est engagé à ce que, avant la fin de
1999, on fasse une révision de l'article 87.7 traitant des ports de
la côte Ouest. Vous vous rappellerez que l'article 87.7 est
l'exemption céréalière.
À la page 42 de votre budget des dépenses, vous dites que vous
allez faire des consultations et revoir une bonne partie de votre
législation. Je me demande, à la lumière du fait que des
producteurs de produits chimiques, de pétrole, de potasse et
d'autres organisations sont de plus en plus exaspérés par le manque
de fiabilité du port de la côte ouest, au point qu'ils avaient
envisagé durant le dernier arrêt de travail de recourir à d'autres
ports aux États-Unis... Je prédis que si cela arrive, ce ne sera
pas un changement temporaire.
Si ces producteurs sont forcés par les arrêts de travail au
port de la côte ouest de chercher des solutions de rechange et de
passer par d'autres ports sur la côte ouest des États-Unis pour
servir leurs clients de l'Asie-Pacifique, j'ai l'impression que ce
changement deviendra permanent. Le port de Vancouver en
souffrirait, l'économie de la Colombie-Britannique en souffrirait
et le Canada tout entier, sur le plan de l'économie et certainement
de l'emploi.
Je me demande si la ministre pourrait donner à ces gens-là
l'assurance qu'elle va mettre en place un mécanisme qui permettrait
aux parties de continuer à travailler pendant qu'elle négocie leurs
contrats de travail.
Le président: Au comité, il faut toujours s'adresser à la
présidence, à l'exception des membres du comité, bien sûr.
Madame la ministre.
Mme Claudette Bradshaw: Pour ce qui est de la partie I du
Code canadien du travail et des céréales, vous vous rappellerez que
vous et moi étions membres de ce comité et que nous avons assisté
à de nombreuses réunions et entendu beaucoup de groupes différents
qui sont venus témoigner. J'étais membre du comité de DRH à cette
époque. Cela a été fait pour protéger nos agriculteurs.
Cela dit, vous vous rappellerez également, car je m'en
rappelle très bien, qu'en novembre 1999, il y a eu une grève à
Vancouver. Nous sommes partis immédiatement à Vancouver, dès que
j'ai eu un coup de téléphone. Le conflit a été réglé sans grève.
Mais à ce moment-là—vous et moi avions parlé à l'époque—les
contremaîtres des débardeurs menaçaient aussi de faire la grève. Et
ils ont réglé assez rapidement.
• 1135
Je suis donc confiante; les ports vont bien sur la côte Ouest.
Nous n'avons pas entendu parler du moindre conflit depuis la grève
des contremaîtres des débardeurs, et ce groupe n'a pas fait la
grève; il a réglé. C'est donc avec confiance que je dis, puisque
nous avons travaillé tellement fort pour régler l'autre conflit,
qu'il n'y a pas de problème au port de la côte.
Pour ce qui est des céréales, je pense que c'était la chose à
faire à l'époque, quand on songe à tous les groupes qui ont
témoigné devant nous. Il n'a pas été facile de prendre cette
décision. Beaucoup de groupes sont venus devant le comité. C'était
ce qu'il fallait faire à l'époque.
Quand j'examine cela aujourd'hui, c'est vrai qu'il y a eu une
grève, mais les céréales étaient transportées, l'élément positif
est que les travailleurs continuaient de travailler et la
communication n'était pas rompue. Je n'entrevois donc aucun
problème et je pense que nous avons pris la bonne décision à
l'époque et je suis encore convaincue aujourd'hui que c'était la
bonne décision.
M. Dale Johnston: Monsieur le président, je veux souligner, et
je suis sûr que la ministre le sait déjà... J'ai ici des chiffres
qui indiquent qu'environ 6 800 tonnes de produits pétrochimiques
transitent chaque jour par le port de Vancouver et qu'environ 7 100
tonnes de pétrole y sont transbordées.
Je veux attirer l'attention de la ministre sur le fait que
l'industrie du pétrole... J'ai rencontré pendant la fin de semaine
des représentants du principal producteur de produits
pétrochimiques du Canada, la compagnie NOVA de l'Alberta, et ils
m'ont dit très clairement qu'ils sont de plus en plus exaspérés par
les arrêts de travail qui ont lieu au port de la côte ouest. Je
manquerais à mon devoir si je ne vous le signalais pas.
Je vois que vous êtes optimiste quant à la paix sociale dans
le port de la côte ouest, mais il nous est tout simplement
impossible de prédire l'avenir. Je suis heureux d'entendre que la
ministre appuie le maintien des services dans le port, et comme
vous le savez, je suis en faveur d'un système en vertu duquel les
travailleurs pourraient négocier tout en continuant à travailler,
de sorte que tout le monde serait gagnant.
Le président: Je vais maintenant donner la parole à Joe
McGuire.
M. Joe McGuire (Egmont, Lib.): Merci, monsieur le président,
et bienvenue au comité, madame la ministre.
Je m'interroge, madame la ministre, au sujet des pratiques
d'embauche régionale du gouvernement fédéral et des répercussions
sur les programmes. Je ne peux m'empêcher de penser que les
responsables situés au centre du pays avaient sous-estimé la
gravité du problème de la galle verruqueuse à l'Île-du-Prince-Édouard
et que nous avons eu énormément de difficulté à leur faire
comprendre les graves répercussions que cela avait sur l'économie
de l'Île-du-Prince-Édouard.
Je me demande si le fait qu'il n'y avait vraiment personne
ici, au centre, qui était de l'Atlantique, du Nouveau-Brunswick ou
de l'Île-du-Prince-Édouard et qui comprenait bien les tenants et
aboutissants de ce secteur, si cela ne reflète pas le pratiques
d'embauche régionale qui sont en vigueur depuis une dizaine
d'années.
Mme Claudette Bradshaw: C'est une possibilité, Joe. C'est
probablement quelque chose que nous devons examiner. Je pense que
le ministère du Travail n'est pas seul en cause. Vous et moi avons
discuté souvent de cette question. Vous savez ce que je pense de la
régionalisation. C'est probablement une discussion qu'il faudrait
poursuivre.
M. Joe McGuire: Mais envisage-t-on, par exemple, de faire en
sorte que plus de gens de l'ouest et de l'est du Canada soient
admissibles aux concours ici dans la région d'Ottawa? Est-ce que
cette politique de l'embauche régionale est conforme à l'intérêt
supérieur du pays?
Mme Claudette Bradshaw: Vous me mettez dans une situation
délicate, Joe. Vous savez ce que j'en pense personnellement.
• 1140
Nous savons quelles sont nos pratiques d'embauche au programme
du travail. Je me rappelle que quand je suis devenu ministre du
Travail, on m'a dit que j'avais le meilleur personnel sur la
Colline. Je dois vous dire, maintenant que j'occupe ce poste depuis
deux ans et demi, qu'ils avaient raison. Nous faisons très
attention d'embaucher des gens qui connaissent les dossiers et qui
sont capables de travailler dans ce domaine.
Warren, vous avez peut-être quelque chose à ajouter...
Le président: Monsieur Edmondson.
M. Warren Edmondson (sous-ministre adjoint, Programme du
travail, ministère du Développement des ressources humaines): Tout
ce que je peux ajouter, c'est qu'en ce qui concerne les activités
du programme du travail, environ la moitié de l'effectif à l'emploi
du Programme du travail se trouve en fait dans les régions. Nous
faisons de grands efforts pour veiller à ce que la communication
entre nos inspecteurs régionaux et notre administration centrale,
ainsi qu'entre les régions, soit maintenue de façon régulière.
M. Joe McGuire: Votre influence sur cette politique se fait-elle
sentir au-delà du programme du travail?
Mme Claudette Bradshaw: Non.
Il y autre chose, Joe. Peut-être que votre comité pourrait se
pencher sur la question. Je ne sais pas si vous vous rendez compte
du pouvoir énorme que vous possédez comme comité, et vous voudrez
peut-être vous saisir de ce dossier.
Mais je vais vous dire une chose. Ce qui m'a vraiment frappée,
quand je suis arrivée à Travail... Nous avons chaque année ce qu'on
pourrait appeler une conférence à laquelle assiste le personnel du
ministère de tout le Canada. Ce qui m'a frappée à ces conférences,
c'est que l'on fait venir les groupes d'employés et d'employeurs
comme participants, de sorte que notre personnel est toujours au
courant non seulement de ce qui se passe dans la région, parce
qu'ils sont en première ligne, comme vous le savez, à Travail, mais
aussi de ce qui se passe d'un bout à l'autre du pays. Pendant les
deux jours qu'ils passent ici, ils ne se contentent pas de
rencontrer des spécialistes de Travail et de parler en codes. Ils
rencontrent ici des employés et des employeurs d'un bout à l'autre
du pays.
Le comité pourrait peut-être se pencher sur la question de
savoir comment nous, au centre, pourrions améliorer nos relations
avec chacune des régions. Je suppose que c'est la raison pour
laquelle les députés ont des billets gratuits, pour que nous
puissions aller aux quatre coins du pays, parce que c'est nous qui
prenons les décisions.
Mais ce n'est pas une mauvaise idée, et je vous encourage à
peut-être en saisir le comité. Je crois que nous devrions examiner
cette question.
Le président: Passons à quelqu'un d'autre.
La raison pour laquelle je demande aux gens de s'adresser à la
présidence, soit dit en passant, ce n'est pas à cause du dossier
qui nous occupe, madame la ministre. C'est simplement qu'il arrive
de temps en temps que des témoins et des députés se crient par la
tête. Nous ne le faisons pas en ce moment et j'adore bavarder, mais
c'est mieux de s'adresser à la présidence de temps à autre.
Monique Guay, Alan Tonks, Libby Davies, Diane St-Jacques.
[Français]
Mme Monique Guay (Laurentides, BQ): On n'a pas
l'intention de crier, monsieur le président.
Bonjour,
madame Bradshaw. Soyez la bienvenue. J'ai des questions très
pointues. Je les pose tout de suite.
Je ne ferai pas de grands
commentaires, sauf peut-être sur la Partie II
du Code canadien du travail, à laquelle j'ai
beaucoup travaillé.
J'y ai proposé des amendements majeurs qui
n'ont malheureusement pas été acceptés, mais j'espère
qu'on en tiendra compte et qu'on fera le boulot encore
une fois pour la Partie III.
Madame Bradshaw, vous
avez toute une tâche devant vous, parce que
lors de l'étude de la
Partie III du Code canadien du travail, vous
retrouverez toutes les frustrations dont on n'a pas
tenu compte dans la Partie I et la Partie II.
Vous verrez que pour la Partie III, beaucoup de
syndicats et d'autres groupes feront
du lobbying autour de la Colline
parlementaire.
Madame Bradshaw,
vous avez dit tout à l'heure que la
Partie III serait révisée. Je veux savoir
quand elle sera révisée.
Vous
avez aussi parlé de la Loi sur l'équité en matière
d'emploi. Je voudrais savoir quand on va discuter
de cette loi.
Troisièmement, je voudrais aussi savoir
quand le rapport du groupe de travail Bilson
sur l'équité salariale sera remis. Vous dites que
ce sera l'an prochain, mais j'aimerais qu'on puisse me
dire si ce sera à l'automne
ou au printemps pour qu'on puisse avoir une idée
du travail qu'on devra faire.
Mme Claudette Bradshaw: Sur ta
question concernant la Partie III du Code canadien
du travail, Monique, je ne
suis pas...
[Traduction]
Peter, c'est ma personnalité.
[Français]
Le président: La présidence est toujours ici,
madame la ministre.
[Traduction]
Mme Claudette Bradshaw: C'est ma personnalité. Que voulez-vous
que je fasse? Monsieur le président, je me débrouille bien à
la période des questions.
[Français]
Sur la question de la Partie III du Code canadien
du travail,
voici la discussion qu'on est en train d'avoir.
Ce que tu as dit est absolument vrai, et on sait
jusqu'à quel point ce
sera difficile.
• 1145
On sera obligés d'examiner plusieurs
choses. Comme tu le sais,
il faut travailler avec des groupes d'employés et
d'employeurs, mais on a aussi une
responsabilité envers toutes les provinces. On a
trois groupes de travail. De plus, il y a des
personnes qui ne sont pas assujetties
au Code canadien du travail du Canada, mais qui y
participent, notamment les banques.
Pour que la Partie III du
Code canadien du travail fonctionne aussi bien que la Partie
I et la Partie II, il faudra qu'on travaille en
partenariat avec tout le monde.
On sait qu'il y a des questions qui seront
très difficiles, cela pour plusieurs raisons.
On sait aussi qu'on entre dans une nouvelle économie et
que tout sera mis sur la table. On parle,
par exemple, de family-friendly workplace,
de toute la question du travail au
niveau parental.
J'ai une décision à prendre. Les groupes sont
maintenant en train
de se rencontrer, et on fait déjà
face à des difficultés
qu'on a pu avoir.
Mme Monique Guay: Quand
va-t-on en discuter, madame la ministre?
Mme Claudette Bradshaw: On est en train d'en
discuter maintenant. Les discussions
sont ouvertes.
Voici la question que je me pose, monsieur le président.
Est-ce qu'on révise seulement une partie
de la Partie III du Code du travail
à la fois et, si les gens sont d'accord sur cette partie-là,
on l'adopte? Ou est-ce qu'on la révise entièrement,
comme pour la Partie I et
la Partie II, pour lesquelles il a
fallu sept et huit ans? Monsieur le président,
je dois admettre que c'est une décision qu'on est
en train de prendre, qu'il faut que je
prenne.
Mme Monique Guay: Il ne faut pas attendre encore
sept ans. Il faudrait que ça se fasse
rapidement.
Mme Claudette Bradshaw: Monsieur le président,
c'est ça, la question. La révision de la Partie I du Code du
travail a pris huit ans. Celle de
la Partie II a pris sept ans.
La décision que je dois prendre sur la Partie
III, je
vais la prendre avec les groupes d'employés et
d'employeurs et mon personnel. Il y a deux avis
là-dessus. Il y a des personnes qui veulent
qu'aussitôt qu'on est d'accord sur deux ou
trois choses, on les adopte immédiatement et qu'on
continue à travailler. Il y en a d'autres qui disent
que la révision de la Partie I et de la Partie II
a très bien fonctionné
et qu'on devrait faire la même chose. La décision sera
prise sous peu, monsieur le président.
Pour ce qui est du groupe de travail Bilson, on veut
s'assurer que son mandat est bien défini.
Ils travaillent maintenant sur ce mandat.
Je ne peux pas vous donner de date. Comme vous
le savez, monsieur le président, moi-même, en
tant que ministre du Travail, et la ministre de la Justice
n'avons pas de date comme telle, mais je peux vous dire
que nous faisons confiance au Dr Bilson. Sa
réputation est bonne, et je lui fais confiance.
Donc, je ne peux pas donner de date.
Mme Monique Guay: Mais vous
me dites que ce sera l'an prochain.
Mme Claudette Bradshaw: J'aimerais vous dire
que ce sera l'an prochain, mais je
ne peux pas vous donner une date.
Je pourrais être ici l'an prochain et vous pourriez me dire
que j'ai dit...
Mme Monique Guay: La Loi sur l'équité en matière
d'emploi,
c'est pour quand?
Mme Claudette Bradshaw: Est-ce pour
dans deux ans? C'est pour 2001.
Mme Monique Guay: Alors, c'est pour
cette année. C'est
cette année qu'on va en refaire l'étude. Parfait. Vous
répondez à mes questions.
Est-ce que j'ai encore un peu de temps? Merci,
monsieur le président. Je vais faire ça le plus
rapidement possible. J'ai beaucoup, beaucoup de
questions. C'est dommage qu'on n'ait pas plus de
temps.
Le Canada va présider la XIIe Conférence
interaméricaine des ministres du Travail
les 16, 17 et 18 octobre.
Vous m'en avez parlé tout à l'heure,
J'ai beaucoup d'inquiétudes,
et j'aimerais vous lire une petite déclaration qui a été
faite. Je cite:
Je définirais la globalisation comme la liberté
pour mon groupe d'investir où il veut, le temps qu'il
veut, pour produire ce qu'il veut, en s'approvisionnant
et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins
de contraintes possible en matière de droit du travail
et de conventions sociales.
Cela a été écrit par Percy Barnevik,
président de la transnationale ABB.
Vous nous
dites qu'on sert d'exemple et tout ça. C'est bien beau,
mais avec les 34 autres pays, quelles sortes de
normes va-t-on se donner?
Il faut qu'on ait des politiques de travail qui
représentent la population.
[Traduction]
Le président: Madame la ministre, il ne nous reste plus de
temps et je vais donc passer à quelqu'un d'autre, si vous n'y voyez
pas d'inconvénient.
Monique a posé une longue question. Alan Tonks, Libby Davies,
Diane St-Jacques, Peter Goldring, Judi Longfield.
M. Alan Tonks (York Sud—Weston, Lib.): Monsieur le président,
si vous vous mettez à vous crier par la tête, la ministre et vous-même,
je peux vous dire de quel côté je vais me ranger.
Des voix: Oh, oh!
• 1150
M. Alan Tonks: Je voudrais faire suite à la question de ma
collègue au sujet de la ZLEA, madame la ministre. Et j'ai bien
apprécié de vous voir à la télévision plonger dans la conférence du
Sommet des Amériques.
On m'a fait remarquer, et j'ai trouvé cela renversant, que
seulement 8 p. 100 de la population est assujettie au code du
travail fédéral. J'en déduis donc que les codes du travail
provinciaux prennent le relais et que nous tentons d'harmoniser nos
codes en ce qui a trait à l'équité, la sécurité au travail, etc.
Pour faire suite à la question qui a été posée, est-ce que la
conférence de la ZLEA—et je crois savoir que c'est la douzième
conférence, et non pas la deuxième, portant sur des questions
internationales dans le domaine du travail—vous donne à titre de
ministre, un tremplin vous permettant de positionner ces principes
universels en matière de travail que nous, au Canada, nous nous
efforçons de respecter depuis longtemps? Je pense que la question
essentielle est celle-ci: pouvons-nous trouver un terrain commun?
En fait, pouvons-nous non seulement donner l'impression de
respecter les principes universels de l'égalité et de l'équité,
mais les respecter vraiment dans les faits, évitant ainsi les
activités du genre de celles auxquelles nous avons assisté pendant
les négociations de l'accord de libre-échange? Je pense que c'est
le fond de la question.
Je serais intéressé, monsieur le président, et je pense que le
comité dans son ensemble le serait aussi, à entendre peut-être une
réponse plus élaborée là-dessus.
Mme Claudette Bradshaw: Je vous remercie pour cette
question.
Si vous ne m'avez pas vue souvent à la Chambre dernièrement,
c'est parce que nous présidons la réunion des Amériques et que je
dois voyager pour rencontrer le plus grand nombre possible de
ministres du Travail. Cela s'explique par plusieurs raisons.
Je n'étais pas au sommet à Québec. J'étais au Sommet des
peuples. J'y suis allée le mercredi et c'est à cette occasion que
vous m'avez vue. Je tenais à être au Sommet des peuples à Québec
parce que c'était important pour moi d'entendre ce que le groupe
avait à dire.
Je voudrais mentionner deux ou trois choses. D'abord, nous
avons la bonne fortune de pouvoir compter sur la convention de 1998
de l'OIT, qui porte sur les principes fondamentaux. Donc, de
concert avec 34 pays, nous pourrons travailler ces dossiers à notre
réunion.
Il y a deux autres points à l'ordre du jour. Le premier est la
gestion des ministères du Travail et le deuxième est la
mondialisation. En octobre, nous examinerons sérieusement ces
questions avec les 34 ministres.
Il y a par ailleurs les principes fondamentaux de l'OIT qui
sont très importants. Ce sont le droit d'association, le droit de
grève, le droit à la convention collective, et le travail des
enfants. Nous serons en mesure de nous pencher sur toutes ces
questions en octobre.
La raison pour laquelle je fais des voyages et je veux essayer
de m'y attaquer—et les gens qui me connaissent savent que je suis
toujours prête à essayer n'importe quoi—est que les gens du CTC
qui ont parlé haut et fort au Sommet des peuples—et nous
travaillons en étroite collaboration avec le CTC sur la scène
internationale—ont dit qu'ils veulent être partie prenante du
processus. C'est pourquoi je me déplace et j'encourage les
ministres des 34 pays à se faire accompagner de leurs représentants
syndicaux quand ils viendront à notre réunion au Canada.
Cela n'a jamais été fait auparavant. L'année dernière, j'ai
amené avec moi des représentants syndicaux à Washington. Je suis
convaincue que si nous pouvons obtenir que d'autres ministres du
Travail des 34 pays invitent certains de leurs dirigeants
syndicaux...
Nous allons travailler en étroite collaboration avec le
Congrès du travail du Canada ici au Canada, dans tous les dossiers
qui concernent notre réunion d'octobre. Nous avons déjà de bonnes
relations avec eux grâce au Code canadien du travail.
J'ai été la première des ministres à être invitée la semaine
dernière à Washington à parler à la réunion de l'ORIT, qui réunit
tous les ministres du Travail du monde entier. C'était un honneur
pour moi de prendre la parole à cette tribune à titre de ministre
du Travail du Canada. J'espère que tout cela va fonctionner.
• 1155
Je suis persuadée que d'autres ministres vont inviter certains
de leurs syndiqués. Nous ignorons encore comment le personnel va
mettre tout cela ensemble, étant donné que la chose n'a jamais été
tentée auparavant. Je suis néanmoins convaincue que, lorsqu'on
songe à notre pays et à ce qu'il a à offrir en fait de législation
du travail—après tout, nous avons plus de 100 ans—nous pouvons
servir d'exemple et ouvrir des portes. Il serait regrettable
d'avoir un sommet des Amériques et de ne pas vouloir faire le pari
d'ouvrir certaines de ces portes.
Quant à l'issue finale, peut-être reviendrais-je ici pour
constater que vous m'en voulez beaucoup, mais à tout le moins vous
ne pourrez pas dire que Bradshaw n'a pas essayé. C'est donc cela
que j'espère pouvoir faire, monsieur le président.
M. Alan Tonks: Tout ce que le comité pourrait faire—et cela
devrait être parfaitement évident—à ce sujet, madame la ministre,
notamment en étudiant toutes les possibilités qu'il aurait de vous
prêter son concours pendant l'élaboration de cette stratégie, je
suis sûr qu'il le fera.
Le président: Je suis obligé de presser le pas, mais j'appuie
ce que vous venez de suggérer. Je pense que pour toute une série de
raisons, depuis 12 mois, le comité n'a pas eu à s'occuper du volet
de son mandat concernant le travail, et nous nous féliciterions de
toute suggestion à cet égard.
Nous allons maintenant passer à Libby Davies, suivie de Diane
St-Jacques, de Peter Goldring, de Judi Longfield et de Dale
Johnston.
Mme Libby Davies (Vancouver-Est, NPD): Madame la ministre, je
vous remercie énormément pour votre présence ici aujourd'hui.
Vous avez dit ce matin que les meilleures solutions au
problème des sans—abri doivent être cherchées au niveau de la
collectivité, et je suis totalement en accord avec vous. Par
contre, je sais également que lorsqu'on s'adresse aux gens qui sont
les plus actifs, en première ligne, dans la lutte contre
l'itinérance et la pénurie de logements, ces gens-là vous diront
également—et je sais qu'ils vous l'ont souvent répété—que
l'élément essentiel de ces solutions est la construction de
logements abordables. Ce que je trouve vraiment très surprenant,
c'est que cette initiative a été lancée en décembre 1999. Ainsi,
plus de 18 mois plus tard, malgré toutes ces initiatives qui ont
été mises en route, le problème fondamental est resté entier en ce
sens qu'il y a toujours pénurie de logements à prix modique.
D'ailleurs, vous avez vous-même évoqué la chose aujourd'hui en
disant qu'il faut améliorer les refuges, offrir de services
conseils et tous les programmes du même genre, ce qui est fort
bien, je n'en disconviens pas, mais tout cela n'apporte pas pour
autant une solution au problème fondamental: voici donc ma première
question: comment est-il possible d'avoir une telle initiative
destinée à résoudre le problème de l'itinérance mais qui ne fait
rien pour offrir un logement aux gens qui en ont besoin?
En second lieu, vous savez sans doute que la National
Coalition on Housing and Homelessness vient d'écrire à votre
collègue M. Gagliano, avec copie à votre intention je crois. Cette
coalition est parfaitement au courant de l'initiative qui est à
l'ordre du jour du conseil des ministres, et elle est tout à fait
désemparée de constater qu'une fois encore, au lieu de nous axer
sur la mise en place d'un programme de construction de logements
sans but lucratif, nous allons plutôt envisager de subventionner
des immeubles locatifs. Je voudrais vous demander ce que vous
faites en tant que coordonnatrice pour qu'il y ait effectivement un
programme de construction de logements sans but lucratif qui nous
permettrait de ne plus devoir dépendre des refuges. Il ne suffit
pas de dire que nous allons offrir aux gens de meilleurs foyers et
refuges car ce dont ils ont besoin, c'est d'un logement permanent.
Mme Claudette Bradshaw: Monsieur le président, je me suis
déjà à plusieurs reprises entretenue avec la députée à ce sujet, et
j'ai visité les collectivités pour écouter ce que les gens avaient
à dire. S'agissant du problème des sans-abri, lorsque nous avons
décidé de la façon d'affecter les financements, je savais à cause
de mes antécédents que nous devions venir en aide aux services de
soutien, je savais que nous devions aider les banques alimentaires
à répondre aux besoins, je savais que nous devions aider les foyers
et les refuges, je savais également qu'il y avait tout un tas de
problèmes urgents à régler avant l'hiver, et c'est ce que nous
avons fait. Mais cela va durer encore quelque temps, et la majorité
des collectivités que je connaissais allaient demander davantage.
Combien de lits pouvez-vous nous donner? Combien de banques
alimentaires pouvez-vous aider? Et cela va bien plus loin que le
seul problème des sans-abri.
Ce que nous avons décidé de faire—et si c'est ce que vous
voulez, nous avons tiré notre épingle du jeu, et j'en suis
heureuse—c'est de dire ce n'est pas mon ministère, je ne peux donc
rien faire pour le logement, mais je puis par contre intervenir au
niveau des logements de transition. Pour moi, cela veut dire—et
nous financerons d'ailleurs plusieurs projets dans ce domaine—que
nous pouvons offrir un toit à quelqu'un pendant un an, deux ans ou
trois ans, mais toujours avec l'intention de parvenir à le
réintégrer dans la collectivité. J'ai donc utilisé au maximum les
possibilités qu'offrait mon portefeuille—et j'imagine qu'il y a
d'autres membres du comité qui voudraient eux aussi poser des
questions sur le logement.
• 1200
Monsieur le président, j'ai reçu un financement de
305 millions de dollars pour l'IAC. Le ministre Gagliano a reçu
268 millions de dollars par l'entremise du budget du PAREL. Si vous
voulez donc parler des sans-abri, je vous recommanderais plutôt
d'inviter le ministre Gagliano à venir vous parler du financement
du PAREL parce que je ne saurais quant à moi vous répondre sur le
volet du logement.
Je peux par contre vous dire ceci: lorsque j'ai été nommée
pour assurer la coordination du dossier des sans-abri, les
ministres responsables du logement ne s'étaient pas rencontrés
depuis six ans. Ils ne se parlaient pas. En septembre dernier, ils
se sont rencontrés. On m'a demandé d'assister à la rencontre. J'ai
répondu: «Non, je n'assisterai pas à cette rencontre sur le
logement, et je vais vous dire pourquoi. Je voudrais que vous
profitiez de cette rencontre pour parler de logement, mais pas pour
parler des sans-abri. C'est un problème grave. Moi, j'ai mon mandat
et je travaille. Je veux que vous, vous consacriez l'intégralité de
votre temps à parler de logement.» Le fait qu'ils se soient ainsi
réunis m'a donc encouragée.
Par ailleurs, lorsque nous avons fait le programme
d'infrastructure, j'ai été confortée de constater que le logement
en faisait partie. Pendant ma tournée, 17 maires sur 23 m'ont dit
qu'il y avait au Canada une crise des sans-abri. J'avais espéré
voir davantage de maires se prévaloir du programme de financement
des infrastructures pour construire des logements à prix modique.
J'ai l'impression qu'il n'y a pas beaucoup de maires qui se soient
prévalus de ce programme de financement. J'espère que c'est à cause
du fait que le programme en est à sa première année et qu'ils
voulaient faire tout un tas d'autres choses d'abord, mais il n'en
reste pas moins qu'ils n'ont pas profité du programme
d'infrastructure pour améliorer le logement social. J'espère que
cela viendra plus tard.
Mme Libby Davies: En réponse à cela, madame la ministre, je
pense que vous fixez vos propres limites. Vous réagissez au
problème en sous-entendant que, d'une façon ou d'une autre, un
élément extérieur quelconque vous a empêchée de vous atteler au
dossier du logement, mais à mon avis, votre mandat concernant les
sans-abri est indissociable du dossier du logement à prix modique.
Alors ici encore, je ne vois pas pourquoi ce volet du mandat n'est
pas intégré dans cette nouvelle initiative dont on parle
actuellement.
S'agissant du financement des infrastructures, les
municipalités ont dû faire des choix très difficiles entre les
transports, le logement et l'environnement. Il nous faut de
l'argent pour le logement, certes. Si certains crédits étaient
dédiés au logement, cela ferait-il votre affaire? S'il était
possible d'opter pour un programme de financement de la
construction de nouveaux logements, c'est un choix qui appartient
au gouvernement.
Le président: Je vais devoir vous interrompre, Libby, mais
vous pourrez intervenir au tour suivant.
La parole est maintenant à Diane St-Jacques qui sera suivie
par Peter Goldring, Judi Longfield, Dale Johnston, Anita Neville,
Monique Guay, Georges Farrah, Libby Davies.
[Français]
Mme Diane St-Jacques (Shefford, Lib.): Merci,
monsieur le président.
Je veux remercier Mme Bradshaw
d'être ici ce matin. C'est très apprécié.
J'ai une
question concernant l'IPAC. On sait que c'est un
programme qui s'adresse en bonne partie aux grandes
municipalité, mais il y a un pourcentage qui s'adresse
aux petites régions. J'aimerais savoir de quelle
façon cela va fonctionner. Même si l'itinérance
est moins apparente dans les
petites régions, il y en a quand même. On y retrouve
moins d'itinérants,
évidemment, mais ils sont là. Je veux savoir
comment cela va fonctionner pour les régions.
Il y a un 20 p. 100 qui va aux
régions. J'aimerais savoir
comment les organismes peuvent
avoir accès à ces programmes.
Mme Claudette Bradshaw: En ce qui concerne
l'IPAC, lorsqu'on a eu de l'argent pour les sans-abri,
on a décidé de l'affecter aux plus grandes
communautés. Moi, je n'ai jamais été à l'aise devant
cela. J'ai dit au personnel que cela n'avait pas de bon
sens et qu'il fallait aussi aider les plus petites
communautés, car elles ont
aussi des sans-abri.
Des petites
communautés ont commencé à vouloir s'organiser.
Partout au pays, les gens disaient
qu'ils voulaient aider les itinérants
chez eux pour ne pas qu'ils s'en aillent à Toronto, à
Montréal, à Calgary et à Vancouver. J'ai donc dit
que j'étais d'accord
et qu'on allait mettre 20 p. 100 de notre argent dans
les petites communautés.
Monsieur le président,
on a donné l'argent il y a près d'un an, au mois de
juin. Si je devais reprendre cette
décision, je mettrais 40 p.
100 de l'argent dans nos petites communautés et 60 p.
100 dans nos plus grosses communautés.
Je vais vous dire pourquoi.
• 1205
On était censés avoir 10 communautés; on
en a maintenant 62.
Il y a 62 petites communautés qui sont en train de se
prendre en main. Dans votre petite communauté de Peterborough,
monsieur le président, ça va
très bien. Les communautés se mettent ensemble,
font des plans de travail et entreprennent des projets.
On a 62 communautés. On s'attend à ce que 90
p. 100 des plans soient terminés d'ici le mois de
septembre. Ce
n'est pas facile pour des communautés de se mettre
ensemble, de faire un plan de travail ensemble,
de décider
de la priorité et de décider qui va avoir les
projets.
La majorité des
provinces avaient signé un accord avec le gouvernement du
Canada au mois de juin de l'année dernière. Les choses
ont donc commencé à avancer. Au Québec,
comme vous le savez, ça a pris un peu plus
de temps. On pensait qu'on allait signer un accord au
mois d'août, mais ce n'est pas arrivé. Ensuite on a eu la
campagne électorale. On a donc signé un accord
avec le Québec au mois de
février. Au Québec, on va travailler avec les
régies régionales. Selon ce que je comprends, les
régies régionales commencent à rencontrer leurs
communautés et les plans sont en train
de se faire. Je
vais avoir un briefing cet après-midi. Si vous voulez
avoir plus
de détails, je pourrai vous en donner. On va
aller au Québec à la fin de mai pour rencontrer
certaines communautés. Je m'attends à ce qu'au Québec,
vous commenciez le processus
autant avec les petites communautés qu'avec les
grandes. Donc, il
nous a fallu plus de temps pour négocier.
Mme Diane St-Jacques: Les communautés vont
devoir travailler ensemble, par région,
parce qu'il n'y en aura pas pour toutes les
communautés, n'est-ce pas?
Mme Claudette Bradshaw: Le Canada est tellement
beau et on travaille tellement bien ensemble. Il y a
certaines communautés qui participeront au processus.
Je vais vous
donner un exemple. Il y avait des petites communautés qui
se rencontraient. Il y avait une petite
communauté qui avait des problèmes. Elles se sont
mises ensemble et ont fait des plans de travail.
Il y a
trois députés qui ont dit que cette petite communauté
devait être avec eux. Ils ont décidé de
partager avec cette communauté l'argent qui leur avait
été donné.
Je ne vois pas de différence au
Québec. Diane, je ne sais pas si
votre communauté participera au processus.
Il faudra que je regarde,
monsieur le président.
Mais je suis certaine que si votre
communauté n'en fait pas partie, les députés
des alentours vont lui dire de venir à leur table.
C'est arrivé dans d'autres régions, et les petites
communautés ont pu avoir de l'argent. Ça va très bien
avec les petites communautés. Ce n'est pas croyable.
Mme Diane St-Jacques: Ah, oui?
Mme Claudette Bradshaw: Si vous voulez vous
battre pour qu'il y ait plus d'argent pour les petites
communautés, vous êtes la bienvenue.
Mme Diane St-Jacques: D'accord. On retient ça.
Est-ce que j'ai le temps de poser une courte
question?
Le président: Pas une question, mais
peut-être un commentaire.
Mme Diane St-Jacques: C'est que ma question a
trait à un autre domaine. Ce sera très rapide.
Le président: On y reviendra.
Mme Diane St-Jacques: D'accord, je vais revenir.
[Traduction]
Le président: D'accord.
Nous passons maintenant à Peter Goldring qui sera suivi par
Judi Longfield, Dale Johnston, Anita Neville et Monique Guay.
M. Peter Goldring (Edmonton-Centre-Est, AC): Merci monsieur le
président, et merci aussi à vous, madame la ministre, pour votre
présence ici aujourd'hui.
Ma première question rappellera une question que j'avais fait
inscrire au Feuilleton vers le 16 mars, c'est-à-dire il y a environ
60 jours ou deux mois de cela. Étant donné la complexité de la
question, ce que j'attendrais de vous aujourd'hui... Par exemple,
les huit rapports sur les sans-abri que j'ai pu lire et analyser
m'ont donné 36 définitions différentes, ce qui ajoute beaucoup à la
confusion. J'aimerais que ces trois éléments soient précisés, et je
pense que ce serait très utile pour le gouvernement aussi, afin que
nous puissions faire quelque chose dans le dossier des sans-abri et
du logement à prix modique. Seriez-vous prête à promettre ici même
de répondre à la question concernant ces trois éléments que j'ai
fait inscrire au Feuilleton? Je comprends bien que cela prendra un
certain temps, mais vous pourriez peut-être m'indiquer une date.
D'abord, il y a la définition de sans-abri. Ensuite, il y a la
définition de logement abordable en ce qui concerne les personnes
seules. Enfin, il y a la définition de pauvreté.
Pourriez-vous répondre à ces questions pour une date donnée?
Combien de temps faudrait-il pour recevoir une réponse par écrit?
• 1210
Mme Claudette Bradshaw: J'aimerais vous répondre de deux
façons, si vous me le permettez.
La première réponse est que vous pouvez m'envoyer vos
questions.
M. Peter Goldring: Je l'ai fait.
Mme Claudette Bradshaw: D'accord. Je vais devoir travailler
avec d'autres ministres pour élaborer la définition, par exemple,
du logement abordable. Je ne sais pas quelle définition utilise la
SCHL. Il faudra que je vérifie quelle définition de la pauvreté
infantile utilisent les ministres Rock et Stewart.
M. Peter Goldring: Je comprends cela et c'est pourquoi
j'aimerais savoir si vous pouvez me...
Mme Claudette Bradshaw: Je vais vérifier auprès des
ministères où en sont...
M. Peter Goldring: Et les déposer dans deux semaines?
Mme Claudette Bradshaw: Oui. Nous allons vérifier auprès
des autres ministres quelle est la définition.
M. Peter Goldring: Je peux expliquer pourquoi nous y voyons un
problème. Dans vos commentaires, il y a quelques minutes, vous avez
parlé de logement de transition—d'une à quatre années—et, ma
fois, cela me fait énormément penser à une maison de chambres. Nous
ne semblons pas avoir la même définition de ce qu'est un SRO, une
maison de chambres, une maison de transition, voire même un
logement abordable. Ce sont toutes des questions importantes pour
lesquelles j'aimerais des réponses. Deux semaines cela m'irait, si
vous pouvez vous engager à me donner une réponse dans ce délai.
Mme Claudette Bradshaw: Vous les obtiendrez.
Mais j'aimerais aussi vous dire ceci. Nous avons eu beaucoup
de... rien n'est jamais ou noir ou blanc en ce monde.
M. Peter Goldring: Non, mais il nous faut du leadership.
Mme Claudette Bradshaw: Si nous vivions dans un monde noir
et blanc, je n'aimerais guère y vivre.
Permettez-moi de vous donner un exemple. Nous avons une
définition de—et nous avons parlé de la définition des maisons de
transition...
M. Peter Goldring: Eh bien, j'aimerais bien que vous preniez
le temps de m'expliquer cela, puisque nous avons d'autres questions
importantes à poser.
Mme Claudette Bradshaw: Je vais vous l'expliquer, oui.
M. Peter Goldring: Je pense que c'est un peu trop complexe
pour qu'on l'explique en quelques minutes. Je préférerais obtenir
une réponse par écrit, accompagnée de l'interprétation, si vous le
voulez bien.
Mme Claudette Bradshaw: D'accord. Je peux faire cela pour
vous. Pas de problème.
M. Peter Goldring: J'ai une deuxième question, si vous me le
permettez, madame la ministre.
Ma question concerne directement Edmonton et plus
particulièrement le Edmonton Housing Trust Fund et l'attribution
des fonds fédéraux. Ce fonds est censé être doté de 50 millions de
dollars avec lesquels la ville d'Edmonton doit trouver des
solutions aux problèmes de logement et des sans-abri. Madame la
ministre, à quoi s'élève la part du fédéral? Je crois savoir
qu'elle est d'environ un tiers. Pourriez-vous me dire un peu plus
précisément combien le gouvernement fédéral a contribué au Edmonton
Housing Trust Fund?
Mme Claudette Bradshaw: Monsieur le président, je tentais
de répondre à la première question qui aurait apporté une réponse
à la deuxième.
Dans le dossier des sans-abri, nous avons tenté d'éviter de
tout bloquer. Quand j'ai rencontré les groupes communautaires, ils
m'ont dit que normalement quand nous instaurons un programme, nous
les obligeons à voir grand, faute de quoi ils ne peuvent obtenir de
financement. C'est le premier.
Ensuite, ils souhaitaient recevoir directement le financement.
Nous avons tenté d'accéder à cette requête pour que chaque
collectivité s'organise selon ses besoins. À Vancouver, nous avons
l'entente de Vancouver, à Calgary, il y a la fondation qui est
représentée à la table...
M. Peter Goldring: Veuillez m'excuser, madame la ministre.
Mme Claudette Bradshaw: ...et à Edmonton...
M. Peter Goldring: Mon temps est très limité. J'aimerais que
vous répondiez à ma question.
Mme Claudette Bradshaw: Eh bien, je tente d'y répondre.
M. Peter Goldring: Merci.
Mme Claudette Bradshaw: Vous pouvez aussi me poser toutes
vos questions et je vous transmettrai les réponses par courrier.
Libre à vous.
M. Peter Goldring: Eh bien, non...
Mme Claudette Bradshaw: Nous pouvons faire les deux, si
vous le souhaitez.
M. Peter Goldring: J'ai posé une question précise sur le
financement du Edmonton Housing Trust Fund.
Mme Claudette Bradshaw: Non, mais si vous le voulez, vous
pouvez me poser vos questions et je pourrai...
Monsieur le président, si le député le souhaite, il peut me
poser toutes ses questions, car je sais que c'est un sujet qui
l'intéresse vivement, et je tente de répondre à ses questions. Et
j'estime que ses questions sont excellentes. S'il souhaite me faire
parvenir une liste de questions, nous lui ferons volontiers
parvenir les réponses par écrit.
M. Peter Goldring: Je croyais que c'était le but de cette
réunion.
Mme Claudette Bradshaw: Je sais que cela l'intéresse.
Toutefois, j'aimerais dire au comité, car je sais qu'il
comprendra—et je sais que le député a du mal à comprendre—que les
solutions que nous avons mises en place pour aider les sans-abri
sont inédites. Aucun gouvernement, fédéral ou provincial, n'a
jamais mis en place un tel programme. Nous voulons que la fondation
d'Edmonton, comme celle de Calgary, soit représentée à la table aux
côtés des groupes communautaires.
Mes efforts ne se limitent pas aux sans-abri, je dois aussi
coordonner les efforts et tenter d'amener autant de provinces que
possible...
M. Peter Goldring: Monsieur le président, j'invoque le
Règlement, si vous me le permettez.
Le président: Allez-y.
M. Peter Goldring: Le lien entre la création de la fondation
et l'exemple d'Edmonton m'intéresse énormément.
Le président: D'accord.
M. Peter Goldring: Sauf votre respect, j'aimerais entendre la
réponse de la ministre.
Le président: D'accord.
Mme Claudette Bradshaw: La réponse à votre question sur la
fondation, c'est 17 millions de dollars.
Le président: Un instant.
Un commentaire, Peter, et puis c'est tout; nous y reviendrons.
M. Peter Goldring: Eh bien mon commentaire est celui-ci—et je
veux revenir au troisième volet...
Le président: Non, un commentaire.
M. Peter Goldring: Eh bien, mon commentaire porte sur la
pertinence... Ma question était très claire. J'ai demandé combien
le gouvernement fédéral avait contribué à ce fonds en fiducie pour
le logement.
Mme Claudette Bradshaw: C'est 17 millions de dollars.
M. Peter Goldring: Merci.
Maintenant...
Le président: D'accord. Avez-vous compris cela?
M. Peter Goldring: Ma question complémentaire...
Le président: Pas de question complémentaire. Nous vous
donnerons la parole un peu plus tard. Vous avez déjà pris une
minute de trop.
• 1215
Je sais, Peter, c'est différent. Normalement les 18 membres du
comité sont là. Nous tentons de nous y tenir—et, madame la
ministre, la même chose s'applique. La contrepartie c'est le temps
que je prends. Dans ce cas-ci, je vous le signale en passant, nous
avons pris plus de sept minutes, au lieu des cinq habituelles. Je
vous signale donc, Peter... Je sais que vous êtes nouveau ici. Je
vous remercie de vos commentaires.
Pendant deux ans, j'ai été secrétaire parlementaire du leader
à la Chambre et j'étais responsable de coordonner la préparation
des réponses inscrites au Feuilleton. Les réponses les plus
difficiles à obtenir étaient celles qui provenaient de plusieurs
ministères à la fois. Vous le savez.
M. Peter Goldring: J'espère obtenir une réponse à ma question.
Le président: Je vous comprends et je crois que vous avez
obtenu votre réponse.
M. Peter Goldring: Merci.
Le président: Nous passons maintenant à Judi Longfield, Dale
Johnston, Anita Neville, Monique Guay, Georges Farrah et Libby
Davies.
Mme Judi Longfield (Whitby—Ajax, Lib.): Merci, monsieur le
président.
J'ai des questions qui concernent à la fois le volet travail
et le problème des sans-abri. Je vais d'abord parler de vos
responsabilités, madame la ministre, en tant que coordonnatrice
pour les sans-abri et plus particulièrement de l'IPAC. Je crois que
l'un des résultats les plus positifs de l'IPAC c'est qu'elle a
favorisé la concertation entre tous les intervenants et la
préparation de plans communautaires. Nous avons parlé de 62 plans
communautaires, tous différents les uns des autres, et qui sont
adaptés aux besoins de ces collectivités. Ils se sont réunis autour
d'une table. Je crois qu'à long terme, le fait d'avoir réuni tous
ces gens autour d'une même table afin qu'ils élaborent un plan
d'intervention contribuera...
Vous dites que le programme d'infrastructure vous a déçu, et
je suis du même avis. Je ne comprends pas pourquoi les
collectivités ne se sont pas empressées d'en profiter. C'est sans
doute parce qu'elles n'avaient pas de plan. Je crois que maintenant
qu'elles ont un plan, nous verrons dès la deuxième ou la troisième
année, du moins nous l'espérons, qu'elles ont compris qu'il est
absolument indispensable qu'elles s'occupent du problème du
logement abordable.
Vous avez notamment dit que si c'était à recommencer... c'est
peut-être 40 p. 100 dans les petites collectivités. Étant donné que
c'est un programme triennal, sera-t-il possible de rajuster le
pourcentage au cours de la deuxième ou de la troisième année?
Mme Claudette Bradshaw: Nous examinons sérieusement cette
possibilité, monsieur le président. Comme je l'ai dit, les petites
collectivités se mobilisent et souhaitent réellement faire leur
part. Cela fait chaud au coeur de voir que les plus petites
collectivités, comme Red Deer et Grand Prairie, se disent prêtes à
les aider dans leur collectivité, pour qu'ils n'aient pas à se
réinstaller à Calgary ou à Edmonton. Cela fait chaud au coeur. Ils
ne veulent pas que leurs enfants et leurs familles se sentent
obligés d'aller ailleurs. Ils veulent les aider sur place.
C'est donc une option que nous examinons sérieusement. J'y
serais probablement très ouverte, et nous examinons maintenant la
possibilité. Mais cela ne fait qu'un an. Nous voulons aussi voir
comment les grands centres urbains s'en tireront.
Mme Judi Longfield: Oui, je l'ai constaté, puisque j'habite
dans une région adjacente à un important centre urbain. À l'heure
actuelle, certains de ceux qui ne réussissent pas à se trouver un
emploi ou un logement abordable quittent la région de Durham pour
Toronto, ce qui aggrave les problèmes de Toronto. Ainsi, si nous
pouvions régler le problème au sein de nos propres collectivités.
Mes prochaines questions portent sur le travail. Très tôt dans
votre mandat, vous avez instauré l'échelle de justes salaires, mais
vous n'en avez pas parlé dans votre exposé. Je me demande quels
progrès ont été réalisés. Est-elle appliquée de façon générale?
Mme Claudette Bradshaw: L'application de l'échelle de
justes salaires avance bien. Comme vous le savez, nous travaillons
en très étroite collaboration avec Statistique Canada. Cela va
bien.
Nous avons eu quelques problèmes en Colombie-Britannique. Nous
avons rencontré les intéressés en même temps que les fonctionnaires
de Statistique Canada, et nous croyons qu'ils sont aussi engagés
dans la bonne voie. Je crois que tout le monde apprécie réellement
les justes salaires. Ils ont tous été réalignés, et nous
travaillons maintenant avec le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest
et les provinces de l'Atlantique.
Mme Judi Longfield: D'accord.
La présidente: Très, très rapidement.
Mme Judi Longfield: Aux termes de l'équité en matière
d'emploi, nous savons qu'il y a des sanctions pour non-conformité
mais j'ai toujours eu l'impression que c'était un peu le jeu de la
carotte et du bâton. C'est bien beau de menacer de sanctions ceux
qui ne se conforment pas à la loi, mais que faisons-nous dans le
cas des nombreuses entreprises qui dépassent les minima et de
beaucoup?
La présidente: Quarante secondes, madame la ministre.
• 1220
Mme Claudette Bradshaw: Nous avons un prix pour l'équité en
matière d'emploi. Je vous suggère de lire notre rapport annuel. Les
renseignements que nous déposons révèlent clairement le degré de
conformité des entreprises. Ces données indiquent clairement
quelles entreprises affichent de bons résultats et lesquelles
doivent améliorer leur performance. Ces deux choses—le prix et la
publication de données—sont très efficaces.
Mme Judi Longfield: J'ai un bref commentaire à faire.
J'ai lu le rapport et je le vois ici. Toutefois, le
gouvernement ne réussit pas très bien lorsqu'il s'agit de mettre en
relief les résultats positifs. J'aurais une suggestion à faire:
nous pourrions peut-être publier beaucoup plus d'informations, non
seulement à l'intention du grand public, mais aussi à l'intention
des entreprises qui affichent de bons résultats. Il faut davantage
de ces prix internes.
La présidente: Dale Johnston, puis Anita Neville.
M. Dale Johnston: J'ai quelques très courtes questions et
j'espère des réponses aussi courtes.
Madame la ministre, pouvez-vous me promettre que vous
respecterez un engagement pris antérieurement d'examiner l'article
87.7 de la Partie I du code?
Le ministre précédent s'était engagé à le faire avant la fin
de 1999. Je vous ai posé la question tout à l'heure et je n'ai pas
eu de réponse.
Mme Claudette Bradshaw: Comme je l'ai déjà dit, nous avons
eu seulement une expérience et la grève a été courte. Cela a bien
fonctionné pour nous.
M. Dale Johnston: Pourtant, madame la ministre, le ministre
précédent s'était engagé à faire réviser cette disposition par le
ministère avant la fin de 1999. J'aimerais savoir si nous pouvons
nous attendre à ce que vous le fassiez.
Mme Claudette Bradshaw: Oui. Pour nous, cela fonctionne
bien.
Quel genre d'examen envisagez-vous? Je n'ai pas d'objection à
en discuter avec vous. Quelle serait la durée d'une telle étude?
M. Dale Johnston: Il vous faudrait probablement poser la
question au ministre précédent. Quoi qu'il en soit, le temps me
presse.
Passons aux vérifications. La ministre peut-elle nous dire à
quelle date a eu lieu la dernière vérification des subventions et
contributions aux termes du programme du travail? À quelle date a
eu lieu la dernière vérification et le comité pourrait-il en avoir
copie?
Mme Claudette Bradshaw: Nous allons vous la faire parvenir.
M. Dale Johnston: Merci. Pouvez-vous nous dire quelle est la
fréquence de ces vérifications? Sont-elles annuelles? Ont-elles
lieu tous les six mois ou tous les trimestres?
Mme Claudette Bradshaw: Annuellement.
M. Dale Johnston: Ce sont des vérifications annuelles?
Quelles mesures de suivi sont appliquées pour contrôler les
fonds et les projets dans ce domaine?
Mme Claudette Bradshaw: Nous pourrions peut-être vous
simplifier la tâche. Nous n'avons qu'un seul programme de
contributions et il s'élève à 1,6 million de dollars. C'est le
programme de gestion du travail. C'est vraiment le seul programme
pour lequel nous distribuons de l'argent au ministère du Travail.
M. Dale Johnston: D'accord.
Le président: Brièvement, Dale Johnston.
M. Dale Johnston: Oui, j'ai une autre brève question.
Quels progrès avons-nous accomplis depuis le document de
discussion en vue d'amalgamer les organismes fédéraux dans le
domaine du travail, plus précisément, le CCRT, le Tribunal des
artistes et des producteurs, et la Commission des relations de
travail dans la fonction publique? A-t-on progressé dans la fusion
de ces organismes, madame la ministre?
Mme Claudette Bradshaw: Monsieur le président, je vais
laisser Warren répondre à cette question, parce que les
négociations se poursuivent dans ce dossier.
Le président: Warren, allez-y.
M. Warren Edmondson: Oui, monsieur le président.
Il s'agit assurément d'un dossier dont la ministre avait
l'intention de s'occuper. Il y a eu des initiatives simultanées.
Vous avez peut-être lu au sujet de celle qui est actuellement en
cours. M. John Fryer examine le régime des relations de travail
dans la fonction publique et la Loi sur les relations de travail
dans la fonction publique. La Commission des relations de travail
dans la fonction publique est en fait un des organismes qu'on
prendrait en compte dans toute analyse au sujet d'une éventuelle
fusion ou amalgamation.
Je crois savoir que le rapport de M. Fryer doit être publié
durant le mois de juin. De notre point de vue, il est important de
prendre connaissance des conclusions de M. Fryer avant de mettre en
branle notre examen interne.
Par ailleurs, comme vous le savez, le gouvernement a nommé
M. Ronald Quail, sauf erreur, l'ancien sous-ministre des
Transports, qui est chargé d'examiner tout le régime des ressources
humaines dans l'ensemble de la fonction publique fédérale. Cet
examen pourrait avoir également des répercussions sur
l'amalgamation des commissions des relations de travail.
Le président: Je passe à...
M. Dale Johnston: Pourrions-nous avoir copie du rapport au
mois de juin?
Le président: Nous vous en serions reconnaissants. Merci
beaucoup.
Anita Neville, Monique Guay, Georges Farrah, Libby Davies,
Alan Tonks.
• 1225
Mme Anita Neville (Winnipeg-Sud-Centre, Lib.): Merci, monsieur
le président. Je vous souhaite la bienvenue, madame la ministre.
Je m'excuse, à vous et aux membres du comité, d'être arrivée
en retard. J'étais profondément plongée dans les délibérations d'un
autre comité, c'est le moins que l'on puisse dire.
Je ne pense pas avoir une question de cinq minutes, mais je
vais vous la poser et vous ferez ce que vous pourrez pour y
répondre dans le temps qui vous sera imparti.
J'ai trouvé intéressant les commentaires que vous avez faits
à M. Goldring. Vous et moi avons rencontré un groupe de jeunes à
Winnipeg, des jeunes qui sont très à risque. Il est ressorti
clairement que le problème était loin de se limiter à l'absence de
domicile fixe. Ces sans-abri avaient de multiples problèmes.
J'aimerais connaître la nature horizontale de vos activités,
la réponse aux collectivités individuelles. Je voudrais aussi
connaître deux résultats: la vérification que vous faites de vos
structures de gestion. Je crois savoir qu'une vérification
officielle est en cours. Quand en aurons-nous les résultats?
De plus, je m'intéresse à la nature et à la date possible des
résultats de l'initiative sur les sans-abri. Quand aurons-nous ces
résultats et comment les mesurez-vous?
Je ne pense pas que ce soit une question de cinq minutes, mais
je vous serais reconnaissante de me donner un élément de réponse.
Mme Claudette Bradshaw: C'est ce que j'essayais d'expliquer
tout à l'heure.
Nous avons sillonné le Canada pour examiner le problème et
nous nous sommes adressés au Conseil du Trésor pour examiner le
processus suivi dans le dossier des sans-abri—parce que ce n'est
pas un dossier facile; nous sommes allés partout au Canada pour
entendre différents groupes, et plusieurs choses nous sont apparues
clairement.
J'en ai parlé tout à l'heure. Nous avons essayé de dire aux
collectivités que nous voulions vraiment écouter ce qu'elles
avaient à nous dire et nous sommes disposés à les financer
directement. Elles recevraient tout l'argent dont il est question,
c'est-à-dire 305 millions de dollars aux termes de l'IPAC,
59 millions de dollars aux termes du portefeuille des Autochtones
et 59 millions de dollars aux termes des initiatives pour la
jeunesse.
Le processus a été long; l'une des critiques qu'on nous a
adressées concernait les longs délais pour débloquer l'argent.
Obtenir que les collectivités se concertent pour élaborer un plan,
c'est un long processus, comme vous le savez, monsieur le
président, parce que vous l'avez fait à Peterborough. Mais une fois
que les collectivités sont ensemble, que le plan a été fait et que
la proposition de financement est présentée, alors les choses
commencent à débloquer assez rapidement.
Le processus est différent dans différentes collectivités:
Vancouver, ce n'est pas la même chose que Calgary; ce n'est pas non
plus la même chose à Edmonton, en Ontario ou dans les provinces de
l'Atlantique. Nous faisons ce que la collectivité nous demande de
faire et nous estimons que cela fonctionne très bien, surtout que
nous sommes passés de 10 collectivités à 62.
L'autre volet de mon travail est la coordination. Cela veut
dire que les ministres visés doivent embarquer. Pour lutter contre
le problème des sans-abri, il faut faire de la prévention, c'est-à-
dire des logements. Il faut voir comment, par exemple, le ministère
de la Défense nationale a joué un rôle majeur ici à Ottawa, à la
base de Rockcliffe. Il a joué un rôle majeur dans d'autres
collectivités. Nous pouvons aussi examiner différentes propriétés
fédérales.
Nous devons amener le ministère de la Santé à collaborer, de
même que le MDN et le ministère des Affaires indiennes. Nous devons
obtenir que les provinces embarquent avec leurs programmes, parce
qu'ils s'occupent de santé et de la pauvreté des enfants. Et
ensuite, il faut aussi obtenir la collaboration du secteur privé.
Je commence actuellement à mettre en place quelque chose pour le
secteur privé, de sorte que d'ici deux ans... Maintenant que le
processus est en place et qu'il fonctionne bien, d'ici deux ans
nous devrions être en mesure de faire tout cela.
Pour ce qui est des résultats, nous voulons nous assurer de
faire de bonnes évaluations, d'avoir des données fiables, parce que
l'un des grands problèmes que nous avons éprouvés, c'est la façon
de dénombrer les sans-abri. Dans différentes régions, cela se fait
de différentes manières.
Il sera très important de bien évaluer tout cela au cours des
trois prochaines années. Nous espérons avoir quelque chose en place
d'ici la fin de l'été.
Le président: La parole est à Monique, ensuite Georges, Libby
Davies, Alan Tonks, Peter Goldring, Diane St-Jacques et ensuite à
la présidence.
[Français]
Mme Monique Guay: Merci, monsieur le président.
J'aimerais revenir un peu sur le sujet de la Zone de
libre-échange des Amériques, parce qu'il s'agit d'un
dossier qui
est d'actualité et qui touche notre avenir. Ne
parlons pas trop du passé, parlons de l'avenir.
Je suis très contente de savoir que la ministre était
présente lors du
Sommet des peuples parce qu'il est important d'être
présent lors de tels événements et d'aller prendre le
pouls de la population. Par contre, je suis
déçue qu'elle n'ait pas pris part au sommet lui-même parce
que cela constituait une occasion privilégiée de
présenter la position des travailleurs et des
travailleuses et ainsi tâcher de protéger notre
tissu social. J'aurais vraiment apprécié de voir,
madame la ministre, que des gens
représentent les travailleurs et les
travailleuses lors de ce sommet.
Ce n'est pas ce qu'on a vu.
• 1230
Il y des inquiétudes très importantes.
J'espère que lors de cette réunion qui aura lieu
les 16, 17 et 18 octobre, que nous suivrons de très
près et à laquelle, d'ailleurs,
j'espère que nous serons invités,
la ministre, qui aura d'ailleurs
tout le pouvoir de le faire
parce qu'elle aura notre appui, aura
l'occasion de vraiment faire le point et de vraiment
montrer qu'on doit être des leaders, qu'on doit être
avant-gardistes et qu'on doit prendre les devants dans
ce dossier. D'ailleurs, madame Bradshaw, je
vais vous laisser tantôt un
document. Il s'agit d'un article qui a été écrit
dans Le Devoir de samedi, justement sur la Zone de
libre-échange des Amériques. L'article a été écrit
par M. Parizeau, qui est un
grand libre-échangiste, mais qui commente et qui fait
l'analyse de la ZLEA sur tout le plan du tissu
social et du travail qui a été fait par les
travailleurs et les travailleuses pour protéger leurs
droits.
Cela étant dit, je vous laisse là-dessus, mais je vais
vous donner l'article avant de quitter. Il est très important
d'en prendre connaissance.
Deuxièmement, vous avez parlé, madame Bradshaw, des
sans-abri. Vous nous avez dit que 305 millions
de dollars avaient été investis.
J'aimerais que vous nous fassiez la ventilation des
145 millions de dollars qui ont été investis par
province et que vous nous disiez quels ont été les
frais administratifs là-dedans.
Mme Claudette Bradshaw: Monsieur le président,
relativement à la première question, le 25 mai, il va y
avoir une table ronde à Ottawa sur notre réunion du
mois d'octobre. On invite les personnes intéressées.
Si elle désire y assister, je peux envoyer à Mme Guay
de l'information
sur la
réunion.
Mme Monique Guay: Absolument.
Mme Claudette Bradshaw: Aussi, j'apprécierais
avoir l'information, parce que, comme vous le savez, le
Québec fait très, très bien au niveau du travail, au niveau
de son Code du travail. L'ancienne ministre du
Travail, Mme Lemieux, est une grande amie. J'aimerais
avoir le rapport parce qu'on peut certainement
l'utiliser dans la préparation de nos réunions.
Au sujet des sans-abri, je peux certainement vous envoyer
la liste des provinces, de l'argent reçu dans chaque province.
Mme Monique Guay: Si vous pouviez envoyer ça
au greffier du comité, on pourrait nous le distribuer
à nous, les députés, afin qu'on puisse en prendre
connaissance.
J'ai un dernier commentaire, monsieur le président.
Madame Bradshaw, vous savez que depuis plusieurs
années déjà, on s'occupe du dossier des femmes
enceintes et allaitantes et du retrait préventif.
Vous savez qu'au Québec, on a une loi avant-gardiste à
ce niveau. Les femmes sont très bien protégées.
Vous avez fait
la promesse qu'on en discuterait lors de l'étude
de la Partie III
du Code canadien du travail. J'ai bien hâte de voir ça
sur la table et, madame la ministre, je vous garantis
que vous m'aurez sur les talons concernant cet
amendement qu'on demande—pas
nécessairement à vous, comme ministre du Travail, parce
que vous n'avez pas toujours été là—, que mon parti
et moi-même avons constamment ramené à la Chambre des
communes. Nous souhaitons profondément que les
femmes soient protégées autant au niveau fédéral qu'au
niveau des provinces.
Merci.
[Traduction]
Le président: Bon. Je donne maintenant la parole à Libby
Davies, Alan Tonks, Peter Goldring, Diane St-Jacques et ensuite la
présidence.
Mme Libby Davies: Merci.
Toujours sur la question des sans-abri, l'une des stratégies
que vous avez annoncées et dont vous avez parlé encore aujourd'hui
vise les Autochtones en milieu urbain. Je trouve que c'est un
domaine très critique. Si vous examinez les diverses populations,
probablement que celle qui est le plus à risque de se retrouver
dans la rue et de manquer de ressources est celle des Autochtones,
en particulier ceux qui vivent en milieu urbain.
Voici ma question, madame la ministre. Que prévoyez-vous
maintenant? Vos programmes sont essentiellement d'une durée de
trois ans. Que prévoyez-vous maintenant pour le long terme? Quand
les gens se retrouvent dans des abris semi-permanents, où peuvent-ils
aller après cela, et où iront-ils ensuite? Je m'intéresse
particulièrement aux Autochtones en milieu urbain.
Mme Claudette Bradshaw: Je n'insisterai jamais assez sur le
fait que le processus que nous avons mis en place est unique, qu'il
est nouveau, et je ne dirai jamais assez à quel point je suis
contente qu'il fonctionne bien. Je ne rate jamais l'occasion
d'aller voir sur place, dès que je peux m'éloigner de la Chambre,
pour vérifier le fonctionnement du système.
• 1235
Je pourrais peut-être vous donner un exemple à propos des
Autochtones en milieu urbain. J'ai passé six semaines à voyager et
j'ai rencontré des groupes d'Autochtones urbains. Au moment
d'entrer dans la salle, on m'a dit: «Madame la ministre, vous devez
savoir que ces groupes ne s'entendent pas vraiment bien entre eux
et qu'ils vous attendent de pied ferme.» Nous sommes allés les
voir. Il y avait là 25 ou 30 personnes de différents groupes. Et
ils avaient raison, la discussion n'a pas été facile.
Je suis retournée rencontrer ce même groupe il y a un mois et
demi. Les anciens étaient là. Quand je suis entrée dans la salle,
ils m'ont dit: «Madame la ministre, nous avons décidé de laisser à
la porte nos différends politiques. Nous avons décidé que ce
processus que vous avez mis en place est exactement ce dont notre
peuple a besoin. Nous sommes conscients que notre peuple est dans
une mauvaise passe.» Et ils ont ajouté: «Voyez-vous les deux Blancs
là-bas? Nous leur avons même donné de notre propre argent, parce
qu'ils aident notre peuple et qu'ils partagent notre argent avec
eux».
Mme Libby Davies: Mais à plus long terme...
Mme Claudette Bradshaw: Pour vous répondre, à la fin de ce
processus de trois ans—c'est la raison pour laquelle j'essayais
d'expliquer le processus il y a un instant—, j'espère que mes
efforts de coordination auront donné des résultats, que ces groupes
se rencontrent, que nous aurons d'autres sources de financement et
que pour une fois dans notre vie, l'argent ira à la bonne place.
Nous aurons tous les ordres de gouvernement autour de la même
table. Nous aurons le secteur privé aussi. Et le plus important,
c'est que nous aurons tous les gens dans notre collectivité qui
travaillent au problème des sans-abri, qui travaillent dans le
logement et qui travaillent à faire de la prévention, qui
rencontreront ceux qui ont de l'argent à offrir.
Mme Libby Davies: Ce que vous dites, si je comprends bien,
c'est que pour les Autochtones qui sont logés dans des abris à
court terme, à la fin des trois années, il y aura une proposition
quelconque qui leur permettra de déménager dans des logements
permanents, stables, sûrs et abordables, qui ne leur coûteront pas
plus de 30 p. 100 de leur revenu en loyer, ce qui correspond à la
définition de logement abordable donnée par la SCHL.
Mme Claudette Bradshaw: Ce que je vous dis, et c'est un
espoir que j'exprime, c'est qu'après avoir vu ce que nous avons
fait en un an avec ce processus, j'ai bon espoir que dans deux ans,
à la fin de mon mandat de trois ans, nous n'aurons pas seulement le
groupe assis à la table mais aussi les trois ordres de gouvernement
et le secteur privé. C'est alors que nous commencerons à examiner
le dossier de la prévention, la réalité d'aujourd'hui et le long
terme. Je suis confiance que cela va arriver.
Suis-je naïve? Je l'ignore. Je suis bélier. Mais j'ai bon
espoir.
Le président: Merci Libby.
Alan Tonks, Peter Goldring, Diane St-Jacques et la présidence.
M. Alan Tonks: C'est un bon point de départ pour moi, monsieur
le président, car je suis bélier, moi aussi.
Madame la ministre, j'essaie encore de comprendre cette
dualité du logement abordable et du logement avec services de
soutien. Il y a des gens dans ma circonscription qui font du
bénévolat et qui présentent des demandes dans le cadre de
l'initiative sur le logement avec services de soutien. En fait,
trois organisations ont construit une coopérative d'habitation et
ce sont des organisations syndicales.
La question qu'ils me posent est celle-ci: premièrement,
comment peut-on obtenir des logements abordables. Ils disent que
les mêmes contraintes qui les entravent existent également pour le
secteur privé. Ils veulent comprendre comment ils peuvent avoir
accès au programme de logement abordable, si jamais nous finissons
par annoncer une politique à ce sujet. On parle de réforme fiscale,
etc.
Prenons la partie III, qui fixait plusieurs seuils pour
l'évaluation de l'initiative du logement avec services de soutien.
Serait-il possible, bien que je sache que vous ne voulez pas aller
trop loin, pour les raisons que vous avez énoncées, en préparation
d'une stratégie du logement abordable, que vous puissiez combler
les lacunes et saisir les occasions qui découlent de l'expérience,
et la vérification, dont on a dit que c'était l'un des seuils, ce
qui vous donnerait l'occasion peut-être au moins d'ajouter une
certaine dimension à M. Gagliano et peut-être à la SCHL et au
ministère de Paul Martin, afin d'aboutir à des stratégies et des
réponses tactiques dans le dossier du logement abordable.
• 1240
Merci.
Mme Claudette Bradshaw: Premièrement, quand une
collectivité élabore un plan, le logement figure toujours dans
l'équation et il y a un élément logement dans ce plan. Quand nous
obtenons le plan, si celui-ci met en cause le financement du PAREL,
nous envoyons le tout à la SCHL. C'est pourquoi le financement de
l'IPAC comprend parfois des éléments de financement du PAREL. C'est
pourquoi je recommande que ce ne serait pas une mauvaise idée que
vous fassiez venir le ministre Gagliano pour vous parler du
financement fourni par le PAREL dans le dossier des sans-abri, et
je pense que vous devriez probablement le faire.
Deuxièmement, mon rôle de coordinatrice auquel je vais
consacrer toutes mes énergies au cours des deux prochaines années,
consistera à établir une modélisation de ce processus parce que
nous ne savions pas si le processus fonctionnerait, monsieur le
président. C'était un processus que nous mettions en place parce
que c'est ce que l'on nous avait indiqué. Nous espérons donc que la
modélisation de ce processus amènera d'autres ministères à dire: ça
va bien, nous aimerions embarquer, ou bien nous aimerions faire la
même chose. À titre de parlementaires, peu importe notre
allégeance, nous travaillons tous dans nos collectivités. Nous
connaissons très bien nos collectivités. Ce que j'espère, à titre
de coordinatrice de tout cela, c'est que j'examinerai les autres
dossiers avec différents ministres et que je pourrai coordonner le
tout autour de la table du cabinet.
Et j'espère jouer un rôle plus important. On parle même
actuellement de la possibilité d'une ou de deux conférences sur
différentes questions, conférences auxquelles assisteraient
différents ministres. Ce ne serait pas moi qui ferais la conférence
ni le ministre Rock, nous la ferions ensemble. Donc, les deux
prochaines années seront consacrées pour moi à cet élément,
maintenant que le processus, le secrétariat et le personnel sont en
place.
M. Alan Tonks: Merci.
Le président: Peter Goldring, Diane St-Jacques et ensuite la
présidence.
M. Peter Goldring: Merci, monsieur le président.
Madame la ministre, pourriez-vous me dire pourquoi les fonds,
en particulier ceux du Edmonton Housing Trust Fund et peut-être
d'autres fonds de fiducie dans d'autres villes, sont seulement mis
à la disposition des organisations à but non lucratif et non pas du
secteur privé?
Mme Claudette Bradshaw: C'est dicté par la collectivité. En
fait, je vous ai invité à aller à une réunion à Edmonton, avec
votre personnel. Vous y verrez beaucoup de représentants du secteur
privé qui sont assis autour de la table. Quand j'étais à Edmonton,
j'ai rencontré des gens de l'immobilier et du secteur privé. En
fait, je dois rencontrer d'autres gens du secteur privé d'Edmonton
qui veulent s'intéresser à ce dossier. Alors, s'ils sont assis
autour de la table et s'ils ont un projet ou un programme et
veulent participer au dossier, nous invitons certainement le
secteur privé. L'une des raisons pour lesquelles Calgary et
Edmonton font du tellement bon travail, c'est qu'il y a une aussi
bonne participation du secteur privé dans tout le processus.
M. Peter Goldring: Je voudrais vous faire part d'un exemple
mettant en cause une personne de l'entreprise privée. À Edmonton,
il y aurait environ 1 100 sans-abri. Cette personne du secteur
privé, à un coin de rue du principal abri—il y a 550 personnes
dans les abris—a créé un projet pour loger 200 personnes seules.
Compte tenu du fait que 90 p. 100 de tous les gens qui vivent dans
les abris sont des personnes seules, ces 200 personnes représentent
40 p. 100 de toute la population qui vivent dans les abris à
Edmonton. Sa proposition permettrait de loger ces gens-là et
deviendrait par la suite une entreprise privée permanente. Il
cherchait à obtenir des fonds pour l'aider à rénover le bâtiment.
On a rejeté sa demande parce que sa compagnie privée est à but
lucratif. Sa demande présentée par écrit a été rejetée. Pourquoi?
Mme Claudette Bradshaw: Si vous voulez m'envoyer quelque
chose, je vais étudier la question et je vais vérifier auprès du
PAREL. Je vais aussi vérifier auprès de notre facilitateur à
Edmonton.
M. Peter Goldring: Ce n'était pas le PAREL; c'était le Housing
Trust Fund.
Mme Claudette Bradshaw: Je vais vérifier auprès de notre
facilitateur et quand vous irez assister à votre réunion
d'information, vous pourrez aussi lui poser la question.
Mais il ne faut pas perdre de vue que dans ce processus, la
décision est communautaire.
M. Peter Goldring: Avec ces 50 millions de dollars de
financement... Pour établir le contexte, on parle de 1 000 à 1 100
sans-abri. Si vous prenez 50 millions de dollars, cela représente
une maison de 50 000 $ pour chacun d'eux. Voyez les chiffres.
• 1245
Ce qui me préoccupe, c'est que vous avez dit que l'on avait
progressé depuis 1999 dans le dossier des sans-abri un peu partout
au Canada. Pourtant, à Edmonton, la plus grande partie des gens qui
ont des besoins de logement veulent des maisons de chambres pour
personnes seules. Pour les gens qui habitent dans les abris, c'est
leur plus grand besoin. Depuis 1999, pouvez-vous m'expliquer
pourquoi on n'a pas construit une seule nouvelle maison de chambre
dans la ville d'Edmonton, alors que c'est le besoin le plus
pressant? On n'en a pas construit une seule.
J'ose dire que d'un bout à l'autre du pays, il y a eu une
épouvantable absence de progrès, tout en reconnaissant que le
programme PAREL est distinct du vôtre. Mais c'est la même chose
pour le PAREL. Quatre-vingt-dix pour cent de leurs fonds sont
consacrés à 10 p. 100 des besoins, tandis que 90 p. 100 des besoins
se situent au niveau des maisons de chambres. Pourtant, encore une
fois, dans le cadre de ce programme, 90 p. 100 des fonds sont
consacrés à des appartements et à la rénovation de maisons. Pouvez-
vous m'expliquer pourquoi? Pourquoi ne s'occupe-t-on pas du
problème le plus pressant? Que prévoit-on faire à ce sujet?
Mme Claudette Bradshaw: Monsieur le président, comme je
l'ai déjà dit, maintenant que les collectivités sont en train de
prendre les décisions, nous espérons que le problème va se régler.
Les décisions sont prises par les collectivités. J'espère que nous
saurons enfin où va notre argent, et je suis confiante. Enfin, on
répondra aux besoins des gens dans chaque collectivité.
J'ignore si le député connaît la maison Harvest House à
Edmonton. Ils font du très bon travail pour les sans-abri
chroniques. Ils vont bientôt s'installer dans une toute nouvelle
maison de chambres. Elle a été construite à Edmonton grâce à notre
argent.
M. Peter Goldring: Est-ce qu'il me reste du temps?
Le président: Vous avez le temps de faire un bref commentaire.
M. Peter Goldring: À titre d'exemple, je comprends bien que le
PAREL... je pense qu'il faudrait qu'il y ait communication entre le
programme PAREL et le dossier des sans-abri. Récemment, tout leur
financement pour l'année, soit 1,8 million de dollars, a été
consacré à la rénovation de l'entrepôt McDonald pour créer des
appartements à 500 $ par mois, alors que pas une seule personne qui
habite dans l'abri Herb Jamieson pour personnes seules ne pourrait
aller s'y installer. Pouvez-vous m'expliquer pourquoi on ne crée
pas de logements pour répondre au besoin le plus pressant, à savoir
les maisons de chambres?
Mme Claudette Bradshaw: Je répète, monsieur le président,
que toutes les décisions prises à Edmonton sont prises par la
collectivité. Ce sont eux qui ont élaboré le plan. Ils savent quels
sont leurs besoins. Les propositions leur sont présentées et les
décisions sont prises de concert avec la communauté des gens
d'affaires d'Edmonton. Il y a une forte présence des gens
d'affaires et une forte présence des travailleurs communautaires.
Edmonton et Calgary sont deux des meilleurs endroits pour ce qui
est de prendre des décisions à ce sujet. Je ne remets pas du tout
en question les décisions qu'ils ont prises.
Le président: Diane St-Jacques.
[Français]
Mme Diane St-Jacques: Je vous remercie, monsieur le
président.
Avant de poser ma question, je veux tout simplement
répondre à l'invitation lancée par la ministre
concernant les budgets
supplémentaires. Dites-moi ce
qu'il faut faire, et on va vous appuyer. On va vous
aider à obtenir l'argent parce que c'est une cause qui
est importante. On a un grave problème en ce qui
concerne les itinérants.
Ma question porte sur ce que vous avez mentionné dans
votre présentation concernant le rôle de chef de file
qu'on a quant à la question des enfants au niveau de
l'Organisation internationale du travail.
Qu'est-ce que l'on a comme programme ou comme
suggestion à faire par rapport au grave problème
mondial des enfants qui travaillent dans diverses
parties du monde?
Mme Claudette Bradshaw: Comme tu le sais,
Diane, on a ratifié la Convention 182 l'année
dernière. Lorsque j'étais à Genève, au mois de juin, on
n'était pas certains que l'on pourrait y arriver parce
qu'il fallait que les provinces signent. Au mois de
février, on a rencontré les ministres du Travail.
Il y avait, je pense, trois provinces qui avaient signé. À
la fin de mai, toutes les provinces avaient signé.
Ainsi, on a pu ratifier la Convention 182. Compte tenu
du travail que j'ai fait pendant 32 ans, c'est
important pour moi.
On a aussi accordé 13
millions de dollars en soutien et en argent pour toute
cette question à l'OIT et à l'ACDI aussi
qui, comme tu le sais, s'implique vraiment.
Lorsque je voyage dans d'autres pays
à titre de ministre du Travail,
je demande toujours à rencontrer
des ONG afin de savoir exactement ce qui se passe. Je
demande à rencontrer des syndicats, comme ministre du
Travail, mais je demande aussi à rencontrer des ONG.
• 1250
On peut donc être fiers. Il y a beaucoup de travail à
faire.
C'est sûr que ça fait mal lorsqu'on voyage et qu'on
voit des choses. Je crois quand même que le Canada
peut vraiment servir comme modèle.
Lorsque les ministres voyagent, je pense que c'est
important qu'ils ne demandent pas seulement à
rencontrer les ministres. Je pense qu'ils doivent
aussi demander
à rencontrer les syndicats et les ONG. Il
faut aussi qu'ils demandent à
voir le travail que l'ACDI est en train
de faire. Lorsqu'on
donne 13 millions de dollars à l'OIT, lorsqu'on
ratifie
la convention, ils savent que l'on prend au sérieux les
choses que l'on ratifie.
Mme Diane St-Jacques: Est-ce qu'il y a eu une
évolution dans ce dossier-là? Est-ce qu'on a réussi
à...
Mme Claudette Bradshaw: Si la Chambre ne
siège pas et que tu veux venir avec moi, je pourrai
t'amener
et tu pourras demander à l'OIT...
Lorsqu'on donne de l'argent, on s'assure
qu'on a des résultats. On connaît le travail qui est
fait. On a toujours des rapports. On a du personnel
là presque à temps plein. Parfois, on envoie notre
personnel. On envoie des députés des provinces. À
titre d'exemple, des personnes du Québec sont allées,
l'année
dernière, à la réunion de
Genève. On ne se rend pas compte du nombre d'heures
que ces personnes travaillent. On pense qu'elles
vont à
Genève comme si elles y allaient en vacances.
À titre de ministre, j'ai offert
un vin et
fromages, à un moment donné, et j'ai fait une autre
rencontre. Je
n'en revenais pas de voir que
que nos participants étaient les derniers à arriver, à
23 heures, parce qu'ils avaient été en réunion jusqu'à cette
heure-là.
À l'OIT, on
prend les choses très au sérieux. Je le répète encore
une fois: je pense que le Canada est tellement bien
respecté qu'il a un rôle important à y jouer.
Mme Diane St-Jacques: Je vous remercie.
[Traduction]
Le président: Avant de mettre fin à la séance, je voudrais
faire quelques observations à titre de député de Peterborough.
Madame la ministre, je suis très content que vous ayez mentionné
Peterborough et vous avez tout à fait raison de dire que c'est un
exemple de succès dans une petite ville. Ils ont réussi, en
organisant très tôt un atelier, à saisir les dimensions du problème
des sans-abri dans les régions rurales ainsi que dans la ville. Ils
ont agi très vite. La chambre immobilière et le secteur privé ont
adhéré au projet, de même que les divers organismes du secteur
public, etc., et l'on a fait du très bon travail, par exemple des
terrains gratuits sur lesquels on a installé des maisons qui
avaient été données au programme et que l'on a déménagées. Ils
s'intéressent beaucoup à une fiducie ou une fondation locale du
logement et je pense qu'ils ont mis en place une coordination
remarquable.
Mais je dois vous dire—et cela s'applique à la partie de
votre discours sur le leadership fédéral—que des regroupements
comme celui-là, qui comprend peut-être 30 groupes ou plus,
dépendent beaucoup du niveau local dans une juridiction comme la
mienne et ils ont affaire à 8, 9 ou 10 municipalités. Dans notre
cas, il se trouve qu'ils ont réussi à obtenir l'appui de toutes ces
municipalités et qu'il y a eu une très bonne collaboration. Mais il
suffit qu'une ou deux d'entre elles ne suivent pas et il devient
alors très difficile de faire bouger le dossier. Certaines
provinces ont été plus ouvertes que d'autres. Je ne veux pas
commenter ce qui s'est fait dans ma propre province, mais je dirais
que l'on a été un peu moins ouvert qu'ailleurs.
Je vous exhorte donc à continuer d'étendre votre influence
personnelle à l'intérieur du système fédéral, parce que vous êtes
la seule personne, le seul endroit où convergent toutes les
énergies fédérales et l'une des faiblesses que nous avons au
gouvernement, c'est que nos ministères fonctionnent séparément, de
façon cloisonnée. Je vous exhorte donc à maintenir l'influence
fédérale de toutes les façons possibles et à continuer de diriger
la barque, parce que cela fonctionne bien et qu'une bonne partie du
mérite vous en revient. Nous vous sommes reconnaissants de votre
visite. Mais je suis sûr qu'il y a d'autres endroits où cela ne
fonctionne pas aussi bien et où vous avez besoin de l'intervention
fédérale.
Madame la ministre, je vous remercie, vous-même et vos
collègues, Guy Tremblay, Warren Edmondson et Susan Scotti, d'être
venus nous rencontrer aujourd'hui.
Chers collègues, je mettrai aux voix les crédits de DRHC quand
nous aurons terminé l'étude du budget des dépenses, c'est-à-dire
après notre rencontre avec l'honorable Jane Stewart.
Le comité se réunit de nouveau à 9 h jeudi pour poursuivre
notre examen du rapport sur l'A-E. Ensuite, à 11 h, notre principal
témoin pour l'étude des prévisions budgétaires jeudi sera
l'honorable Jane Stewart.
• 1255
La séance est levée. Le comité se réunira de nouveau à 9 h
jeudi.